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Betmont – Dermatose nodulaire contagieuse : 20 bovins vont devoir être abattus confirme le préfet
Lors d’une conférence de presse tenue jeudi 11 décembre à Tarbes, le préfet des Hautes-Pyrénées, Jean Salomon, a détaillé les mesures prises après la confirmation d’un foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans un élevage de Luby-Betmont. Il a insisté sur la vigilance, la solidarité avec l’éleveur touché et le strict respect des règles sanitaires.
Lors de la conférence de presse organisée jeudi 11 décembre à 8 h 30 en salle Charles-de-Gaulle à la préfecture à Tarbes, le préfet des Hautes-Pyrénées, Jean Salomon, a annoncé qu’un foyer de dermatose nodulaire contagieuse, maladie grave et très contagieuse pour les bovins, avait été confirmé la veille, mercredi 10 décembre en début d’après-midi, dans un élevage de la commune de Luby-Betmont.
L’exploitation concernée comprend plusieurs lots d’animaux situés à distance les uns des autres. L’animal malade appartient à un lot de 20 bovins comprenant 11 vaches, 1 taureau et 8 veaux.
« Face à cette confirmation qui touche à la fois l’outil de travail d’un éleveur et toute la profession agricole », le préfet explique avoir immédiatement dépêché les services de l’État auprès de l’éleveur, accompagnés de la vétérinaire de l’exploitation, du président de la Chambre d’agriculture, du président de la MSA et du directeur du groupement de défense sanitaire, pour lui notifier l’arrêté préfectoral de déclaration d’infection et détailler les mesures sanitaires.
Le préfet a souligné « l’attitude responsable » de l’éleveur et de sa famille : « Je tiens à le souligner et à lui faire part de mon soutien dans cette épreuve (…) que je sais douloureuse. »
Une zone réglementée instaurée dès mercredi soir
Dès la confirmation du cas, Jean Salomon a signé un arrêté déterminant une zone réglementée autour du foyer. « Il a été publié hier soir au recueil des actes administratifs et immédiatement partagé avec mes collègues des départements voisins », a-t-il précisé.
Le préfet appelle fermement au respect des mesures : « Nous devons collectivement tout mettre en œuvre pour enrayer sa propagation ; je dis bien tout mettre en œuvre. »
Il rappelle que la précédente interdiction de mouvements d’animaux avait été bien respectée et attend la même rigueur.
Trois piliers pour lutter contre la maladie
Le représentant de l’État a détaillé la stratégie sanitaire mise en place, reposant sur trois fondements : la réglementation stricte des mouvements ; l’abattage de l’ensemble des bovins du foyer, correspondant à l’unité épidémiologique ; la vaccination, réalisée en une injection sous-cutanée.
L’abattage total constitue aujourd’hui la règle au niveau européen. Toutefois, lorsque l’élevage comprend plusieurs lots isolés, la gestion se fait « par lot d’animaux » avec maintien d’une surveillance renforcée sur les lots non touchés. « C’est ce que nous mettrons en œuvre à Luby-Betmont », a indiqué le préfet.
Il a également insisté sur l’importance des mesures de biosécurité, qui concernent autant les mouvements d’animaux que ceux des personnels en proximité de l’exploitation : « C’est le moyen le plus sûr de limiter une propagation de la maladie. »
Une préparation anticipée avec les acteurs agricoles
Jean Salomon a rappelé qu’il réunit très régulièrement depuis 2023 les représentants de la profession agricole, notamment la Chambre d’agriculture, les syndicats et les vétérinaires. « Nous avons régulièrement échangé sur les mesures que nous devrions mettre en œuvre pour réagir à un cas de DNC dans le département. »
Ces travaux communs ont permis d’anticiper les outils d’accompagnement des éleveurs, notamment en lien avec la MSA, et de préparer la gestion de crises comme celle-ci. « Nous sommes prêts à accompagner les éleveurs touchés. »
Le préfet a assuré que l’indemnisation serait traitée rapidement : « Dans les jours qui suivent le passage de l’expert avant l’abattage », grâce à la mobilisation de la DDT et de la DDFiP. « Dans une période de détresse pour les éleveurs, cela est primordial. » La MSA est également mobilisée.
Il a enfin indiqué avoir reçu la confirmation, mercredi soir, de la mise à disposition des vaccins pour l’ensemble du département par le ministère de l’Agriculture.
Appel au calme : « Les blocages font courir un risque supplémentaire »
Le préfet a fermement mis en garde contre les tentatives de blocage ou les regroupements à proximité des exploitations concernées. « Ils font courir à tous les éleveurs un risque de propagation supplémentaire de la maladie et ne contribuent objectivement pas au règlement d’un événement déjà traumatisant pour l’éleveur touché. »
Il déplore également « l’exposition médiatique » et les réactions « sans discernement » parfois observées sur les réseaux sociaux.
Le message se veut clair : « Le respect des zones réglementées est impératif pour limiter la propagation de la maladie : il ne peut faire l’objet d’un quelconque arrangement. »
Cet engagement collectif constitue aussi « la première manifestation du respect que nous devons à l’éleveur touché », a-t-il ajouté.
En conclusion, Jean Salomon a indiqué compter sur les médias locaux pour diffuser les mesures de restriction et insister sur l’importance de leur respect : « Je sais pouvoir compter également sur la presse locale pour nous aider à relayer les mesures de restriction. »
Le préfet a assuré que l’ensemble des services de l’État restent mobilisés pour accompagner les éleveurs et limiter au maximum la propagation de la DNC dans les Hautes-Pyrénées.
À l’issue de sa déclaration, le préfet des Hautes-Pyrénées, Jean Salomon, a répondu aux questions des journalistes concernant les modalités d’abattage, la vaccination, les restrictions de mouvements et les conséquences pour les événements agricoles.
Abattage : « Pas de dérogation possible »
Interrogé sur l’obligation d’abattage de l’ensemble du lot où un cas est détecté, le préfet a rappelé que cette règle relève d’une « réglementation nationale, même européenne » :
« Il n’y a pas de dérogation possible. À partir du moment où il y a un animal positif dans une unité, on abat l’unité. »
Dans le cas de Luby-Betmont, l’éleveur avait réparti son troupeau en trois lots distincts. « L’opération d’abattage ne concernera donc que le lot où l’animal malade a été détecté. C’est pour cela que nous sommes à 20 animaux. C’est déjà beaucoup, mais c’est moins que ce qu’on a pu entendre, puisque les lots étaient distants. »
Délais et déroulement de l’abattage
Le préfet a précisé qu’un seul délai s’impose : le passage préalable d’un expert. « C’est ce qui permet de déterminer le montant de l’indemnisation et de l’engager dans les plus brefs délais, c’est-à-dire quelques jours après l’abattage. »
Après cette expertise, l’abattage sera organisé. « Cela se fait par injection, puis par le transport des animaux vers un équarrisseur. »
Vaccination : des doses confirmées mais pas encore datées
Concernant la vaccination, le préfet a indiqué avoir reçu la confirmation que le département obtiendra toutes les doses nécessaires :
« Cela m’a été confirmé hier soir par le directeur de cabinet de la ministre de l’Agriculture. »
En revanche, il ne connaît pas encore la date exacte de livraison :
« Je ne sais pas quand je vais les recevoir, c’est lié aux délais de transport. Ensuite, il faudra organiser la mise en œuvre avec les services vétérinaires et l’ensemble du monde agricole. »
Quant au nombre de doses, il a indiqué ne pas disposer du chiffre précis mais a rappelé que « tous les bovins du département seront vaccinés », l’ensemble du territoire étant inclus dans la zone réglementée. L’État prendra « entièrement » en charge cette opération.
Vaccination obligatoire dans tout le département
Le préfet souligne que la réglementation prévoit que la vaccination contre la DNC est « soit interdite, soit obligatoire ».
« Dans la zone réglementaire, elle est obligatoire, et tout le département est concerné. »
Conséquences pour les marchés et foires agricoles
Interrogé sur le marché aux bestiaux de Rabastens-de-Bigorre, les services de l’État ont rappelé que « l’interdiction des mouvements d’animaux s’applique dans toute la zone réglementée ».
« Il n’y aura pas d’animaux au marché de Rabastens. »
Pour la foire agricole de Tarbes, plus éloignée dans le temps, aucune projection précise n’est encore possible : « Nous n’en sommes pas encore là », a reconnu le préfet.
Une zone réglementée dépassant le département
La zone déterminée n’est pas limitée aux frontières départementales :
« Le cercle englobe l’ensemble du département des Hautes-Pyrénées, mais également certaines communes du Gers et quelques communes des Pyrénées-Atlantiques. Les préfets concernés ont pris leur propre arrêté en s’appuyant sur le mien. »
Combien de temps dureront les restrictions ?
Le préfet a détaillé le découpage réglementaire :
- Zone de protection : 20 km autour du foyer,
→ mesures les plus strictes, sur 28 jours après les opérations de nettoyage et désinfection. - Zone de surveillance : jusqu’à 50 km,
→ 45 jours supplémentaires après le passage en zone de surveillance.
Il s’agit de durées variables dépendant de l’apparition éventuelle de nouveaux foyers : « Pour les crises sanitaires, on commence à compter à partir du moment où on n’a plus de signe de la maladie. »
« Ne pas prolonger la crise » : appel au respect absolu des règles
Le préfet a insisté une nouvelle fois sur l’importance du respect strict des mesures :
« Dans le meilleur des mondes, je ne souhaiterais n’avoir qu’un seul foyer, ce qui ferait courir la date à partir d’aujourd’hui. » Il met en garde contre toute présence ou piétinement autour des exploitations concernées : « On devient soi-même un vecteur potentiel de transport. C’est vraiment essentiel de respecter les règles. »

« Je tiens tout d’abord à vous remercier d’avoir répondu à mon invitation pour faire un point sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans le département des Hautes-Pyrénées avec à mes côtés le président de la chambre d’agriculture, le directeur de la DDT et la directrice adjointe de la direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations et qui, à ce titre, intervient sur l’ensemble du périmètre de la santé animale. Un foyer de DNC a été confirmé le mercredi 10 décembre en début d’après-midi sur la commune de LUBY-BETMONT dans Un élevage qui comprend plusieurs lots distants. La vache touchée fait partie d’un lot de 20 animaux (11 vaches, 1 taureau et 8 veaux).
Face à cette confirmation qui touche à la fois l’outil de travail d’un éleveur et toute la profession agricole, j’ai d’abord souhaité que les services de l’État, accompagnés de la vétérinaire de l’élevage, du président de la Chambre d’agriculture, du président de la MSA et du directeur du groupement de défenses sanitaire, aille rencontrer l’éleveur concerné afin de lui notifier l’arrêté préfectoral de déclaration d’infection tout en lui expliquant les mesures sanitaires qui allaient être mises en œuvre.
Lui et toute sa famille ont fait preuve d’une attitude responsable, comme le font souvent les agriculteurs, je tiens à le souligner et à lui faire part de mon soutien dans cette épreuve, car c’en est une que je sais douloureuse – tant nous y avons été confrontés ces dernières années – et je respecte profondément leur peine. Dès la confirmation du cas de DNC et afin de limiter la propagation de la maladie, j’ai signé hier soir – mercredi 10 décembre – un arrêté déterminant une zone réglementée suite à un foyer de dermatose nodulaire contagieuse bovine.
Il a été publié hier soir au recueil des actes administratifs et immédiatement partagé avec mes collègues des départements voisins, concernés par le périmètre de la zone réglementée.
Je vous rappelle que la DNC est une maladie grave pour les bovins, très contagieuse et que nous devons collectivement tout mettre en œuvre pour enrayer sa propagation; je dis bien tout mettre en œuvre.
J’en appelle donc à la responsabilité collective pour respecter les mesures prises par les pouvoirs publics, comme nous avons su le faire lors de la précédente interdiction des moUvements d’animaux qui avait été respectée.
Pour lutter contre la propagation de la DNC et son éradication; il faut déployer une stratégie qui repose sur trois piliers :
– la réglementation des mouvements,
– l’abattage de l’ensemble des bovins du foyer, c’est-à-dire, lorsqu’il y a au moins un animal malade (unité épidémiologique),
– la vaccination (Une seule injection sous-cutanée).
Aujourd’hui, la politique sanitaire européenne vise donc un abattage total des bovins des foyers. Lorsque l’élevage comprend plusieurs lots d’animaux, isolés les uns des autres, nous traiterons par lot d’animaux en maintenant des mesures strictes de surveillance sur les autres lots. C’est ce que nous mettrons en œuvre à LUBY-BETMONT.
Dans le département des Hautes-Pyrénées l’attitude de tous les éleveurs est une attitude responsable et il est impératif de veiller au strict respect mesures sanitaires et de biosécurité. Ces mesures concernent les mouvements d’animaux mais également les mouvements de personnel en proximité de l’exploitation touchée. C’est le moyen le plus sûr de limiter une propagation de la maladie et d’éviter des dégâts plus importants.
Depuis 2023, je réunis très régulièrement les représentants du monde agricole, au premier chef le président de la Chambre d’agriculture qui est le légitime représentant de l’ensemble de la profession agricole, accompagné des représentants élus à la chambre des syndicats agricoles et de vétérinaires.
Nous avons régulièrement échangé sur les mesures que nous devrions mettre en œuvre pour réagir à un cas de DNC dans le département.
Ces échanges constructifs nous ont permis d’anticiper les outils d’accompagnement des éleveurs, notamment avec la MSA, et nous préparer collectivement à faire face à ce type de crise.
C’est dans ce cadre que nous sommes prêts à accompagner les éleveurs touchés.
Je veillerai personnellement à ce que l’accompagnement indemnitaire soit rapide – dans les jours qui suivent le passage de l’expert avant la mise en œuvre des opérations d’abattage -, en mobilisant les services de la DDT et de la DDFiP. Dans une période de détresse pour les éleveurs, cela est primordial. La MSA est également à leurs côtés. J’ai reçu hier soir la confirmation par le directeur de cabinet de la ministre de l’agriculture de la mise à disposition des vaccins pour l’ensemble du département. Les tentatives de blocage ou les regroupements observés en proximité des exploitations font courir à tous les éleveurs un risque de propagation supplémentaire de la maladie et ne contribuent objectivement pas au règlement d’un événement déjà traumatisant pour l’éleveur touche, sans compter l’exposition médiatique et les réactions exprimées sans discernement sur les réseaux sociaux. Je le redis, le respect des zones réglementées est impératif pour limiter la propagation de la maladie: il ne peut faire l’objet d’un quelconque arrangement. Ce respect absolu permet également de contribuer à l’éradication de la DNC et donc à limiter son extension à d’autres élevages.
Cet engagement collectif est également la première manifestation du respect que nous devons à l’éleveur touché. Je sais pouvoir compter également sur la presse locale pour nous aider à relayer les mesures de restriction et insister sur l’importance de leur respect. »