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la banque de Séméac ferme, ses clients redirigés vers Tarbes et Odos !
C’est sur la porte de l’agence SG Courtois de Séméac, avenue François-Mitterrand, qu’est placardée l’affiche annonçant : « Le 9 juillet 2026, votre agence déménage. » Une formule pudique qui, dans les faits, correspond à une fermeture pure et simple : l’agence de Séméac cesse son activité, et sa clientèle est répartie vers deux autres sites, selon qu’elle relève des particuliers ou des professionnels.
La clientèle de particuliers de l’agence SG Courtois de Séméac est redirigée vers l’agence du 1, cours Gambetta, à Tarbes, avec des horaires resserrés : du mardi au vendredi le matin, l’après-midi, et sur rendez-vous entre midi et deux ; le samedi matin uniquement. La clientèle de professionnels, elle, est renvoyée vers l’agence du 1, rue des Graves, à Odos, où le lundi n’est même accessible que sur rendez-vous.

Ce qui change pour les clients de Séméac
Autrement dit, l’agence de proximité de Séméac disparaît purement et simplement du paysage bancaire local, ses usagers devant désormais se rendre soit dans le centre de Tarbes, soit à Odos, selon leur profil. Ce choix de séparer géographiquement particuliers et professionnels, plutôt que de maintenir un guichet généraliste unique, est devenu la méthode standard du réseau SG Courtois depuis la fusion de 2023 : mutualiser les moyens humains sur des sites moins nombreux mais plus spécialisés.

Un plan de fusion qui prévoyait déjà les fermetures
Cette fermeture locale s’inscrit dans un plan bien plus large. Lors de l’annonce de la fusion entre la Société Générale et le groupe Crédit du Nord, fin 2022, la direction avait indiqué qu’environ 600 agences sur les 2 100 que comptaient les deux réseaux en France pourraient fermer, avec à la clé plusieurs milliers de suppressions de postes au niveau national. La règle annoncée à l’époque était simple : lorsque deux agences se trouvaient à moins d’un kilomètre l’une de l’autre, l’une des deux devait fermer, l’autre absorbant les effectifs et la clientèle — un critère qui, à l’échelle de l’agglomération tarbaise, explique assez logiquement la disparition du site de Séméac au profit de Gambetta et d’Odos.
Pour la seule région Occitanie, ce plan de réorganisation, qui s’étale sur trois ans, table sur 155 suppressions nettes de postes d’ici fin 2025, à la fois côté Société Générale et côté Banque Courtois. Dès octobre 2023, dix-huit agences avaient déjà fermé leurs portes dans la zone Occitanie et Nouvelle-Aquitaine — huit à la Société Générale, dix à la Banque Courtois. La direction assurait alors qu’il n’y aurait « aucun départ contraint », misant sur les départs naturels (retraites, départs volontaires) et sur le reclassement interne des salariés concernés, quitte à leur imposer une mobilité géographique ou fonctionnelle.
Le siège historique toulousain de la banque Courtois, rue de Rémusat, était lui-même pressenti pour une fermeture côté fonctions support et back-office, tandis que la direction régionale de la nouvelle entité « SG Courtois » devait rester basée à Toulouse.
Le contexte national : la désertification bancaire
La fermeture de Séméac n’est donc pas un cas isolé : elle s’inscrit dans une tendance de fond du secteur bancaire français, où l’on comptait déjà, avant même la fusion SG-Crédit du Nord, près de 3 700 agences fermées en dix ans à l’échelle du pays. La direction de la Banque Courtois justifiait ce resserrement par des impératifs de sécurité et de qualité de service : une petite agence de trois à quatre salariés a du mal à garantir une présence continue avec les congés et les formations, alors qu’une agence regroupée de six à huit personnes permet, selon elle, de disposer de vrais spécialistes pour la clientèle. Reste que, pour les habitants de Séméac, cette rationalisation se traduit avant tout par la disparition d’un guichet de proximité, remplacé par un déplacement vers Tarbes ou vers Odos.
Le 9 juillet 2026 ne marque donc pas un simple changement d’adresse mais bien la fermeture de l’agence SG Courtois de Séméac, trois ans après la fusion qui a donné naissance au réseau SG Courtois. Elle illustre, à l’échelle de l’agglomération tarbaise, un plan national de resserrement du réseau qui a déjà supprimé plusieurs dizaines d’agences et d’emplois en Occitanie.