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Boucherie Dubertrand à Tarbes sauvée : reprise par Simon Garros, 23 ans, après 75 ans d’histoire familiale


l’essentiel
L’emblématique boucherie Dubertrand a bien failli disparaître faute de repreneur. Mais un jeune homme en a décidé autrement, pour perpétuer une histoire de 75 ans…

C’est un peu comme si on faisait disparaître un monument de la ville. La boucherie Dubertrand, fondée en 1947 par le père de Bruno Dubertrand, a bien failli disparaître de la halle Brauhauban, mais aussi du marché du jeudi à Marcadieu. La noble maison n’a jamais perdu ses « étoiles » en près de 70 ans d’existence. « Mon père avait d’abord ouvert une boucherie à Maubourguet, notre famille est originaire de là, avec son frère. Et puis il y a eu la guerre, et il est venu s’installer à Tarbes. »

La boucherie Dubertrand, une véritable institution tarbaise.
La boucherie Dubertrand, une véritable institution tarbaise.
NR – CHRISTIAN VIGNES

Et depuis ce temps-là, la boucherie n’a cessé de régaler les amateurs de belles viandes, sous les deux halles tarbaises, mais aussi dans la boutique, située Georges Clémenceau. « C’est ma maman qui la tenait. » Une véritable institution. Mais il y a quelques mois, Bruno Dubertrand a décidé de prendre sa retraite. « Vous savez, j’ai 61 ans, et je travaille depuis l’âge de 15 ans, avec mon épouse Béatrice qui travaille avec moi, on voulait vivre autrement. » Comprendre : arrêter de se lever à 4 heures du matin…

Une fermeture… avortée !

« Nous avions commencé à mettre en vente il y a deux ans, quatre agences se sont succédé, mais on n’a eu aucune touche ! Alors, un peu la mort dans l’âme, nous avons décidé de fermer purement et simplement en juillet dernier. Nous l’avions annoncé à nos clients il y a quelques semaines. » Mais soudain, un repreneur s’est manifesté. « On n’y croyait plus, et puis un jeune homme de la région paloise nous a contactés. Au départ, il n’était intéressé que par notre étal de Marcadieu, pour le marché du jeudi. Alors, nous lui avons montré notre étal de la halle Brauhauban, et il a été, semble-t-il, conquis. » En quelques semaines, l’affaire est bouclée. « Du coup, on a rouvert l’étal, pour continuer l’activité jusqu’à la reprise effective, aux alentours du 20 octobre. » Ce qui n’a pas manqué de perturber un peu la clientèle… « Oui, certains ont été surpris, à leur retour de vacances, de nous retrouver là, alors qu’on leur avait dit qu’on fermait ! » Des clients que Béatrice Dubertrand souhaite vivement remercier. « Nous tenons à leur exprimer notre profonde gratitude pour la confiance et la fidélité qu’ils nous ont accordées. Leur soutien a été une source de motivation, et c’est grâce à eux que nous avons pu vivre cette aventure professionnelle avec passion et réussite, ces années d’échanges et de partage. Maintenant, une page se tourne, mais l’aventure continue. »

« En voiture », Simon !

Sans eux, mais elle continue, avec un jeune boucher, Simon Garros, qui sera aux manettes d’ici la fin du mois. « Il est issu d’une grande famille de bouchers de Bénéjacq, la maison Taillefer, fondée par son grand-père. C’est une affaire familiale et artisanale, même si ses parents n’ont pas pris la suite de la boucherie, ils sont devenus primeurs, Simon est un passionné. » Et surtout, il est jeune, il n’a que 23 ans, ce qui laisse présager que la boucherie Dubertrand va continuer à vivre longtemps, d’autant qu’il reprend l’employé de la boucherie et crée un emploi supplémentaire… Au fait, est-ce qu’elle va changer de nom ? « On ne sait pas, on n’en a parlé ! On verra. » Comme si la page était définitivement tournée. Pas une once de regret ? « Avec Béatrice on se dit que le contact avec les clients, la plupart des fidèles avec qui on avait noué des relations, va nous manquer certainement. Un peu. » Peut-être beaucoup…



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