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CARNET NOIR. Décès de Jean-Alain Gaits : une figure emblématique de La Nouvelle République des Pyrénées s’éteint, « un frère, un tonton bienveillant »
La Nouvelle République des Pyrénées est en deuil avec la disparition du journaliste Jean-Alain Gaits qui a fait toute sa carrière au sein du journal. Figure attachante du journal fondé par son père Jean Gaits, il était gourmet et gourmand, passionné mais aussi secret… Il était Pépino pour tous.
« Bon… » On savait quand Jean-Alain Gaits entrait dans la rédaction de La Nouvelle République des Pyrénées. Il était dans la place, saluant tout le monde, un mot pour chacun, attentif aux autres. Une bronchite qui n’en finissait plus lui a joué un mauvais tour. À 77 ans, Jean-Alain Gaits nous a quittés ce week-end laissant la rédaction de La Nouvelle République des Pyrénées orpheline.
Plus qu’un journal, la République était son royaume. C’est là qu’enfant, il a usé ses fonds de culotte entre imprimerie et rédaction, sous la figure tutélaire de son père Jean Gaits, l’un des fondateurs de La Nouvelle République des Pyrénées avec le comité départemental de la Libération des Hautes-Pyrénées.
Jean-Michel Baylet, Président de La Nouvelle République des Pyrénées salue la mémoire de « Jean-Alain Gaits, fils de Jean Gaits, l’un des fondateurs de La Nouvelle République des Pyrénées, décédé subitement ce week-end. Il a consacré toute sa vie professionnelle à « la République » comme on dit à Tarbes. Tour à tour journaliste sportif, reporter, chargé des informations générales, puis secrétaire de rédaction, il connaissait parfaitement ce territoire qu’il adorait. Rien ne lui échappait. C’est une figure de La Nouvelle République des Pyrénées qui disparaît aujourd’hui, à qui je rends hommage. »
Sa vie, Jean-Alain que tout le monde appelait Pépino, l’a construite entre les reportages sportifs, les informations générales et les articles de locale. Tarbes et les Hautes-Pyrénées étaient ses terrains de jeu. Il connaissait le territoire aussi bien que les rouages du journal et de l’information, il connaissait tout et tous…

Bougon parfois, gentil toujours, il était à l’écoute. Il en a vu défiler des générations de journalistes, prodiguant ses conseils aux plus jeunes, mais toujours avec tact, discrétion et bienveillance. Jean-Alain Gaits était une belle personne, attentif aux autres. Et secret en même temps.
Gourmet et gourmand
Amoureux de la vie, Pépino était gourmet et gourmand. Il avait un bon coup de fourchette, capable de déguster la garbure de chez Louisette à Barèges avant de reprendre les skis mais aussi d’apprécier les mets les plus fins chez Michel Guérard. Il était comme ça Jean-Alain, bon vivant.
Défenseur infatigable de la culture occitane, il n’a eu de cesse de mettre la Hesteyade à l’honneur dans les pages de La Nouvelle République des Pyrénées.

Son éclectisme le menait sur tous les fronts de la vie. Spectateur de la première heure de la scène nationale du Parvis, il adorait la danse et faire le tour des plazas de toros, dans le sud de la France et en Espagne. Une passion taurine qui l’a animé pendant de longues années. Il embrassait la culture dans toute sa diversité, et toute sa complexité. Éclectique, on vous dit.
Alors voilà, aujourd’hui, la rédaction de La Nouvelle République des Pyrénées pleure l’un des siens, trop tôt parti, trop tôt emporté. La disparition il y a quelque temps de Yolande Mirouse avec qui il avait longtemps travaillé, l’avait marqué au cœur. Car Pépino était avant tout un homme de cœur.
« Un frère, un tonton bienveillant »
Comme en témoigne Philippe Dourthe, « son binôme pendant 30 ans et ami de toujours. Quand je suis rentré à La Nouvelle République, en 1990, ça faisait déjà longtemps que le bonhomme y officiait. Depuis sa naissance j’aime à imaginer. Et impossible de le manquer ou de ne pas l’entendre… Les « petits jeunes », il en a vu défiler et il savait si bien les accueillir et s’en occuper. Il fut pour nous tous le frère ou le tonton bienveillant. »

« Au journal, il a commencé par le sport, a même commenté des matchs de rugby en direct. Avec sa voix inoubliable, c’était quelque chose ! Et puis il est vite passé aux infos générales avant de trouver toute sa dimension dans la gestion des pages Grand Tarbes, avec son Grand Cœur pour guider son armée de correspondants qu’il aimait tant. Et incontournable, JA l’était encore de nos jours, malgré une retraite qu’il n’avait jamais cherchée. Et on plaisantait en disant que pour l’empêcher de travailler dans son journal, il fallait lui piquer les clés, ou plus sûr, changer la serrure. Malheureusement, la vie nous a cruellement rappelé qu’il y avait un autre moyen… Mais La NR restera à jamais sa dernière demeure. Copains, correspondants, journalistes ou aficionados, il y a foule à le pleurer aujourd’hui, moi le premier. Mais nul ne l’oubliera. »