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Au Pic du Midi, SPIP prend place pour traquer les exoplanètes habitables
Un nouvel instrument de pointe installé au télescope Bernard Lyot marque une avancée majeure pour la recherche astronomique en Occitanie.
À 2 877 mètres d’altitude, le sommet du Pic du Midi de Bigorre accueille un nouvel outil scientifique d’envergure internationale. SPIP, pour spectropolarimètre infra-rouge pyrénéen, vient d’être installé au télescope Bernard Lyot. Conçu par l’Observatoire Midi-Pyrénées et soutenu par le CNRS, l’Université de Toulouse et la Région Occitanie, cet instrument est le jumeau quasi identique de SPIRou, déjà opérationnel sur le volcan Maunakea à Hawai’i. Avec cette installation, la plateforme du Pic du Midi se positionne plus que jamais au cœur des recherches sur les exoplanètes et la formation des systèmes planétaires.
Un instrument taillé pour détecter des planètes habitables
SPIP a été imaginé pour relever l’un des grands défis du XXIᵉ siècle : détecter et caractériser des planètes rocheuses situées autour d’étoiles proches du Soleil. Grâce à son extrême stabilité thermique et à sa capacité à analyser la lumière infrarouge avec une précision exceptionnelle, SPIP pourra repérer de minuscules variations révélant la présence de mondes potentiellement habitables. « Grâce à sa technologie de pointe, SPIP sera capable de détecter des variations infimes de la lumière infrarouge des étoiles », explique Jean-François Donati, directeur de recherches au CNRS et responsable scientifique du projet à l’IRAP. Il rappelle également que les étoiles naines rouges, plus petites et plus froides que le Soleil, constituent les meilleures candidates pour ce type de recherche.
Des observations inédites sur les jeunes étoiles
Au-delà de la chasse aux exoplanètes, SPIP jouera un rôle déterminant dans l’étude de la formation des étoiles. Son statut de spectropolarimètre lui permettra d’analyser les modes vibratoires de la lumière et de mieux comprendre l’impact des champs magnétiques lors de la naissance des nouveaux mondes. Des disques de gaz et de poussières entourant les jeunes étoiles jusqu’à la formation progressive des systèmes planétaires, SPIP offrira aux chercheurs un regard inédit sur les premières étapes de la vie stellaire. L’instrument contribuera aussi à étudier les planètes géantes gazeuses autour d’étoiles jeunes et à analyser leurs atmosphères, apportant de précieux éléments sur la formation de mondes comparables à Jupiter.
Un chantier hors norme en haute montagne
La mise en place de SPIP est l’aboutissement de plus de sept années de travail pour les équipes du GIS OMP et de l’IRAP. Composé de plus de 10 000 pièces, l’instrument fonctionne à –200°C, une température stabilisée au millième de degré.
Son installation au sommet du Pic du Midi a représenté une véritable prouesse technique. « Transporter, intégrer et valider un instrument cryogénique de haute précision en haute montagne a nécessité des compétences très spécifiques », souligne Marielle Lacombe, ingénieure de recherches au CNRS et cheffe de projet. Au total, 4 tonnes de matériel ont été acheminées jusqu’au télescope, certaines pièces trop volumineuses ayant dû transiter par camion depuis le col du Tourmalet, puis par le monte-charge jusqu’au bâtiment d’accueil.
Une collaboration mondiale renforcée
Une fois les derniers réglages effectués — les tests au sol et sur le ciel sont programmés pour le premier semestre 2026 — SPIP travaillera en synergie avec SPIRou, son jumeau hawaïen.
Installés sur deux sites quasi opposés de la planète, les instruments pourront observer les mêmes cibles sans interruption, une condition essentielle pour traquer les infimes variations lumineuses témoignant de la présence d’exoplanètes.
Cette coordination permettra aux astronomes de progresser plus rapidement dans la recherche de mondes potentiellement habitables.
Une contribution majeure aux futures découvertes spatiales
SPIP s’inscrit également dans un paysage scientifique en pleine expansion. À long terme, ses observations viendront compléter celles des grands télescopes spatiaux tels que JWST, PLATO ou ARIEL. Ensemble, ces outils pourraient permettre certaines des découvertes les plus attendues de l’astronomie : l’identification de planètes similaires à la Terre et l’analyse détaillée de leurs atmosphères.
Un investissement stratégique pour la recherche en Occitanie
Convaincue de l’importance des travaux menés au Pic du Midi, la Région Occitanie a fortement soutenu le projet, contribuant à la fois à l’achat du matériel et à l’agrandissement des locaux destinés à accueillir les chercheurs.
Le coût total du projet SPIP s’élève à 7,2 millions d’euros :
4,3 M€ de matériel, financés à hauteur de 3,6 M€ par la Région Occitanie, 470 000 € par l’Université de Toulouse et 270 000 € par l’IRAP-OMP et ses partenaires internationaux.
La masse salariale est prise en charge par le CNRS et l’Université de Toulouse.
La Région a également financé les bâtiments Dauzère-Soler et TBL-SPIP pour 3,5 M€, dont 3 M€ de fonds FEDER.
Un effort financier et scientifique qui permet au Pic du Midi de consolider son rôle de pôle d’excellence en recherche astronomique, mais aussi de soutien à la compréhension des enjeux climatiques et environnementaux.
Avec SPIP, le sommet du Pic du Midi confirme plus que jamais sa place dans la course mondiale à la découverte de nouveaux mondes.


























