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TEMOIGNAGE.  » C’est inhabituel mais pas incompatible  » : à 18 ans, ce danseur veut intégrer les pompiers de Paris


l’essentiel
À Tarbes, Mathéo Esteves est danseur, professeur de hip-hop mais aussi réserviste et pompier volontaire. Aujourd’hui, à seulement 18 ans, son cœur ne balance plus : il s’entraîne pour passer l’examen d’entrée des pompiers de Paris.

Quand il ne glisse pas sur les parquets, il descend à la vitesse grand V la barre de la caserne. C’est que Mathéo Esteves a l’art du grand écart. À seulement 18 ans, il a déjà beaucoup de casquettes. Celle de danseur, d’abord, depuis ses 3 ans.  » J’ai découvert la danse grâce à ma sœur. Nous nous sommes inscrits ensemble pour apprendre à danser « , se souvient le jeune Tarbais. Chez Urban C (aujourd’hui fermé), puis à Dans’6T, Mathéo Esteves découvre la danse hip-hop avec ses figures de coupole, de balayage et ses locking. Mais à l’école, on le taquine. Mathéo Esteves fait de la danse,  » comme les filles « . Alors, l’écolier essaie le foot pour faire  » comme les garçons « . L’expérimentation ne dure qu’un mois.  » Ce n’était pas du tout mon truc, la danse me manquait trop « , balaie-t-il d’un revers de la main. Retour à la danse pour ne plus jamais la quitter. Il passe chez Evi’danse et s’inscrit au cours de Marine Cazalas. Et puis, quand la professeure de danse monte sa propre école, le Renc’art de la danse, il poursuit la classe avant de donner lui-même des cours de hip-hop aux enfants et, depuis cette rentrée scolaire, aux adultes.  » D’un coup, j’ai pris beaucoup de responsabilités, j’ai travaillé la mise en scène et la chorégraphie « , se souvient-il.

Mais depuis ses 14 ans, Mathéo est également pompier volontaire.  » Je m’intéresse aux métiers de l’uniforme depuis tout petit, aux pompiers, aux gendarmes, aux militaires… À 11 ans, j’ai passé la porte d’une caserne de pompiers pour la première fois de ma vie. Je voulais m’engager en tant que volontaire « , raconte le danseur. Mais Mathéo est encore trop jeune. Il ronge son frein jusqu’à ses 14 ans, suit le cursus des sapeurs-pompiers pour, à 17 ans, enfin passer son brevet des cadets et devenir pompier volontaire à la caserne d’Aureilhan. Mais ça ne lui suffit pas.

Il prépare les épreuves des pompiers de Paris

Alors, en octobre 2024, il intègre également la réserve opérationnelle de l’armée de terre. Depuis, il partage son temps entre les interventions d’urgence, ses cours de danse, et ses entraînements militaires.  » Il s’agit de deux mondes éloignés mais pas incompatibles. La danse reste une discipline qui compte encore peu d’hommes. Les casernes recensent encore peu de femmes. Mais, même si c’est inhabituel, ce n’est pas incompatible. Les deux disciplines nécessitent de la rigueur, un esprit d’équipe et de l’entraide « , observe le jeune engagé.

Quand il est de garde, souvent, ses collègues lui demandent un pas de danse, à la caserne. Mais Mathéo répond souvent non : il a cloisonné et se refuse les pas de côté.  » J’ai envie que ces deux univers restent séparés, de ne pas penser aux secours quand je danse et vice-versa « , explique-t-il. Depuis un mois, le sportif prépare les épreuves d’entrée des pompiers de Paris, son prochain défi.  » Depuis que j’ai commencé les gardes, chez les pompiers, je me sens réellement utile. Je veux en faire mon métier « , souligne encore le danseur. L’année prochaine, il passera les épreuves à Bordeaux et à Paris. Ensuite, alors, s’il est admis, il devra renoncer à la danse.  » C’est un choix très difficile. Si je peux, je continuerai de danser sur mon temps libre mais je ne suis pas sûr de pouvoir « . Impatient, tout de même, de ce grand jeté.





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