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 » Ils doivent cumuler 600 heures de cours  » : les bénévoles déplorent un niveau de français de plus en plus exigeant pour les étrangers


l’essentiel
Christine et Robert Claude, tous deux retraités et bénévoles depuis 8 ans au sein du Secours catholique animent les cours de “Français langue étrangère” pour les réfugiés, alors que le niveau demandé est de plus en plus difficile pour obtenir la nationalité.

Ce mardi 13 janvier, au Secours Catholique de Tarbes, Christine, bénévole, a donné cours à quatre migrants, de tout âge, de toute nationalité. Parmi ces derniers, on retrouve Nadia, originaire du Maroc. En France depuis 6 ans, elle fait partie des plus fidèles élèves des cours de Christine. Elle raconte : « J’espère avoir prochainement les papiers pour pouvoir rester en France avec mon mari ». De son côté, Nathia se rend aussi régulièrement aux séances. Cette Géorgienne de 44 ans réside en France depuis 7 ans. « Cela fait 1 an et demi que je suis les cours de français au Secours catholique, j’espère avoir bientôt le niveau B2 ». En attendant, cette apprenante motivée s’entraîne en lisant Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry.

Au programme : des exercices de conjugaison pour apprendre à utiliser certains verbes de la vie courante. Un travail pédagogique intense, comme nous le témoigne Christine : « Certains élèves viennent de débuter les cours, ils ne sont pas en France depuis longtemps et ont plus de mal que d’autres. Cela nécessite parfois d’adapter les exercices. »

Christine utilise surtout des méthodes orales, et tente de présenter ses exercices de la manière la plus dynamique et agréable possible. « On fait comme des sketchs, c’est plus facile d’apprendre lorsque c’est ludique ». Lorsque la parole ne suffit pas à se faire comprendre, elle projette des images, utilise des objets, mime des actions… Une démarche qui nécessite de rester motivé et optimiste, comme nous le rappelle la bénévole : « C’est facile de se décourager, quand on ne voit pas forcément de résultat ou lorsque certains ne viennent plus en cours ». En 2025, plus de cent étrangers se sont inscrits pour suivre les cours de français, moins de la moitié vient finalement sur place durant l’année.

Au-delà de l’aspect pratique de la langue pour se débrouiller dans la vie quotidienne, la maîtrise du français est essentielle et exigée par l’État pour pouvoir résider dans le pays. Depuis le 1er janvier 2026, le gouvernement est devenu plus exigeant à ce propos : pour tout migrant ayant besoin de la carte de résident, valable 10 ans, un niveau intermédiaire est demandé, tandis que pour bénéficier de la nationalité française, le niveau B2 minimum est requis. Avant cette date, un niveau B1 était suffisant pour une demande de naturalisation.

Christine explique : « Pour être certifiés d’un niveau intermédiaire, ils doivent cumuler 600 heures de cours ». Des critères qu’elle estime exigeants et trop élevés, au vu du manque de bénévoles et des moyens limités des apprenants. La volontaire explique conseiller plusieurs chaînes d’apprentissage en ligne, notamment sur YouTube, pour que ses élèves restent réguliers dans leur apprentissage même depuis chez eux. Seulement Christine témoigne de plusieurs inégalités : « Ils n’ont pas tous accès à Internet, et on a de grosses différences chez les apprenants. Certains ne savent pas écrire tandis que d’autres ont déjà des études en poche. »

Ils donnent de leur personne sans compter

Chaque bénévole du Secours catholique, à Tarbes, gère un groupe d’une dizaine de réfugiés et se rassemble deux fois par semaine pour une séance d’une heure et demie. Parmi eux, Robert Claude témoigne : « Ce sont en majorité des demandeurs d’asile dans la précarité, qui ont besoin de soutien ».

Au sein de l’association, Robert Claude et Joël Fau sont les deux référents du groupe. Ils sont chargés d’animer l’ensemble de l’équipe, tout en restant en lien avec les services sociaux qui, quant à eux, s’occupent de l’accueil, de l’information et de l’accompagnement des étrangers. Robert explique : « Nos apprenants sont orientés par les assistants sociaux, qui ont l’habitude de recevoir plusieurs réfugiés venus de la capitale. Ils sont par la suite redirigés vers les provinces, des villes où il leur est possible d’être accueillis ».

La difficulté est maintenant de trouver suffisamment de volontaires pour animer les cours de langue. « On manque de bénévoles réguliers », confie Christine. Elle ajoute : « Il existe une plateforme dédiée au bénévolat « jeveuxaider.gouv.fr » mais souvent, les personnes qui s’inscrivent ne sont pas suffisamment disponibles. » Plus qu’une simple activité, donner des cours de français requiert un certain niveau et surtout du temps, car comme le rappelle Christine, c’est un engagement. « Les jeunes retraités, ce sont finalement les bénévoles idéals » plaisante-t-elle.



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