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Basket-ball : Et si dans sa banqueroute le TGB avait condamné le handibasket à Tarbes
Mise au ban du TGB ces derniers mois, la section handibasket tente de survivre grâce à la volonté d’Anthony Fitamant malgré la probable liquidation judiciaire du club tarbais et après bien des difficultés.
Alors que le TGB se dirige vers une liquidation judiciaire pure et simple tant ses dettes sont colossales, plusieurs bonnes âmes organisées dans un nouveau bureau de bénévoles, tentent de sauver ce qui peut encore l’être.
Si le centre de formation a disparu, que les 18 ans n’ont pas survécu et que l’équipe 15 ans a été récupérée au niveau Occitanie, Anthony Fitamant se bat, lui, d’arrache-pied pour trouver une solution en faveur de l’équipe handisport qu’il porte depuis sa création en 2018 au sein du TGB.
« Le TGB me doit 12.000 euros »
Car, cet enseignant en activité physique adaptée qui intervenait en tant que prestataire pour le club de basket s’est vite retrouvé bien seul à supporter sur ses épaules le poids du handisport au TGB : « J’ai eu beau envoyer des mails depuis des mois, personne ne m’a jamais répondu. C’est une bénévole qui récupérait les factures de mes prestations mais je n’ai jamais été remboursé depuis février 2024. Je recevais bien quelques petits paiements pour me donner espoir que la somme totale allait m’être réglée mais à l’heure actuelle, le TGB me doit quasiment 12 000 euros. C’est un mélange de prestations en ma qualité d’auto-entrepreneur mais aussi des avances de carburant, péages et autres frais pour amener les équipes handis du TGB au championnat de France ou d’Occitanie et dans tous les tournois ».
Pour autant, devant les difficultés qui s’annonçaient toujours plus préoccupantes, Anthony Fitamant n’a pas baissé les bras par loyauté envers ses joueurs : « Ce qui est embêtant, aussi, c’est que pour rester dans les clous de la législation des auto-entrepreneurs, j’avais payé les sommes dues à l’Urssaf comme si j’avais reçu l’argent de la part du club. Mais courant 2025, devant mes interrogations sur des sommes que je ne recevais pas, l’organisme m’a dit de ne plus rien payer. J’ai un peu limité les dégâts mais, clairement, le TGB a joué sur mon attachement car le club savait très bien que si j’arrêtais les frais, la section sport-adapté disparaissait et quand j’ai décidé de la créer, c’était pour permettre à des jeunes en situation de handicap de faire du sport et des activités physiques. Forcément, j’ai repris la saison pour ne pas les pénaliser et cela explique aussi le fait que je n’ai jamais réclamé mon argent de façon véhémente car j’avais peur que le club décide de tout arrêter ».
Le handisport mis au ban du TGB
Au-delà d’un remboursement de dettes qu’il ne verra sans doute jamais, le jeune homme s’est dit profondément affecté par la manière dont les handisports ont été traités par les dirigeants tarbais : « On a beau avoir été plusieurs fois champion de France et avoir organisé des tournois à Tarbes, chez les jeunes et les adultes, il n’y a jamais eu de communication sur ça. Au début, on a bien été soutenu par l’ancienne présidence mais depuis la venue de la nouvelle, on a été mis de côté. Alors que j’avais de nombreux bons contacts, même avec M. Cochain quand il était tout seul et qu’il nous a soutenus, depuis la prise de fonction de la présidente, tout s’est arrêté. C’est comme si on existait plus dans le club et s’il n’y avait pas eu l’aide de quelques bénévoles du TGB, on n’aurait pas pu participer à des choses simples. Comme être invité à des matchs alors qu’avant c’était automatique ».
Des relations qui se sont distendues au point que les licenciés handisportifs du TGB n’ont jamais vu la moindre dotation : « Les jeunes ont attendu leur survêtement club pendant 2 ans et les ont jamais reçus. Mais, encore aujourd’hui, on me demande quand est-ce qu’on reçoit les maillots et j’essaye de faire comprendre qu’on ne les aura jamais. C’était difficile car quand on se retrouvait dans des tournois avec le club de Laloubère par exemple, qui a aussi une section sport-adapté et qui fait du super travail, les licenciés étaient tous aux couleurs du club ».
Voir disparaître cette section serait un véritable crève-cœur d’autant que ses rangs se sont faits plus denses au fil des années : « Quand j’ai commencé en 2018, on était 4 et on a fini la saison dernière à 42. J’ai des nouveaux inscrits depuis le début de la saison, de tout âge pour faire de la compétition ou du loisir. Certains viennent de Madiran, d’Aire-sur-l’Adour car, dans le coin, il n’y a pas beaucoup de structures qui permettent cela. C’est aussi la problématique car je dois rester dans la ville de Tarbes pour des facilités de transport, etc. »
La section handibasket tente de rebondir
Si Anthony Fitamant se montre inquiet pour ses troupes, il ne lâche pas et pour l’heure quelques pistes existent avec plusieurs autres clubs de Tarbes qui pourraient reprendre le flambeau du handibasket ou même conserver la structure au sein d’un futur TGB : « J’ai discuté avec un des bénévoles qui veulent créer la nouvelle entité tarbaise du TGB et il s’est montré favorable à perpétuer le handibasket à Tarbes. J’ai eu aussi des contacts avec le Tarbes Union Basket (TUB). Mais, je dois voir dans quelles conditions on repartirait car ces dernières années ont été très difficiles sur un plan personnel. Cela, ne sera pas à n’importe quel prix et si on a appelé au soutien de l’équipe professionnelle du TGB, je veux dire que nous aussi on a besoin d’aide, maintenant. ».
À bon entendeur car si la disparition de l’équipe professionnelle a été un choc pour Tarbes, la déflagration de son explosion pour mauvaise gestion de ses dirigeants, aura des conséquences sur le monde amateur qu’on ne mesure pas encore.