Actualités Hautes-Pyrénées
une zone réglementée instaurée autour du lac de Puydarrieux après la découverte du virus H5N1 chez des grues cendrées
Face à la découverte de plusieurs cas d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) sur des grues cendrées migratrices dans les Hautes-Pyrénées, le préfet Jean Salomon a pris un arrêté le 30 octobre 2025 afin de circonscrire le risque de propagation du virus. Une zone réglementée a été définie autour du lac de Puydarrieux et sur seize communes environnantes. Surveillance accrue, biosécurité renforcée et restrictions d’activités : le département passe à un niveau de vigilance maximal.
Depuis la mi-octobre, les services vétérinaires et de la biodiversité ont constaté des mortalités inhabituelles parmi les grues cendrées, ces grands oiseaux migrateurs qui traversent chaque automne le sud-ouest de la France pour rejoindre leurs zones d’hivernage. Le 18 octobre 2025, les premières suspicions d’influenza aviaire hautement pathogène (H5N1) ont été relevées sur le territoire national. Dans les Hautes-Pyrénées, plusieurs cadavres de grues ont été retrouvés autour du lac de Puydarrieux, site d’importance internationale pour les oiseaux migrateurs. Des prélèvements effectués sur les oiseaux morts ont été transmis au laboratoire agréé des Pyrénées et des Landes, qui a confirmé la présence du virus H5N1 le 23 octobre. Ce virus, hautement contagieux, touche principalement les oiseaux sauvages mais peut aussi menacer les élevages de volailles domestiques.
Un arrêté préfectoral pour prévenir la diffusion du virus
Face à cette situation, le préfet des Hautes-Pyrénées a signé le 30 octobre 2025 un arrêté de mise en place d’une zone réglementée. Cette décision s’appuie sur les réglementations européennes et nationales relatives à la santé animale et vise à limiter la propagation du virus dans l’avifaune sauvage et à protéger les élevages locaux.
La zone réglementée regroupe seize communes autour du lac : Barthe, Betpouy, Campuzan, Guizerix, Hachan, Libaros, Organ, Puntous, Puydarrieux, Sadournin, Sentous, Tournous-Darré, Tournous-Devant, Trie-sur-Baïse et Vieuzos.
Les maires de ces communes sont chargés d’informer les habitants et de participer à la coordination des mesures locales, en lien avec la Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP).
Des mesures strictes pour les éleveurs et détenteurs d’oiseaux
Le cœur du dispositif repose sur une série de mesures de biosécurité renforcée applicables à tous les détenteurs de volailles ou d’oiseaux captifs, qu’ils soient professionnels ou amateurs :
Contrôle strict des mouvements de personnes, véhicules et animaux autour des exploitations.
Nettoyage et désinfection systématique des véhicules entrant ou sortant des fermes.
Limitation des visites extérieures et mise en place de pédiluves et de zones de changement de tenue pour éviter toute introduction du virus.
Surveillance active et autocontrôles : des prélèvements doivent être réalisés régulièrement sur les oiseaux morts ou vivants pour détecter le virus, avec enregistrement des résultats dans le registre d’élevage.
Les exploitations de palmipèdes, gibiers à plume ou volailles reproductrices sont particulièrement concernées.
Avant tout mouvement de palmipèdes vers un autre site, un dépistage virologique doit être effectué dans les 72 heures précédentes.
Une surveillance renforcée de la faune sauvage
En parallèle, les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) et de la Fédération départementale des chasseurs assurent le suivi des populations d’oiseaux sauvages et le décompte des mortalités.
Les cadavres d’oiseaux non destinés à l’analyse sont collectés par les mairies, conformément aux dispositions du code rural.
Cette surveillance s’inscrit dans un cadre national : le ministère de l’Agriculture a placé la France en niveau de risque « élevé » vis-à-vis de l’influenza aviaire depuis le 22 octobre 2025.
Des restrictions pour la chasse et les activités de nature
L’arrêté préfectoral interdit la chasse au gibier d’eau et au gibier à plumes dans la zone concernée, ainsi que le transport et l’utilisation d’appelants. Les lâchers de gibiers à plumes (faisans, perdrix, canards) sont également suspendus jusqu’à nouvel ordre. La chasse au gibier à poil (sanglier, chevreuil, etc.) reste possible mais uniquement sous conditions strictes : les chasseurs doivent avoir suivi une sensibilisation aux mesures de biosécurité ; le matériel, les véhicules et les chiens utilisés ne doivent pas entrer en contact avec des volailles dans les deux jours suivant la chasse ; toute contamination croisée doit être évitée.
De plus, les activités lacustres et de plein air sont restreintes : pêche, canoë, observation des oiseaux, et même la cueillette de champignons sont interdites en dehors des chemins ruraux et forestiers. Ces mesures visent à réduire les risques de dispersion du virus dans les zones de forte concentration d’oiseaux.
Recommandations au public et consignes sanitaires
Les autorités rappellent qu’en cas de découverte d’un oiseau malade ou mort, il ne faut en aucun cas le toucher ni le déplacer.
Toute observation peut être signalée à : l’Office français de la biodiversité : sd65@ofb.gouv.fr ; la Fédération départementale de la chasse : contact@fdc65.fr ; la DDETSPP : ddetspp-pu@hautes-pyrenees.gouv.fr ou à la mairie de la commune concernée.
Par précaution, les promeneurs, randonneurs, chasseurs et agriculteurs sont invités à changer de tenue et de chaussures avant de pénétrer dans un élevage de volailles ou une basse-cour, afin d’éviter d’y introduire le virus de manière indirecte.
Une vigilance partagée entre les acteurs du territoire
La DDETSPP assure la coordination des services de l’État, des communes et des acteurs de la filière avicole. Le préfet Jean Salomon souligne que la réussite du dispositif dépend de la mobilisation collective : « Les mesures de prévention et de surveillance sont indispensables pour contenir la diffusion du virus. L’implication des éleveurs, des chasseurs et des habitants est essentielle pour protéger à la fois la faune sauvage et les élevages. »
Les fédérations d’éleveurs et de chasseurs ont également relayé ces consignes à leurs adhérents. Des contrôles pourront être effectués dans les exploitations et sur le terrain pour vérifier l’application des mesures.
Durée de la zone réglementée et sanctions en cas de non-respect
La zone restera en vigueur au moins 21 jours après la découverte du dernier cas positif. Elle ne sera levée qu’après une évaluation complète du statut sanitaire de la zone et des communes voisines. Le non-respect des dispositions de l’arrêté constitue une infraction, passible de sanctions prévues par les articles R.228-1 à R.228-10 du code rural et de la pêche maritime. Les habitants et professionnels peuvent consulter le texte intégral de l’arrêté sur le site de la préfecture des Hautes-Pyrénées ou dans les mairies concernées.
Une menace récurrente mais contenue
L’influenza aviaire hautement pathogène, dite « grippe aviaire », revient régulièrement lors des migrations automnales. La présence de vastes zones humides comme celle de Puydarrieux, propices au repos des oiseaux migrateurs, augmente le risque de contamination locale.
Grâce aux protocoles désormais bien établis, les autorités espèrent limiter l’impact de cette épizootie sur les élevages du département, particulièrement nombreux dans la région de Trie-sur-Baïse et de la plaine de Tarbes.
Pour l’heure, aucun foyer n’a été détecté dans les élevages domestiques des Hautes-Pyrénées. Les services de l’État restent toutefois en alerte maximale.
À retenir :
Des grues cendrées porteuses du virus H5N1 ont été découvertes au lac de Puydarrieux.
Une zone réglementée de 16 communes a été établie.
Les activités de chasse et de plein air sont restreintes.
La biosécurité est renforcée dans tous les élevages.
Le public doit signaler tout oiseau mort sans le toucher.
Une épizootie détectée chez les grues cendrées en migration au niveau du lac de Puydarrieux.





