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Tremblement de terre dans les Pyrénées : plus de 60 secousses enregistrées en octobre, une analyse en cours pour comprendre ce phénomène récurrent
Les Pyrénées connaissent une recrudescence de séismes, avec plus de 60 secousses récentes. Le 12 octobre, 22 tremblements ont été enregistrés en une seule journée. Les experts analysent ces événements pour comprendre leur organisation.
Les Pyrénées frissonnent. Imperceptibles ou plus marqués, ce sont plus d’une soixantaine de séismes qui ont fait trembler la croûte terrestre ces dernières semaines. Des tremblements de terre, il y en a tout le temps dans les Pyrénées, zone de contact entre plaques tectoniques. « Des séismes, il y en a souvent convient Guy Sénéchal, sismologue et enseignant-chercheur à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA). C’est récurrent. Là, il y a eu une recrudescence de secousses notamment les 10, 11 et 12 octobre entre les vallées d’Aspe et d’Ossau. Cela n’a rien de surprenant en termes de localisation. Cette fois-ci trois ou quatre secousses ont dû être ressenties » note le sismologue.
Les sismographes du Renass ont enregistré pas moins de 22 séismes au cours de la seule journée du dimanche 12 octobre dans une zone des Pyrénées comprises entre la vallée d’Aspe et les Hautes-Pyrénées. Des secousses qui affichent des magnitudes de 0,3 pour les plus faibles à 2,8 pour la plus forte située entre Escot et Bilhères.

Et le phénomène se poursuit mais pas avec la même fréquence. Une secousse a ainsi été enregistrée samedi dernier en pleine montagne entre la vallée d’Ossau et la haute vallée de l’Ouzom. D’une magnitude de 1,2, le tremblement de terre survenu en pleine montagne n’a pas forcément été perçu. Rien de surprenant, tant la zone est régulièrement le théâtre de séismes comme l’atteste le Bureau central sismologique français – Réseau national de surveillance sismique (BCSF-Rénass).
« Nous nous penchons sur cette série de séismes. Il faut maintenant les analyser, confirmer les localisations, les magnitudes et les intensités. On pourra ainsi déterminer s’il y a une organisation et déterminer si on peut identifier une faille existante ou nouvelle. Après étude, on pourra notamment voir si elles dessinent un alignement » détaille Guy Sénéchal.
Essaim de séismes
« Dans ce secteur, il y a un essaim ou des clusters. C’est tout à fait classique. Ces dernières semaines, on note une petite accélération, relève Guy Sénéchal, mais on ne peut rien en déduire pour la suite. » Le phénomène peut ainsi se poursuivre ou cesser. « Il peut ne plus rien se passer pendant un certain temps. »
Si les sismographes et autres capteurs sont très sensibles – ils sont capables de détecter des tirs de mine –, les séismes ne sont pas toujours ressentis par les humains. « Cela dépend de l’heure, de la profondeur, de la localisation »… explique Guy Sénéchal. Les séismes qui interviennent la nuit, tôt le matin ou le soir, aux heures où les activités humaines, la circulation sont moins intenses, sont souvent plus ressentis que ceux qui se déroulent en pleine journée.
« Le phénomène ne présente aucune régularité. Il n’y a aucun prérequis, ce qui fait la difficulté de la prévision. Seule chose qu’on sait c’est qu’à peu près tous les 5 à 25 ans, on est confronté à un séisme autour de 5. En 2006, par exemple, à Argelès, il y a eu un séisme de cet ordre. On sait aussi qu’il y a eu de forts séismes en 1750 et 1854. Cela fait 170 ans qu’il n’y en a pas eu… »