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Jeux olympiques d’hiver. « Je ne pensais pas que ce sport allait changer ma vie » : Après une grave blessure, Luna est sélectionnée dans l’équipe de France de bobsleigh
Luna Goureau, athlète du Tarbes Pyrénées Athlétisme, a surmonté une grave blessure pour intégrer l’équipe de France de bobsleigh. Sa détermination et sa rééducation exemplaire lui ont ouvert les portes des Jeux olympiques d’hiver 2026.
« Je ne pensais pas que ce sport allait changer ma vie à ce point » : revenue d’une grave blessure à la cheville cet été, la sociétaire du Tarbes Pyrénées Athlétisme (TPA) Luna Goureau a fait preuve d’une incroyable force mentale et de « patience » pour décrocher sa sélection dans l’équipe de France de bobsleigh, pour les JO d’hiver de Milan-Cortina en février 2026.
« Je me suis accrochée et je n’ai rien lâché, alors que j’étais ex aequo avec une autre fille » témoigne la jeune femme qui doit participer dans les prochains jours à sa première épreuve de Coupe du monde sur la piste olympique de Milan-Cortina.
Il a fallu que Luna Goureau attende le mardi 4 novembre, pour apprendre sa sélection, au terme d’une compétition très rude et d’instants de délibération insoutenables pour que les deux meilleures concurrentes soient enfin départagées. « Mais il faut se remettre en question à chaque compétition » souligne celle qui pratique l’athlétisme depuis l’âge de six ans.

Après une belle saison en athlétisme ponctuée notamment du titre de vice-championne de France au lancer du poids, Luna Goureau s’est blessée gravement à la cheville lors des championnats de France de poussée à La Plagne qu’elle a terminée pourtant à la seconde place.
Elle est envoyée d’urgence à l’Insep (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance) où elle restera six semaines dans le service médical des sportifs de haut niveau.
De retour en Bigorre, elle est prise en charge par le kiné Geoffrey Bousquet. Grâce à ce travail de rééducation remarquable, elle a pu reprendre l’entraînement début octobre au stade Maurice-Trélut.
La Pyrénéenne y a retrouvé son bob à roulettes préféré fabriqué par l’entreprise de Chis Metal Concept Fibre. Un outil astucieux indispensable pour travailler la poussée localement et pour compenser la distance qui la sépare du centre d’entraînement des équipes de France de bobsleigh à La Plagne dans les Alpes.
« Il faut avoir le cœur bien accroché quand on est lancé à 150 km/h »

De la piste d’athlétisme à la piste de bobsleigh, il y avait un gouffre que Luna Goureau a su franchir avec une détermination sans faille.
Tout bascule à l’été 2024 lorsque la Tarbaise, finaliste des championnats du monde junior d’heptathlon en Colombie, après avoir remporté trois titres de championne de France, est repérée par Bruno Mingeon, responsable des équipes de France de bobsleigh, en vue de la recruter comme pousseuse.
« C’est vraiment un sport qui est fait pour moi. Déjà, j’aime énormément l’hiver tout autant que je déteste l’été, raconte la jeune femme. L’adrénaline me pousse à me dépasser : il faut avoir le cœur bien accroché, quand on est lancé dans un tunnel de glace à 150 km/h, et qu’on risque de se retourner à tout moment. Et en plus, il y a une part importante de mécanique, maintenance et manutention du bobsleigh qui me plaît beaucoup ».

Ses qualités athlétiques sont évidemment très appréciées dans ce sport très exigeant où « il faut être très puissante, courir vite, appuyer fort au sol et utiliser la force de son poids » énumère la jeune femme. D’ailleurs, elle confesse « aller tous les jours à la salle de musculation » en dehors des jours d’entraînement et de compétition de bobsleigh. Les entraînements sont intensifs, entre quatre et six heures par jour.
En équipe de France, elle apprend à gagner ses galons, puisque la concurrence est rude, avec six filles pour seulement deux places de pousseuses. Le prix à payer est fort : « Je ne m’attendais pas à faire autant de sacrifices. Je sacrifie tout, ma famille, mes amis. Pour l’instant, je n’ai pas le temps de chercher du travail, mais j’aimerais signer un contrat avec l’armée des champions, après les JO ».