Actualités Hautes-Pyrénées, Actualités Tarbes

ENTRETIEN. « On ne veut pas être de ceux qui coulent le Stado », après la défaite à Narbonne, Florian Lamothe se refuse de penser au pire


l’essentiel
Malgré la lourde défaite à Narbonne (41-17), les Tarbais refusent de se résigner. L’un des cadres du groupe évoque le match, les blessures et la détermination d’une équipe unie autour d’un seul objectif : le maintien.

Florian, 41 à 17, ça ne reflète pas vraiment la physionomie du match. C’est aussi votre sentiment ?

Oui, complètement. Ce score ne reflète pas ce qu’on a montré. On a eu de vrais temps forts, des séquences où on s’est vraiment investis. Mais il y a aussi eu ces petits creux, notamment dix minutes en première mi-temps, où on prend deux essais beaucoup trop faciles. En deux actions, on concède quatorze points, et c’est ça qui fait mal. Parce qu’à côté, on y est quand même, comme d’habitude. Pendant soixante minutes, on se bat comme des chiens, on met une énergie folle. Mais il reste toujours ces vingt minutes où on a des moments de flottement. Et à ce niveau-là, ça ne pardonne pas : dès qu’on relâche, on prend des points. En deuxième période, l’entrée de Naqalevu nous a aussi fait beaucoup de mal. Mais il faut remettre les choses dans leur contexte : on est à Narbonne, chez les deuxièmes du championnat. Il ne faut pas se satisfaire de prendre quarante et un points, évidemment, mais on construit quelque chose. On marque dix-sept points à l’extérieur, ce n’est pas suffisant, mais on trouve des solutions offensives. Il faut s’appuyer sur ça, garder ces repères et, surtout, arrêter de donner des essais trop faciles. C’est en corrigeant ces détails qu’on gagnera des matchs. Mais il ne faut pas se voiler la face, notre objectif est clair : le maintien. On ne va pas se raconter d’histoires. On est un groupe soudé, réaliste, et on ne lâchera rien. On a tous la même idée en tête : laisser ce club à ce niveau. On ne veut pas être ceux qui le font descendre, pas après tout ce qu’il représente. Même si on n’a pas les moyens des autres, même si c’est dur, ce ne sera jamais une excuse. On va tout donner.

Vous parlez d’une situation alarmante. Vous êtes plus que dans le dur aujourd’hui, non ?

Oui, c’est alarmant, c’est vrai. Mais c’est aussi ce qui va nous souder. Dans la difficulté, on se serre les coudes. C’est ce qui nous sauvera. Je suis persuadé qu’on ne descendra pas. On ne lâchera rien. On ne sera pas derniers, j’en suis convaincu. Là, on a un week-end de repos qui va faire du bien. Mais ensuite, il y a Niort, et c’est déjà un match capital. C’est le match qu’il ne faut pas perdre. On le sait tous. On a grillé assez de jokers, maintenant, il faut répondre présent.

« Un match à ne pas perdre », c’est une phrase qu’on a déjà entendue cette saison, mais cette fois, c’est vraiment impératif…

Oui, mais le problème, c’est qu’on n’a pas beaucoup de joueurs. C’est une réalité qu’on ne peut pas ignorer. On a un groupe qui ne tourne jamais, les mêmes gars jouent chaque week-end. Forcément, on est fatigués. Et à notre niveau, la moindre blessure pèse très lourd. Narbonne, eux, ils ont un effectif de cinquante ou soixante joueurs. Nous, on en a la moitié. Alors forcément, dès qu’on a des absents, c’est une catastrophe. Même si ce ne sont que deux ou trois blessés, ça change tout. Mais on ne s’apitoie pas. On a une semaine pour souffler, couper un peu du rugby, se vider la tête. Et quand on reviendra, dimanche ou lundi, on sera focus sur Niort. On va bosser dur, retrouver du plaisir et aborder ce match comme un vrai tournant de la saison. Ce virage, on le coche. Et on répondra présent, c’est certain.

Justement, parlons des blessés. C’est sans doute le point noir de la journée, parce qu’une victoire à Narbonne n’était pas vraiment envisageable. Mais là, il y a eu pas mal de casse…

Oui, quatre blessés sur le match, et ce n’est pas une surprise. Prenez Saint-Guilhem, par exemple. C’est un joueur qu’on sollicite à tous les matchs. Il dépanne partout : troisième ligne aile, centre, peu importe. Et il joue toujours quatre-vingts minutes. À un moment donné, c’est un humain. Son corps dit stop. Berbiz’ (Mathieu Berbizier, NDLR), pareil. Il joue tous les matchs, il rentre souvent déjà diminué, et forcément, il ne ressort pas indemne. On tire sur les mêmes joueurs depuis le début de la saison. C’est pour ça que, même si on n’a pas une liste de blessés longue comme le bras, chaque absence nous pénalise énormément. Parce qu’on a un effectif restreint, en quantité comme en expérience. Et après ce match-là, ça devient compliqué d’aligner une composition complète sans bricoler. Mais on garde le cap. On sait que la saison sera difficile jusqu’au bout. On a accepté cette réalité dès le début. Maintenant, il faut serrer les dents, récupérer et surtout rester solidaires. Parce que la différence, à la fin, se fera là-dessus : sur la solidarité, l’énergie, l’envie. Et ça, on ne l’a jamais perdu.

Malgré tout, il y a encore de l’espoir ?

Toujours. Tant qu’il reste des matchs, il reste de l’espoir. Et surtout, on a un groupe qui y croit. Personne ne baisse la tête. C’est ce qui me rend fier. On est dans une situation compliquée, mais on n’a pas de clan, pas de relâchement, pas de lassitude. Tout le monde se bat, tout le monde tire dans le même sens. On sait que le chemin sera long, mais on ne veut pas juste survivre. On veut prouver qu’on mérite d’être à ce niveau, malgré nos moyens. Et je te le redis : on ne lâchera rien.



Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *