Actualités Hautes-Pyrénées
Trafic de drogue, armes et « salle de shoot » en plein immeuble : cinq habitants de Tarbes condamnés après un an d’enfer pour le quartier
Après plus d’un an d’enquête menée par la police, à partir de signalements de riverains, cinq Tarbais ont comparu devant le tribunal correctionnel de Tarbes pour leur implication dans un trafic de cannabis et de cocaïne. Entre surveillances policières, saisies de stupéfiants, découvertes d’armes, l’audience a mis en lumière le fonctionnement d’un réseau implanté dans un immeuble squatté.
Des armes, de la drogue et des riverains excédés par les nuisances. Pendant plus d’un an, un trafic de drogue a prospéré au cœur d’un immeuble tarbais.
Au tribunal de Tarbes, cinq prévenus ont comparu le 4 juin pour avoir participé, à des degrés divers, à un trafic de cannabis et de cocaïne qui s’est au moins déroulé entre janvier 2025 et avril 2026. Trois hommes, âgés de vingt à quarante ans, ont été extraits de leurs prisons respectives où ils étaient incarcérés depuis le mois d’avril. Une femme d’une cinquantaine d’années et un trentenaire ont, quant à eux, comparu libres, sous contrôle judiciaire.
L’enquête a commencé à la suite de signalements répétés de riverains qui ont dénoncé des allées et venues incessantes dans leur quartier et la circulation d’armes dans un immeuble déjà connu des services de police. « Les surveillances mises en place par les forces de l’ordre ont mis en évidence des comportements jugés caractéristiques d’un point de vente de drogue », a relaté la juge rapporteuse du dossier. « Les enquêteurs ont également exploité les téléphones des suspects et installé un dispositif de vidéosurveillance. »
Des figures bien connues de la police
Au fil des investigations, les policiers ont identifié plusieurs figures bien connues de leurs services. Selon l’accusation, un quadragénaire domicilié à Tarbes a occupé une place centrale dans ce trafic. « Quelqu’un dont je ne veux pas donner le nom me livrait la cocaïne et le cannabis. Je stockais la marchandise, en contrepartie j’avais des prix sur les plaquettes de cannabis. »
Lors des perquisitions menées dans un box dont il détenait les clés, plus de 250 grammes de cocaïne, 600 grammes de cannabis, plusieurs balances de précision et du matériel de conditionnement ont été saisis. L’homme a reconnu avoir fourni les autres prévenus. « J’ai vendu en gros, mais je n’ai jamais touché autant d’argent que les policiers le disent. »
Dans l’immeuble squatté de la rue Charles-de-Foucauld à Tarbes, dont l’un des appartements était occupé par ses principaux clients (les deux autres prévenus incarcérés), les policiers ont retrouvé des dizaines de pochons de cocaïne, du cannabis ainsi que plusieurs armes, dont un fusil de chasse et un pistolet.
Une « salle de shoot » improvisée
La magistrate a indiqué que la cuisine de leur logement de fortune avait été transformée en véritable « salle de shoot », avec seringues et pipe à crack. Si le plus jeune des occupants a reconnu avoir vendu cannabis et cocaïne pendant près d’un an, il a également contesté les bénéfices estimés par les enquêteurs. Son « colocataire », déjà condamné à plusieurs reprises pour trafic de stupéfiants, a lui aussi avoué sa participation.
Présentée comme « la maman » de la bande par le procureur, la quinquagénaire poursuivie dans ce dossier a reconnu être tombée accro à la cocaïne il y a deux ans. Selon ses déclarations à la barre, elle conduisait quotidiennement les deux hommes aux courses, au fast-food ou leur lavait le linge. Si ces derniers ont assuré qu’elle avait sa propre clientèle, elle a nié en bloc sa participation au trafic. « Je savais ce qu’ils faisaient, mais je m’en foutais. Ça m’apprendra à vouloir rendre service. »
Une version mise à mal par la juge qui a opposé la vingtaine de grammes de cocaïne saisis à son domicile et plusieurs déplacements suspects constatés. « J’achetais en gros pour payer moins cher ma consommation », a-t-elle soutenu.
La vie du quartier perturbée
Dans ses réquisitions, le procureur a dénoncé un trafic ayant profondément perturbé la vie du quartier. S’il a concédé qu’il ne s’agissait pas d’un réseau d’envergure, il a souligné la présence d’armes et les risques pour la population.
Et de considérer que le fournisseur et les deux revendeurs détenus occupaient les rôles les plus importants. Le ministère public a requis de 18 mois avec sursis à 30 mois d’emprisonnement ferme à l’encontre des prévenus, assortis de lourdes amendes et d’interdictions de séjour à Tarbes. Si les avocats de la défense ont tenté d’adoucir les peines, le tribunal a déclaré la culpabilité de l’ensemble des prévenus, condamnés quasi conformément aux réquisitions du ministère public.