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» Je dois remplir jusqu’à 600 pages pour un visa d’artiste » : le parcours du combattant d’Ines, réalisatrice à New-York, qui vient de filmer son premier court-métrage
Après une scolarité au lycée d’Argelès-Gazost, Inès Brin a entamé une carrière de comédienne et de réalisatrice à New-York. Son premier court-métrage a été retenu par le Nikon film festival. Problème : la comédienne n’est pas sûre de pouvoir rester aux États-Unis, son visa est en sursis…
Elle rêve d’une carrière dans le cinéma et se heurte à la barrière du visa. Inès Brin est une femme de talents et d’ambition. Née à Tours, elle a passé son enfance à La Rochelle avant de se retrouver lycéenne à Argelès-Gazost, dans les Hautes-Pyrénées. » Je n’avais que 16 ans mais je savais déjà depuis un moment que je voulais devenir comédienne « , se souvient-elle. Biberonnée aux classiques par son père (Elephant Man, Sissi l’impératrice, les Raisins de la colère…), elle est déçue de ne pas trouver d’option théâtre ou cinéma dans son lycée. Pas grave, avec une option littérature en poche, elle s’échappe parfois de l’internat pour une bonne raison : celle d’aller se faire une toile au cinéma de Tarbes et de Lourdes. » Les paysages de montagne m’inspirent énormément, moi qui ai toujours été créative « , raconte-t-elle.
Après son bac, elle intègre une école d’arts du spectacle à Poitiers puis s’envole pour la grande vie comme elle en rêve, aux États-Unis. Elle en bave d’abord un peu. » À New-York, je suis jeune fille au pair depuis un an et demi. Je suis arrivée avec un visa d’échange que j’ai déjà eu du mal à renouveler l’année dernière. Depuis que Trump est revenu au pouvoir, des rendez-vous pour l’obtention du document ont été annulés « , explique-t-elle.
Dans le très chic quartier de l’Upper east side, les journées sont bien remplies. » Je suis des cours d’acting dans une école près de Time Square, au William Esper studio. À côté, je suis engagée dans beaucoup de projets avec les élèves d’une école de cinéma de New-York. Pour eux, je fais de la figuration et des rôles principaux pour leurs productions « , détaille-t-elle. En un an et demi, elle est intervenue sur une vingtaine de réalisations. Et puis, en novembre dernier, la jeune comédienne a décidé de franchir un cap supplémentaire en passant de l’autre côté de la caméra. C’est elle qui a fait passer les castings pour son premier court-métrage. » Je vise le visa d’artiste. Et je veux mettre toutes les chances de mon côté. Ce premier court-métrage a été une super expérience professionnelle pour un scénario écrit dans ma chambre ! » Pendant un week-end, Inès Brin a dirigé une équipe d’une vingtaine de personnes : un assistant caméra, un maquilleur, des figurants, un technicien en charge de la lumière, un ingénieur son et même un musicien.
400 à 600 pages à remplir pour son visa d’artiste
Le résultat est à la hauteur de ses espérances. Mieux, son court-métrage a été retenu par le Nikon film festival. » Cette année, le thème retenu était la beauté. J’ai choisi de filmer une comédienne qui passe un casting et se fait recaler car elle ne sait pas quoi répondre quand le directeur du casting lui demande ce que représente la beauté. En rentrant chez elle, elle trouve la réponse dans ses lectures, dans le métro et dans les vitrines. Elle revient alors livrer sa réponse au directeur et obtient le rôle « , explique la réalisatrice. Morale de l’histoire : la beauté appartient à chacun et l’audace porte toujours ses fruits. Le jury du Nikon festival est séduit. Le court-métrage de 2’ 20 ” intitulé » La candidate » doit maintenant passer les sélections de ce concours.
Une nouvelle qui réchauffe le moral de la jeune française. Car à New-York, elle redoute de voir ses rêves de cinéma contrariés par l’administration Trump qui a durci les conditions d’obtention du visa. » Je n’ai plus le droit au visage d’échange car j’aurais atteint les deux ans au printemps. Je demande donc un visa d’artiste mais c’est à la fois exigeant et coûteux. Je dois produire un dossier de 400 à 600 pages, payer 1 500 $ d’inscriptions, 5 000 $ de frais de dossier et peut-être entre 8 000 et 10 000 $ d’avocat, soit en tout, 16 500 $ « , précise Inès Brin. Un parcours du combattant. Si son visa n’est pas accepté, la jeune comédienne envisage déjà de se consoler à Paris ou à Londres. Parce qu’il n’y a pas que les USA pour qui rêve de cinéma…