Actualités Hautes-Pyrénées
« Le droit européen n’impose pas l’abattage systématique des troupeaux »
La Coordination Rurale des Hautes-Pyrénées a adressé une lettre au préfet du département pour exprimer son opposition à la politique d’abattage systématique des bovins touchés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). L’association demande une révision immédiate de la doctrine sanitaire française, en accord avec le droit européen et les pratiques internationales.
Dans sa lettre datée de début janvier 2026, la Coordination Rurale 65, représentée par son président Sylvain Arberet, souligne son opposition ferme à la stratégie actuelle de gestion de la DNC, maladie virale bovine non transmissible à l’homme et à faible mortalité (entre 1 et 5 %).
L’organisation demande que sa position soit transmise directement au Président de la République, au Premier ministre et aux services de Matignon. Selon elle, la poursuite de l’abattage systématique constitue un choix national et non une obligation imposée par le droit européen.
Le droit européen autorise des alternatives
La Coordination Rurale rappelle que les articles 12 et 13 du règlement sanitaire européen prévoient la possibilité de dérogations à l’abattage systématique, notamment pour les animaux détenus à des fins scientifiques ou de conservation, les races rares ou les animaux présentant une valeur génétique, culturelle ou éducative.
Selon l’association, le cadre européen impose seulement une évaluation du risque sanitaire, des mesures de biosécurité et une surveillance renforcée, sans obligation de destruction automatique des troupeaux.
Les pratiques internationales comme exemples
L’association cite l’exemple du Japon, confronté à une épidémie de DNC en 2024. Les autorités japonaises ont réussi à contenir la maladie grâce à des mesures ciblées : restrictions de mouvements, renforcement de la biosécurité, vaccination d’urgence et abattage limité aux animaux cliniquement atteints.
De leur côté, la Fédération des Vétérinaires d’Europe (FVE) et l’Académie Vétérinaire de France recommandent désormais des stratégies fondées sur la prévention, la surveillance et la vaccination plutôt que sur la destruction systématique des troupeaux.
Conséquences humaines et économiques
Selon la Coordination Rurale, la doctrine actuelle provoque un traumatisme profond chez les éleveurs : perte d’animaux sélectionnés sur plusieurs générations, interventions coercitives de l’État et absence de prise en compte du vécu humain. L’association souligne la détresse psychologique et le sentiment d’injustice qui fragilisent le tissu agricole local.
La lettre insiste sur la nécessité de replacer les éleveurs, leur santé mentale et la pérennité de leurs exploitations au cœur des décisions publiques.
Demandes de révision immédiate de la doctrine sanitaire
La Coordination Rurale demande :
– la transmission à Matignon de son refus de la poursuite des abattages systématiques,
– la révision immédiate de la stratégie sanitaire vers une gestion proportionnée et individualisée, conforme au droit européen,
– la mise en place de mesures alternatives documentées : isolement des animaux malades, soins de soutien, lutte contre les vecteurs, vaccination ciblée et surveillance renforcée.
L’association insiste sur le fait que la DNC est généralement favorablement évolutive et que l’abattage massif ne garantit pas de bénéfices sanitaires supplémentaires.
Une position ferme et définitive
La Coordination Rurale conclut sa lettre comme une « position de non-retour » et avertit que la poursuite de la stratégie actuelle aggravera la détresse humaine, la défiance envers les institutions et la destruction inutile des cheptels français.
Le courrier est accompagné de plusieurs pièces justificatives : articles du règlement sanitaire européen, positions de la FVE et de l’Académie Vétérinaire de France, ainsi que des références à l’épidémie japonaise de 2024 et aux propositions de scientifiques et vétérinaires français.


