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le neveu et l’oncle condamnés
Dans la nuit du 3 octobre, vers 3 h 30 du matin, deux coups de feu ont retenti dans la boîte de nuit Le Blue Night à Tarbes. À la suite de cela, une altercation avec des menaces de mort a eu lieu à l’extérieur de l’établissement. Deux hommes ont été jugés lundi 6 octobre.
Damien et Anthony L. ont comparu devant le tribunal correctionnel de Tarbes ce lundi 6 octobre lors d’une procédure de comparution immédiate. Il était reproché à cet oncle et à son neveu des faits survenus dans la nuit du 3 octobre, au niveau de la boîte de nuit Le Blue Night, 18 rue Despourin à Tarbes.
Cette nuit-là, vers 3 h 30 du matin, Anthony L. se rend dans les toilettes où son attention est attirée par un objet qu’il pense être un portefeuille ou un téléphone portable. Le jeune homme, âgé de 31 ans, s’approche et découvre une arme : un pistolet 22 long rifle. Le jeune homme, fortement alcoolisé, s’empare de cette arme qu’il commence à manipuler. Un premier coup de feu part, puis un second, visiblement accidentel.
Le personnel s’interroge
Dans l’établissement de nuit, le personnel s’interroge sur ce qu’il se passe. Un videur s’approche et constate que ça sent la poudre. Il pense alors qu’un pétard a pu être utilisé et n’imagine pas une seconde que des coups de feu ont été tirés.
Le videur s’approche d’Anthony qui, entre-temps, a rejoint la salle. Il plaisante avec le videur sur les détonations entendues et laisse entendre qu’il détient une arme avec laquelle il a tiré par mégarde dans les toilettes. Le videur constate alors qu’il porte cette arme au niveau de la ceinture et qu’il ne va pas hésiter à la prendre en main. Les employés demandent à Anthony de sortir, ce qu’il fait. Il part en direction d’une poubelle et jette l’arme. Il revient ensuite vers l’établissement de nuit et demande à rentrer de nouveau, affirmant qu’il n’a plus l’arme. Les employés refusent. Cela déclenche la colère d’Anthony et les premières insultes fusent.
Des bombes lacrymogènes utilisées
Damien, l’oncle d’Anthony, sort à son tour et intervient. Les videurs font alors usage de bombes lacrymogènes contre les deux hommes. La police arrive et, après avoir observé la scène, intervient afin d’interpeller les deux hommes. Ces derniers ne se laissent pas faire : ils se rebellent. Il y a encore des insultes et des menaces de mort sont alors été proférées par Damien et Anthony à l’encontre d’un policier et d’un videur. Les forces de l’ordre parviennent, avec l’aide des videurs, à faire entrer finalement les deux hommes dans le véhicule afin de les conduire au commissariat. Après être passés par la cellule de dégrisement et la garde à vue, les deux hommes ont été placés en détention provisoire en attendant leur jugement ce lundi, lors d’une audience de comparution immédiate.
Les deux prévenus s’expliquent
Dans le box des accusés, Damien L. est le premier à s’expliquer : « Le videur a gazé mon neveu. Je ne savais pas ce qu’il s’était passé avant, à l’intérieur de la boîte, ni qu’il avait trouvé cette arme. Je me suis mis en colère lorsqu’il a fait usage de la bombe lacrymogène. Je ne comprenais pas pourquoi il faisait cela. J’ai été gazé à mon tour. J’ai pris un coup de matraque à la tête. Il n’est pas vrai de dire que nous voulions rentrer de nouveau. »
Anthony L. explique comment il a découvert cette arme : « Je croyais que c’était un portefeuille ou un téléphone. J’ai trouvé une arme. Je ne savais pas quoi faire après l’avoir eue dans les mains, d’autant plus que j’avais mis mes empreintes dessus. Je l’ai mal manipulée et deux coups sont partis dans les toilettes. Je suis retourné dans la salle avec l’arme à la ceinture. Je suis sorti ensuite pour la jeter. Je me suis ensuite emporté et énervé car j’ai été gazé sans raison. J’ai alors été frappé. J’ai des côtes cassées. Je me suis rebellé lorsque j’étais au sol. Je ne savais pas que c’était la police. »
Le policier qui dit avoir été menacé de mort s’est porté partie civile. Il a demandé 300 € de dommages et intérêts. Le videur a demandé, pour les mêmes faits, 7 000 € de dommages et intérêts.
Des menaces de mort que les deux prévenus ont niées : « Il y a eu des insultes, peut-être des menaces, mais pas les menaces de mort qui sont dénoncées. Ce ne sont pas des mots que j’ai pu avoir. Je ne sais pas où ils habitent. Je n’aurais donc pas pu dire que j’allais aller chez eux pour les tuer », explique Anthony L.
Damien L. a tenu le même discours : « Je n’ai jamais menacé les policiers. Ce n’est pas possible. Ce policier, il ne peut pas voir Anthony depuis qu’il est tout jeune. Il n’y a pas eu de menaces de mort. Il n’y a eu que des insultes et une rébellion. »
Les réquisitions du procureur
Le procureur adjoint, Julien Michel, a expliqué qu’il y avait eu deux épisodes : « Le premier s’est déroulé dans les toilettes. Anthony a découvert une arme. Il a tiré avec cette arme à deux reprises. Si une de ces deux balles avait traversé une cloison et touché une personne, nous aurions pu avoir une victime grièvement blessée ou décédée. Il y a eu une mise en danger d’autrui. Le deuxième épisode s’est déroulé à l’extérieur de l’établissement. Les videurs ont fait usage de gaz lacrymogène à leur encontre, car deux coups de feu avaient été tirés à l’intérieur de l’établissement. Ils ont gazé deux individus alcoolisés qui les insultaient et les menaçaient. La police est arrivée. Les tensions ont perduré, ainsi que les insultes et les menaces. Ces faits sont désagréables et caractérisés. »
Il a requis contre Anthony 18 mois de prison, dont 8 mois avec sursis probatoire pendant deux ans, avec obligation de soins, de travailler et d’indemniser les victimes. Il a demandé l’interdiction d’entrer en contact avec les victimes, de détenir une arme pendant 5 ans et de se rendre pendant 3 ans dans des bars et établissements de nuit.
Il a requis contre Damien 12 mois de prison, dont 6 mois avec sursis probatoire pendant deux ans, avec obligation de se soigner, de travailler et d’indemniser les victimes. Il a demandé une révocation partielle du sursis probatoire en cours et une interdiction de fréquenter les bars et établissements de nuit pendant 3 ans. Il a également demandé le maintien en détention des deux hommes.
La parole à la défense
Me Nicolas Vignes, qui défendait les intérêts de Damien, a demandé de sortir de l’émoi : « Concernant les menaces de mort, nous n’avons aucune certitude. Mon client a réagi car son neveu a été gazé. Il s’est énervé et a été gazé à son tour. Il reconnaît des insultes. Concernant la rébellion, nous n’avons pas les images. La vidéo n’est pas la bonne. Nous n’avons aucune certitude. Si vous deviez entrer en voie de condamnation, il faut revoir les réquisitions à la baisse. »
Me Stéphane Jaffrain a, quant à lui, plaidé la remise en liberté de son client et son placement en détention à domicile avec bracelet électronique. « Il a compris ce qu’était la prison en y passant deux nuits. Ce garçon travaille. Il devait signer un CDI aujourd’hui. Le procureur a dit que c’étaient des faits désagréables. Je m’attendais à entendre que c’étaient des faits inacceptables. Ce soir-là, mon client avait beaucoup bu. Il a trouvé cette arme qu’il a voulu manipuler. Deux coups sont partis. Je ne sais pas comment une douille a pu être retrouvée dans un WC et la seconde dans l’autre. Les balles n’ont touché personne. Il a caché ensuite cette arme dans son dos. Jamais il ne l’a brandie. Il ne restait que trois personnes dans l’établissement et le personnel à cette heure-là. Concernant les faits survenus à l’extérieur, tout dégénère car mon client se fait gazer. Nous n’avons pas la vidéo de cette scène. Nous avons une vidéo du kebab. Comment se fait-il que nous n’ayons pas la bonne vidéo ? Montrerait-elle que les faits ne se sont pas produits comme cela a été dit et décrit ? Mon client dit qu’il n’a pas menacé de mort le policier et le videur. Je crois qu’il peut purger sa peine à domicile. »
Le verdict
Anthony L. a été condamné à 12 mois de prison, dont 6 mois avec sursis probatoire pendant 2 ans, avec obligation de soins, de travailler et d’indemniser les victimes. Il a également interdiction de fréquenter les débits de boisson pendant trois ans et interdiction de détenir une arme pendant 5 ans. Le tribunal a décidé de le maintenir en détention.
Damien L. a été condamné à 9 mois de prison, aménagés en détention à domicile sous bracelet électronique, avec obligation de soins, interdiction de fréquenter les débits de boisson et d’indemniser les victimes.