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VIDÉO. » Je me sens déjà moins démuni » : comment les pompiers apprennent à faire face aux agressions
Les pompiers des Hautes-Pyrénées suivent désormais des stages de sensibilisation aux agressions à l’arme blanche. Des techniques de défense bien utiles : en 2025, près de 10 plaintes ont été déposées par les secouristes pour des agressions verbales ou physiques.
» Je suis un agresseur et je mets un coup de couteau, qu’est-ce qui se passe ? » interroge l’adjudant-chef Stéphane Millet et par ailleurs formateur, couteau en plastique dans la main. La scène n’est pas banale chez les pompiers des Hautes-Pyrénées, et la question pas vraiment aisée. Ce lundi 12 janvier, 8 pompiers du département ont été sensibilisés aux agressions à l’arme blanche, au SDIS de Tarbes.
Pendant une journée entière, les participants sont passés de la théorie à la pratique avec un objectif : être capable de faire face à un agresseur armé. » Les sapeurs-pompiers sont très souvent pris à partie, verbalement ou physiquement. Nos équipes sont exposées et nous tenons à les protéger. Les agressions ne sont pas forcément plus nombreuses, mais elles sont plus violentes « , commence par expliquer le commandant Florian Parent, en charge du développement des compétences au SDIS. En 2025, près de dix plaintes ont été déposées par les équipes, essesntiellement pour des insultes, mais aussi des morsures, des coups et même des crachats.
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Dans la peau de l’agresseur, le formateur reprend, en brandissant son faux couteau : » Instinctivement, un attaquant qui a raté son coup se réarme. Il faut alors bloquer l’action mécanique du bras, par-dessus « . La preuve par l’exemple : en face, le participant immobilisé par l’épaule est maîtrisé. » Ainsi, je coupe la possibilité biomécanique de repartir en arrière et de lui laisser l’angle de charger « , précise encore l’instructeur. Les pompiers sont invités à se répartir en duo, chacun à 1,50m de l’autre, pour s’entraîner.
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Parmi eux, François a bien retenu la leçon : » On vise l’épaule, pas l’arme « . Greg, lui, a déjà essuyé des insultes, des menaces et des crachats quand il était pompier à Paris. Un de ses collègues est décédé en intervention, agressé par une victime schizophrène. » Je n’ai jamais reçu cette approche au cours de ma carrière. C’est instructif. C’est une piqûre de rappel, aussi : chaque intervention est différente, il ne faut pas rentrer dans la routine et garder un oeil critique, rester vigilant même quand la situation est des plus banales car cela peut dégénérer en une seconde « . Lui confie se sentir déjà » plus armé » : » Être capable de restituer sur le terrain, c’est autre chose, mais je me sens déjà moins démuni « .
30 pompiers formés
» Avant toute chose, on leur apprend à identifier la situation, s’y soustraire ou, quand on n’a plus le choix, se défendre. L’idée n’est pas de former des combattants mais ils doivent avoir des éléments pour faire face à une situation de crise « , indique le formateur Stéphane Millet. Voilà plus d’un an que Florian Parent travaille sur cette formation devenue tristement nécessaire. » L’idée n’est pas de donner des cours de self-défense, le rôle des pompiers n’est pas d’aller au contact « , insiste-t-il. 10 pompiers ont déjà suivi une première session organisée en décembre dernier. Avec une nouvelle séance dans une semaine, au total, 30 pompiers auront été formés. » Au départ, on visait surtout les sergents car ils sont le premier niveau de commandement sur le terrain pour encadrer les équipes. Mais la demande est venue de tout le personnel, on a donc élargi le panel « , précise-t-il encore. Ce lundi, caporaux, sergents et lieutenants-chefs étaient mélangés avec un seul but commun.
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En parallèle, une formation est aussi envisagée pour les personnels médicaux comme les infirmiers, pour les officiers de commandement, les techniciens radios… C’est-à-dire les agents qui peuvent potentiellement se retrouver seuls sur le terrain.