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Jacqueline devient championne du monde de bowling à 76 ans, une première pour une Française
À 76 ans, cette Juillanaise, qui s’entraîne à Tarbes, a été sacrée championne du monde seniors + à Réno, Nevada, dans le temple du bowling.
Reno, Nevada, au cœur de l’ouest Américain. Son bowling au 4e étage surplombant trois niveaux de parkings, cœur battant de la discipline avec ses 80 pistes et ses gradins, entièrement dédié à la pratique sportive. C’est dans le temple du bowling qu’une Bigourdane a tout chamboulé. À 76 ans, Jacqueline Faure y a décroché pas moins de trois médailles internationales, à l’occasion de ses 4e championnats du monde seniors + (plus de 65 ans), mi-octobre. « C’est le plus grand bowling qu’on n’ait jamais vu. C’était très impressionnant. »

Cette Juillanaise d’adoption qui a reconstruit sa vie autour des pistes avec Jean-Charles Faure son époux d’entraîneur, par ailleurs président du Bigorre bowling club de Tarbes, n’en est pas à son coup d’essai. Elle a en effet déjà décroché plusieurs titres nationaux et même européens. Mais jamais de breloque mondiale jusqu’à ce mois d’octobre. Elle fut ainsi en 1982 et pendant près de 17 ans, la seule joueuse française à avoir réalisé le score parfait de 300, c’est-à-dire d’avoir renversé toutes les quilles à chacun des douze lancers. « Je pratique le bowling depuis 1970. À l’époque, je m’étais mariée avec quelqu’un qui jouait et ça m’a plu, raconte-t-elle. Je me suis prise rapidement au jeu avec l’envie de gagner, très rapidement. Presque de suite, j’ai voulu faire de la compétition, battre les meilleurs. Même si à l’époque, les conditions étaient différentes, avec des pistes en bois alors qu’aujourd’hui c’est du synthétique. »
« Être sacrée dans un tel lieu, c’est grandiose »
Sélectionnée parmi les seize athlètes français pour les Mondiaux, Jacqueline espérait glaner une médaille mondiale qui la fuyait depuis toujours, au moins par équipe. Pour cela, elle a pu s’entraîner au bowling de l’Arsenal dont les pistes ont été spécialement huilées durant les vacances pour qu’elle puisse se préparer dans des conditions proches du très haut niveau. Dès la première épreuve, en individuel, sur six lignes (comprenez six séries de douze lancers au maximum, en alternant les pistes pour que chaque compétiteur se frotte à chacune d’elles), la Juillanaise se hisse parmi les quatre demi-finalistes. Tour à tour, elle domine la 2e du général puis la première, une Australienne, pour être sacrée championne du monde seniors +. Elle devient la première française à décrocher l’or mondial en individuel. « J’étais sur un nuage. Je ne pouvais pas l’imaginer. D’ailleurs quand mon adversaire est venue me serrer la main alors qu’il me restait des boules à lancer, je n’ai pas réalisé. Je ne m’étais pas rendu compte. Il a fallu que mon entraîneur m’assure que j’avais gagné. Être sacrée dans un tel lieu, devant tout ce monde, c’était grandiose, même si on oublie tout devant la piste. »

Après ce titre individuel, Jacqueline ajoutera une médaille d’argent avec ses trois coéquipières de l’équipe de France et même une autre, puisqu’au bilan de toutes les épreuves, elle totalise le 2e meilleur score de toute la compétition, avec une moyenne de 190. « J’espérais évoluer à ce niveau mais c’est au-dessus de ma moyenne d’entraînement, 172 environ. Je suis à l’aise avec la pression. Il n’y a que la compétition qui compte. » Un sacre mondial que Jacqueline Faure a pu partager avec sa famille, notamment sa fille et sa petite-fille qui jouent avec elle en équipe sous les couleurs de Montpellier. Avant peut-être un autre, dès la fin janvier à Vienne, pour les championnats d’Europe.