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Cambriolages en série, course-poursuite spectaculaire avec les forces de l’ordre : quatre voleurs condamnés lors d’un procès sous haute tension
Quatre hommes issus de la communauté des gens du voyage ont été lourdement condamnés par le tribunal de Tarbes, le 5 juin. Entre les mois de décembre 2024 et février 2025, l’un d’entre eux a reconnu son implication dans 24 cambriolages, commis avec l’aide de différents complices. Le même a semé la terreur dans l’agglomération tarbaise lors d’une dangereuse course-poursuite avec la gendarmerie. Un procès sous haute tension.
La tension était palpable le 5 juin au tribunal de Tarbes. Quatre hommes issus de la communauté des gens du voyage ont comparu pour une série de 29 cambriolages, commis entre décembre 2024 et février 2025 dans les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques.
« Tout a commencé mi-décembre à Nousty (64) », a relaté la juge. « Deux individus cagoulés et gantés sont arrivés à l’Intermarché à bord d’une Citroën C3 blanche. Les individus ont fracturé la porte de la cabine de la pompe à essence, et se sont emparés de la caissette du monnayeur. » Un dispositif automatique qui permet aux clients de payer le carburant en argent liquide 24h/24. Montant du butin : 480 euros.
Mais l’équipée ne s’arrête pas là. Direction Juillan, dans les Hautes-Pyrénées, recommencer dans une station de la même enseigne. « La même voiture et les mêmes individus ont été filmés par les caméras de surveillance. Cette fois, la caissette était vide. » Un mode opératoire que les malfaiteurs déclinent au Super U de Maubourguet. Puis, à l’Intermarché de Pouzac et celui de Capvern où 2 000 euros sont dérobés. Si la même Citroën C3 est encore filmée, les plaques d’immatriculation ont été changées. Des plaques signalées volées par une habitante de Barbazan-Debat.
Une fuite dangereuse
La nuit suivante, la voiture est repérée en circulation par les gendarmes. Mais le conducteur refuse de s’arrêter. Poursuivi, il s’engouffre dans une aire d’accueil des gens du voyage à Ibos. Les forces de l’ordre reviennent et saisissent le véhicule. Il appartient à la compagne d’un jeune homme de 20 ans, Gino S.. Si ce dernier nie s’en être servi la veille, les enquêteurs ont acquis la conviction qu’il pourrait est impliqué dans les vols des stations essence.
« Les semaines suivantes, de nombreux cambriolages ont été signalés chez des particuliers », a poursuivi la juge. Barbazan-Debat, Calavanté, Goudon, Laméac… Les préjudices sont importants, et les traumatismes immenses. À chaque fois, les mêmes empreintes de chaussures sont découvertes, et une Clio grise revient dans plusieurs témoignages. Un véhicule qui finira par semer la terreur dans l’agglomération tarbaise le 19 février.
Ce jour-là, la gendarmerie est alertée de plusieurs cambriolages entre Tournay et Pouyastruc. Décision est prise par la compagnie de gendarmerie de Tarbes d’envoyer plusieurs patrouilles dans le secteur. Repérée, la Clio accélère et une folle course-poursuite s’engage. Motards et hélicoptère sont déployés, jusqu’à ce que le véhicule soit retrouvé en feu sous le pont de l’autoroute A64. Si les deux occupants se sont évanouis dans la nature, ils ont néanmoins commis une imprudence : une halte filmée chez Total à Tournay pour faire le plein de carburant. Sur les images, Gino S. et son cousin sont formellement identifiés.
« Il était prêt à tout pour échapper aux gendarmes, même à tuer », a regretté le procureur, qui a rappelé qu’un piéton a bien failli être renversé. L’acte de trop pour le groupement de gendarmerie, qui a décidé d’employer les grands moyens pour mettre fin aux agissements de l’équipe. Un groupe d’enquête, constitué des membres des Brigades de Recherches (BR) de Tarbes et Bagnères-de-Bigorre, a travaillé exclusivement sur le cas Gino S.. Et en trois semaines, plus de 29 faits ont pu être reliés à lui, et ses complices ont été identifiés.
« Je ne suis pas une balance »
« Je ne l’ai pas fait par plaisir, mais pour ma famille », a déclaré Gino S. au tribunal, décidé à assumer ses actes. Même ceux qu’il n’a pas avoués aux gendarmes. Mais lorsqu’il a reconnu avoir volé et brûlé une 205 pour commettre le cambriolage d’une bijouterie à Vic-en-Bigorre, l’un de ses complices a vu rouge. Une bagarre a alors éclaté entre les 4 prévenus dans le box, provoquant l’agitation dans la salle d’audience.
« Je ne suis pas une balance », s’est insurgé Gino S. en larmes. À la demande de son avocat, parce que la « loi » gitane ne tolère pas les « poucaves », la juge a accepté de s’adresser aux soutiens des prévenus pour clarifier les choses, et calmer les esprits échauffés : « Dans ce dossier, personne n’a dénoncé personne. »
En revanche, le tribunal a lourdement sanctionné les cambrioleurs. Conformément aux réquisitions du ministère public, Gino. S a été condamné à 4 ans d’emprisonnement. Ses complices, à des peines allant de 10 mois à 1 an de prison ferme.