Actualités Hautes-Pyrénées, Actualités Tarbes

Stado :  » Je voulais revenir dans mon club de cœur « , Johan Demai-Hamecher un retour au bercail en toute logique


l’essentiel
Huit ans après son départ, Johan Demai-Hamecher a retrouvé le Stado cet été après des piges à Auch et Lannemezan pour retenter sa chance en Nationale. Bien acclimaté à ce niveau, le Bigourdan, qui alterne entre le VII et le XV apporte sa polyvalence, son expérience et sa longueur au pied.

Vous retrouvez Tarbes après un passage à Auch et à Lannemezan. Comment s’est passé votre retour ?

Je suis très content de revenir. Je suis basé ici, j’ai ma maison à Tarbes depuis longtemps et j’ai toujours été dans le coin. À la fin de la saison dernière, j’ai contacté Steph (Ducos, NDLR) pour lui dire que j’aimerais retenter une expérience au niveau supérieur. Je suis très attaché au département, à la ville et au club. Je lui ai demandé s’il y avait une opportunité de revenir ici, dans ce club de cœur. C’est comme ça que ça s’est fait. Le retour avec le groupe s’est aussi très bien passé. Même si je suis parti il y a huit ans, j’ai retrouvé un club qui a évolué, des structures qui ont changé, et bien sûr des joueurs différents. Les seuls avec qui j’avais déjà joué à l’époque, ce sont Berbize (Mathieu Berbizier, NDLR) et Lippé (Felipe Manu, NDLR). Mais malgré les années, j’ai vite retrouvé mes marques, l’esprit du club, cette ambiance qui fait que Tarbes reste une famille.

À lire aussi :
Stado : Lenny Viola, un nouveau Catalan dans l’escouade tarbaise qui saisit sa chance

Avez-vous ressenti le “gap” entre la Nationale 2 et la Nationale ? Comment vous y êtes-vous acclimaté ?

Oui, clairement, il y a un vrai gap, et je l’ai senti tout de suite. En Nationale, tout change : l’exigence quotidienne, la rigueur, les objectifs. On s’entraîne tous les jours, avec un vrai cadre professionnel. C’est une autre intensité. Les joueurs sont plus réactifs, les matchs plus physiques, les enchaînements de jeu plus rapides. Tout ça m’a obligé à me remettre au niveau, mais tout a été fait pour que je m’intègre vite. Je me plais dans le jeu, dans la structuration de la semaine, dans le fait de jouer le vendredi soir.

Votre profil est assez unique, polyvalent. C’est ce que vous essayez d’amener à l’équipe ?

Quand je suis arrivé, j’ai surtout voulu le faire en douceur, sur la pointe des pieds. Cela faisait longtemps que je n’avais pas joué en Nationale, longtemps aussi que je n’avais pas retrouvé une structure pro. J’ai d’abord observé : le style de jeu collectif, les qualités de chacun, les repères du groupe, qui se connaît depuis longtemps. J’ai eu aussi une période un peu particulière : un passage avec Monaco en rugby à VII et une blessure en début de saison. Petit à petit, j’ai cherché à amener mon expérience, à parler davantage, à accompagner les jeunes sur les petits détails qui font la différence. Et surtout à amener de la fraîcheur, de l’énergie, de l’enthousiasme. Parce que dans ce sport, c’est ce qui fait souvent la différence : l’état d’esprit.

À lire aussi :
Rugby-Nationale. Le Stado de nouveau plombé par l’indiscipline

Vous évoquez le rugby à VII. Qu’est-ce que cette expérience vous apporte sur le terrain ?

Beaucoup de choses. D’abord, le goût de l’effort. Au rugby à VII, si tu ne travailles pas pour l’équipe, tu le paies immédiatement. Le VII t’apprend aussi à rester lucide. À faire les bons choix dans des moments où tout va très vite, avec beaucoup d’intensité. Ce travail-là, cette exigence mentale et physique, je l’applique au XV. Il y a aussi les qualités athlétiques : les appuis, la vitesse, la réactivité. J’essaie d’amener un peu de tout ça ici. Mais attention : le VII et le XV sont deux mondes très différents. L’idée, c’est de ne pas devenir un joueur “différent”, mais de garder ce que chacune apporte. Quand je joue à XV, j’essaie d’y amener la rigueur et le rythme du VII. Et inversement, au VII, j’utilise l’organisation et la lecture du XV.

C’est cette culture du rugby à VII, qui a influencé aussi votre jeu au pied ?

Oui, complètement. Le VII pousse à la polyvalence. Les joueurs doivent être complets, donc on travaille tout : les passes, les skills, le jeu au pied, en plus du physique. En arrivant à Tarbes, j’ai voulu apporter ça aussi : la capacité à soulager les buteurs sur les longs jeux au pied, les drops, les sorties de camp. L’idée, c’est que si une pénalité est lointaine et que je me sens bien, je la tente. Dans le jeu courant, j’essaie de libérer les ouvreurs pour qu’ils puissent se concentrer sur la stratégie et l’animation. Ça dépend aussi de l’association sur le terrain. Par exemple, Berbizier est gaucher, moi droitier, donc on se répartit les zones naturellement. Ce sont des discussions qu’on a entre nous, du feeling aussi. Mais je suis toujours dispo pour soulager au besoin.

À lire aussi :
Stado : Touché au ménisque, Pierre Descoubet va se faire opérer

Quelle est votre “zone de confort” en pénalité ? 45, 50, 55 mètres ?

Franchement, je n’ai pas de zone de confort précise (rires). Ça dépend de beaucoup de paramètres : le ballon, la météo, la fatigue, le contexte du match. À la 80e minute, tu ne frappes pas pareil qu’à la 20e ! Ce que je sais, c’est que si je la sens, je la prends. S’il y a des points à prendre et que le buteur du jour ne se sent pas, je tente. Je ne calcule pas vraiment la distance. C’est une question de confiance, de sensations.

Après toutes ces expériences, qu’est-ce qui vous motive le plus aujourd’hui à Tarbes ?

Ce qui me motive, c’est le projet collectif. Le club veut s’installer durablement à ce niveau, et j’ai envie d’en être. Je me sens bien ici : humainement, sportivement, dans la vie de groupe. Il y a une vraie identité à Tarbes, une fierté de représenter cette ville et ce maillot. Je veux aussi aider les jeunes à progresser, transmettre un peu de ce que j’ai appris ailleurs. Et surtout, continuer à prendre du plaisir sur le terrain. Parce que tant que tu prends du plaisir, tu avances.



Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *