Actualités Hautes-Pyrénées
Juillan. Mercredis en balade 1er épisode à la ferme à Arrens-Marsous
La sortie des mercredis de fin de mois, à l’initiative du centre communal d’action sociale (CCAS), réunit plusieurs intentions en faveur des personnes âgées de 70 ans et plus : proposer une visite (journée ou après-midi) par des bénévoles avec le minibus municipal de 9 places dont 2 systématiquement pour les chauffeurs, s’assurer de l’accessibilité à tous et d’une rotation des inscriptions (enregistrées par les hôtesses de la mairie), ouvrir une liste d’attente en cas de surnombre pour prévoir une sortie supplémentaire si possible.
Le premier Mercredi (29 janvier suivi du 5 février en raison de 14 inscriptions) a suscité une échappée belle à la ferme ancestrale Oumpré-Martinou à Arrens-Marsous.
Baptiste Cazaux, le fils gestionnaire de la ferme et Nicolas, berger, ont été tout à la fois, nos hôtes, cuisiniers-serveurs, conteurs et sociologues de la montagne. Depuis au moins 1686, date sur le perron, avec -dans la cuisine- l’évier d’origine en pierre semi-enterré, protégé par une plaque de verre, l’activité agrico-montagnarde s’épanouit.
D’entrée, un film de poésie montre comment cette famille est paysagiste de la montagne. Puis la visite des dortoirs des vaches, brebis et cochons, celle du petit musée des outils agraires anticipe l’échange à cœur ouvert avec nos accueillants.
Le déjeuner fourni, nourri de leur production d’élevage et fromages, avec le feu de cheminée, qui mérite la création du label « 4 étables » est généreux, authentique comme eux, solides et sensés.
Des valeurs ancestrales
Ils diffusent naturellement leur sérénité, l’attachement à leurs métiers calé, sans répit, sur les quatre saisons. Les valeurs inscrites au patrimoine familial fondé sur le profond respect de cette montagne, dure mais d’une indescriptible beauté, n’y sont pas pour rien. Ils racontent les tâches et corvées, la transhumance, la traite mobile des vaches avec un groupe électrogène et la redescente du lait en remorque pour faire leurs fromages, la cohabitation avec le loup, l’ours et les patous gardiens des troupeaux mais hostiles au millier de touristes d’été.
Baptiste est évidemment météorologue par observation des modifications du climat et leurs conséquences : les saisons moins marquées, les conséquences des intempéries, l’amoindrissement des résurgences et de la fraîcheur des journées.
Il valorise avec foi les productions charcutières et fromagères, les chambres d’hôtes de la ferme. Il tient le cap vers l’avenir avec raison, intelligence et l’amour familial illustré par cette délicieuse anecdote sur la transmission : « les jambes du petit dernier lui arrivent aux pédales du tracteur mais il veut y monter quand même » Touchant non ?