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ENTRETIEN. Jérôme Fourquet : « Il faut conforter les atouts » des Hautes-Pyrénées
Jérôme Fourquet, directeur du pôle stratégie et opinion à l’IFOP, sera présent le 24 septembre prochain à la CCI de Tarbes pour les Septuors 2025, qui récompensent les entreprises du territoire. Il revient pour nous sur les tendances économiques du département.
Pourquoi participer, avec l’IFOP, aux septuors, qui récompensent les entreprises innovantes dans la région ?
C’est notre vocation à l’IFOP d’analyser la société, de prendre le pouls des Français. Le sondage réalisé à l’occasion de cette manifestation rentre dans le cœur de nos activités. Parallèlement, en tant qu’analystes nous essayons, dès qu’on en a l’occasion, de nous rendre sur le terrain dans les différentes régions, échanger, écouter des témoignages d’entrepreneur. Tout cela nous nourrit, à côté des données statistiques.
Quels sont les enjeux de l’économie dans les Hautes-Pyrénées ?
Sans dévoiler de grands secrets, on a un optimisme assez mitigé au niveau régional et national compte tenu de la conjoncture politique et économique actuelle, avec un degré de pessimisme encore plus marqué dans votre département, avec des comportements d’épargne plus élevés. Il y a un effet d’âge, et une problématique d’enclavement qui va jouer entre la côte basque, et de l’autre côté l’énorme agglomération toulousaine. On dit souvent que les montagnards sont attachés à leur territoire, mais il y a aussi une propension des actifs de notre échantillon à changer de département dans le cadre d’une activité professionnelle, un tiers dans l’ancienne région Midi-Pyrénées, contre la moitié dans les Hautes-Pyrénées.
Le territoire a-t-il des atouts ?
Il y a des choses qui bougent en profondeur, avec de nouvelles façons de consommer, le circuit court, la seconde main. Il faut conforter les atouts, il reste une base industrielle dans le département, notamment en lien avec l’aéronautique, mais pas seulement. Idem sur l’activité touristique. De plus, dans le département un habitant sur cinq dit vouloir un jour se mettre à son compte, ou créer son entreprise. Avec un tissu économique en partie dirigé par des gens proches de l’âge de la retraite, il y a l’énorme sujet de la reprise de ces boîtes. Ça peut être aussi l’occasion lors de ces évènements, comme les Septuors, de voir comment on fait coïncider l’offre et la demande.
La conception du travail a changé ?
L’arbitrage entre vie professionnelle et vie personnelle a été modifié ces dernières années. Sur le territoire 30 % de la population active pratique du télétravail au moins 2 jours par semaine. Mais 70 % n’y ont pas droit, ça crée une inégalité, le reste ne veut pas se dire condamné à bosser à heures fixes. Compte tenu des modes de vie contemporains : familles éclatées, personnes qui doivent s’occuper de parents âgés, ils disent vouloir aussi plus de souplesse. Et puis, il y a le pouvoir d’achat : que le travail paye, et que les gens puissent vivre dignement, faire plaisir à leurs enfants…
Le cadre de vie sur le territoire pourrait aussi attirer…
La question c’est comment un beau département comme le vôtre arrive à jouer là-dessus. Un jeune diplômé qui va faire ses études à Toulouse y prend goût, et trouve un job là-bas, mais peut-être que sur le coup des 40 ans, il y aura l’appel de la montagne qui résonne. Certes, chez vous les gens sont prêts à partir, mais avec la qualité de vie, le prix du foncier… On peut fixer ou faire venir des gens qui arriveraient d’ailleurs. Si on se projette à plus longue échéance, avec le réchauffement climatique, la vallée de la Garonne, connaîtra + 2 ou 3 degrés, contre un climat assez arrosé dans les Hautes-Pyrénées. C’est bête mais ça joue. Comme des gens quittent la Côte d’Azur pour se mettre au Pays Basque ou en Bretagne.
