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Rats, mauvaises odeurs et salissures : des habitants de Tarbes excédés de cohabiter avec les déchets déversés par les agriculteurs
La contestation des agriculteurs à Tarbes entraîne une accumulation de déchets dans la rue Amiral-Courbet. Les habitants, confrontés à des nuisances olfactives et sanitaires, s’impatientent. Quand les autorités interviendront-elles pour nettoyer ?
Depuis maintenant quatre semaines, les habitants de la rue Amiral-Courbet, à Tarbes, cohabitent avec des tonnes de déchets entassés devant les portails de la cité administrative. Des bennes de fumier, saupoudrées de dizaines de pneumatiques, y ont été déversées dans le cadre du mouvement de contestation des agriculteurs. Une situation devenue insupportable pour les riverains.
« Personne ne nettoie, et on vit au milieu des odeurs nauséabondes », s’agace Jean-Pierre Cadas, habitant de la rue depuis toujours. « Ça fait 76 ans que je vis ici, je suis né ici, et je n’ai jamais vu ça. » S’il soutient le mouvement de contestation des agriculteurs, ce Tarbais ne cautionne pas la méthode employée. « Je comprends leur colère, mais pas qu’on laisse des déchets comme ça, en plein milieu d’un quartier habité. »
Les pneus, en particulier, interrogent le riverain. « Quand je vois que nous sommes obligés, nous particuliers, de faire recycler nos pneus quand on va au garage, je me questionne sur le fait qu’ils en aient autant en stock. Et surtout, in fine, on sait qui va payer tout ce recyclage. » Au-delà des considérations financières, ce sont surtout les conséquences sanitaires et quotidiennes qui l’inquiètent.
Rats des villes

Depuis un mois, les habitants subissent les répercussions directes de cet amas d’ordures. « Quand il pleut, la boue qui ruisselle sur la route gicle sur nos façades et nos portes quand les voitures passent. On est tout le temps en train de nettoyer. »Jean-Pierre Cadas dit avoir multiplié les démarches. « J’ai appelé la mairie, qui est venue rincer et balayer une fois, mais plus rien depuis. J’ai aussi contacté la préfecture et le conseil départemental. On me répond que ça va être enlevé, mais quand ? »
Les nuisances ne s’arrêtent pas là. Selon le riverain, les odeurs deviennent de plus en plus difficiles à supporter et des rats auraient élu domicile au beau milieu de cette déchetterie sauvage. « J’en ai tué trois dans la rue la semaine dernière. Ils prolifèrent dans nos jardins. Ça ne peut plus continuer comme ça. »
Aujourd’hui, l’homme espère qu’une solution rapide sera trouvée. « On ne peut même plus ouvrir les fenêtres de notre chambre qui donne sur la rue. On veut juste retrouver des conditions de vie normales. » Un ras-le-bol partagé par plusieurs habitants du quartier, qui attendent désormais une intervention durable des autorités.