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« Nous allons aider les patientes à traverser cette épreuve » : un Institut du sein pour une prise en charge globale du cancer
L’Institut du sein de la clinique de l’Ormeau à Tarbes, est une structure unique dans les Hautes-Pyrénées, pensée pour accompagner les femmes atteintes du cancer du sein avec une approche pluridisciplinaire. Créé cette année, il a pour objectif de faciliter le parcours de soins et d’améliorer le confort de vie des patientes.
Bâtir un parcours de soins fluide et rassurant, dans un moment de vie souvent déstabilisant : tel est l’objectif de l’Institut du sein, récemment créé à la polyclinique de l’Ormeau, à Tarbes.
« Historiquement, depuis une vingtaine d’années, le cancer du sein a toujours été pris en charge à la clinique de l’Ormeau par les chirurgiens, les oncologues, la radiothérapie et la radiologie. Mais il manquait un cadre global, un véritable fil conducteur pour accompagner les patientes : un suivi, des soins de support, une écoute », explique le docteur Ziad Daher, chirurgien gynécologue-obstétricien et président de l’Institut du sein.
« Aujourd’hui, avec la création de cet institut, une patiente diagnostiquée va être opérée, suivie par un oncologue, une psychologue, une assistante sociale, une kinésithérapeute spécialisée, une diététicienne… C’est une prise en charge complète et coordonnée », ajoute-t-il.
Ne plus être seule face à la maladie
Dès l’annonce du diagnostic, la patiente est informée de la prise en charge globale proposée. « Avant, lorsqu’une femme apprenait qu’elle avait un cancer du sein, elle rentrait chez elle et se retrouvait seule, avec des angoisses et mille questions en tête, jusqu’à son opération », confie l’infirmière spécialisée en chirurgie de l’Institut du sein. « Aujourd’hui, nous lui disons qu’elle n’est pas seule, et que nous allons l’aider à affronter cette épreuve », poursuit le docteur Daher.
L’Institut a mis en place un parcours de pré-chirurgie, destiné à rassurer la patiente et à lui faciliter la prise de rendez-vous avec les différents spécialistes : séance d’hospitalisation de jour, rencontre avec l’anesthésiste, explications sur la technique opératoire. Cette approche collective et pluridisciplinaire permet également d’accélérer le début du protocole décidé par l’équipe médicale.
Un parcours personnalisé

« On prend le temps d’expliquer, car c’est un moment où les patientes ont besoin de savoir à quoi s’attendre », souligne Sarah Munch, infirmière coordinatrice de l’Institut du sein. Chaque femme dispose désormais d’une interlocutrice unique, chargée de coordonner les soins et les différents intervenants.
L’accompagnement se poursuit tout au long du traitement : chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, hormonothérapie… Mais aussi durant la période de reconstruction, après le cancer. « L’objectif est d’améliorer le bien-être global des patientes », précise Sarah Munch.
L’Institut propose pour cela des soins de support personnalisés : ateliers de socio-esthétique, suivi psychologique, orientation vers des prothésistes capillaires, ou vers des associations partenaires telles que la Ligue contre le cancer ou Jeune et Rose.
Le dépistage, un enjeu vital
« Se faire dépister, c’est primordial, et à tout âge « , martèle le docteur Daher. « Dans les Hautes-Pyrénées, environ 400 cancers du sein sont pris en charge chaque année à la clinique, dont 300 opérés. Il faut avoir conscience qu’une femme sur huit est susceptible d’être concernée au cours de sa vie », rappelle-t-il.
Et le constat reste préoccupant : une femme sur deux ne se fait pas dépister, souvent par appréhension de l’examen. « Cela signifie que 50 % des cancers du sein ne sont pas diagnostiqués. C’est un chiffre très alarmant, et nous nous battons pour inverser cette tendance. »
Le chirurgien insiste aussi sur l’importance de l’autopalpation : « Au moindre changement d’aspect de la peau ou du mamelon, ou si vous sentez une boule, consultez votre médecin généraliste. »