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Cinq Générations au service des familles
Tarbes/Lannemezan – La marbrerie funéraire Vasquez célèbrera prochainement un siècle d’histoire. Cette entreprise familiale, installée à Tarbes, Aureilhan et Lannemezan, commémore les défunts dans toutes les Hautes-Pyrénées.
Le grand-père, Jean Buil, et son petit-fils, Benoît, mettent en parallèle leurs expériences respectives et livrent leurs impressions sur l’évolution de cette profession.
« Dans le ventre de ma mère, je me formais déjà au tailleur de pierre ! Je commençais à compter les pas, les mètres et la profondeur », énumère Jean Buil sur un ton rieur. Aujourd’hui retraité, il ne se serait pas vu faire autre chose : « Ma mère, Marie, était déjà tailleuse de pierre et c’est elle qui gérait l’entreprise. Avant ça, il y a aussi eu mon grand-père ! » C’est à l’âge de 14 ans qu’il a intégré le commerce familial, apprenant son métier sur le tas : « Il n’y avait pas d’école pour se former au métier. On devait rencontrer le tailleur de pierre en allant lui apporter de l’aide. Il fallait que l’artisan rencontre le marteau. »
Jean Buil a su préserver cet héritage familial. Il l’a ensuite transmis à son fils, Pierre, et ses petits-fils, Benoît et Thomas. Au total, ce sont cinq générations qui se sont relayées pour mener à bien cette entreprise funéraire. « C’est important de transmettre cet héritage », explique Jean. « De nos jours, il est rare que les gens conservent longtemps le même poste. C’est vrai que c’est un boulot particulier mais à mon époque, j’ai pu intégrer un jeune de 14 ans et il est resté avec nous jusqu’à 60 ans et ça s’est bien passé. » « En effet, ça tourne aujourd’hui beaucoup plus dans le monde de l’emploi », confirme Benoît. « Le bien-être du personnel au travail est notre nouveau défi pour demain ! ».

Désormais gérant, Benoît Buil est admiratif du travail d’antan : « Tout était posé à la main et je considère ce que ce qui se faisait autrefois est une véritable oeuvre d’art. » Son entreprise atteindra en 2025 le centenaire d’existence. « Le plus vieux papier date de 1925 », assure Jean. Autrefois réputée pour ses tailleurs de pierre, l’entreprise Vasquez a su se réinventer, se spécialisant ainsi dans la marbrerie funéraire. « Il y a 100 ans, les entreprises de pompes funèbres comme la nôtre n’existaient pas. C’est un métier jeune qui est apparu pour la première fois dans les années 1990 avec les privés, tels que les ambulanciers, les fossoyeurs, les ébénistes et les marbriers », rappelle Benoît.
Une loi qui a tout changé
Au début du siècle dernier, les funérailles s’articulaient d’une différente manière. Il fallait faire appel à la mairie pour organiser la cérémonie, à moins que la famille n’accorde sa confiance au curé. La mairie, elle, confiait la mission à un fossoyeur ou un menuisier. Dans certains cas, ce sont les Pompes funèbres générales qui étaient mandatées. Cette façon de procéder a drastiquement évolué après l’adoption de la loi du 8 janvier 1993, venue retirer « le monopole communal » et élargir « la mission de service public ». Cette progression considérable était logiquement vue d’un bon oeil par Jean Buil : « Il fallait se débrouiller pour trouver un corbillard, les porteurs manquaient parfois d’expérience et les Pompes funèbres générales proposaient des prix parfois aléatoires. » Ce décret a eu pour conséquence l’arrivée d’une réelle compétition relative au métier des pompes funèbres. Pour Benoît, c’est une très bonne chose : « C’était une avancée obligatoire, il fallait qu’une concurrence se développe. Cela a poussé tout le monde à vouloir faire mieux que l’autre au quotidien et donc, à nous améliorer. C’était d’autant plus important que les familles sont très attentives au service fourni. Les gens ont besoin de ce contact humain et il nous incombe de faire attention à eux. »

Malgré l’adoption de ce texte de loi, les entreprises et les municipalités conservent un lien presque indéfectible qui leur permet de travailler, encore aujourd’hui, main dans la main. « Coopérer avec les mairies est notre objectif. On s’organise avec elles pour placer les conceptions et intégrer les travaux dans les cimetières, par exemple. Dans l’ensemble, nous avons une bonne entente et il est impératif que les dialogues se poursuivent », précise Benoît. Ces relations positives ont ainsi permis à la marbrerie Vasquez de réaliser un columbarium dans le cimetière de Gavarnie, témoignant ainsi de la confiance entre les deux parties. Cet ensemble s’inscrit désormais au patrimoine de l’UNESCO.
L’évolution de cette profession se remarque aussi sur le terrain. Les moyens mis à la disposition des marbriers se sont développés au fil du temps, facilitant de facto leur travail. « À l’époque, il fallait creuser les trous à la main et à temps pour l’arrivée du fossoyeur », se souvient Jean. « On n’avait qu’une simple pioche pour y parvenir ». Les familles devaient elles-mêmes se préparer à l’avance aux funérailles, mettant régulièrement de côté des planches de bois sec pour leur cercueil. Le menuisier jouait aussi un rôle prépondérant.
Les blocs de pierre que Jean Buil déchargeait près de la voie ferrée avant de les tailler ont laissé place au granit, véritable spécialité de la marbrerie Vasquez. « Il ne s’enterre pas à la main et son transport est bien plus simple », assure son petit-fils. « On préfère le granit à d’autres matériaux car il fait effet dans la durée : il peut résister pendant des décennies, voire des siècles, sans avoir à se soucier des conditions météorologiques. »

Le grand-père et le petit-fils remarquent d’autres progrès dans leur domaine. « La durée de l’enterrement a beaucoup changé », reconnaît Benoît Buil. « Il y a 50 ans, un enterrement se faisait en trois-quatre jours, ça allait vite ! Les lois donnent désormais jusqu’à sept jours pour l’organiser. Cela offre plus de temps aux familles, qui sont parfois séparées géographiquement pour des raisons professionnelles, de se rassembler. » À l’apparition des chambres funéraires pour le recueil s’ajoute le recours à la crémation, de plus en plus courante.
D’autres facteurs extérieurs ont nécessité des ajustements à travers le temps, comme la religion. « Les gens sont moins croyants et on en tient davantage compte aujourd’hui », observe Jean. « De mon temps, la croix catholique pouvait être perçue comme un symbole politique. Certaines idéologies estimaient que la religion ne devait pas prendre le pas sur la pensée. Je me souviens qu’on a commencé à demander aux gens s’ils désiraient ou non la présence d’un signe religieux sur le carreau. » Benoît distingue
les diverses préparations, différentes selon les croyances : « Traditionnellement, le chef religieux organisera les obsèques chez les musulmans et les familles seront à l’écart. Chez les catholiques, avoir un prêtre devient de plus en plus difficile et les demandes des familles deviennent de plus en plus spécifiques. » Dans un cas comme dans l’autre, ces fluctuations ne posent aucun problème. « L’organisation peut différer mais quoi qu’il en soit, on sait s’adapter », confie sereinement Benoît.
« La gravure doit mettre en relief la vie du défunt »
L’actuel gérant de la marbrerie Vasquez évoque aussi certaines péripéties qui peuvent faire trembler les lignes : « Les drames forcent parfois un changement des lois. Le coronavirus a posé problème, il a fallu faire des concessions dans un monde qui n’aime pas entendre parler de la mort. Les inondations récemment survenues en Espagne sont difficiles à gérer et la loi sur le transport des corps a dû être assouplie. »
Au final, le bien-être des familles demeure la priorité de ce commerce familial, pour qui l’efficacité et la simplicité sont des atouts maîtres : « Il faut savoir rester sobre, correct, voire même classe », certifie Benoît Buil. « On n’a pas la prétention de devoir tout réinventer, on préfère travailler proprement. On veut permettre à une famille d’avoir ses obsèques. » « Une gravure doit avant tout être lisible », ajoute Jean. « Elle a pour objectif de rendre hommage à une personne décédée. Le but est de retrouver en relief la vie de quelqu’un pour représenter ses passions. » Pragmatique, Benoît conclut par une comparaison : « La mort est un passage obligé de la vie. On devra la côtoyer et la prévoir. Notre métier sera alors de rendre service car les personnes auront besoin de nous comme des pompiers. »
Infos pratiques
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Agence de Lannemezan : 778 Boulevard du Général de Gaulle 65300 Lannemezan
05 62 36 85 90
www.marbrerie-vasquez.fr
Facebook : Marbrerie Vasquez
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