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» Certains clients étrangers donnent davantage » : les pourboires au restaurant, une habitude qui se perd
Dans l’attente d’un nouveau budget, le gouvernement a récemment décidé de prolonger la défiscalisation des pourboires. Même si le geste se perd, le pourboire reste un complément non négligeable pour les serveurs. Tour d’horizon à Tarbes.
Ils se font de plus en plus rares et sont toujours aussi précieux. Les pourboires sont en perte de vitesse dans les restaurants, comme au Monocle, repris depuis le 3 décembre 2025 par le chef Matthew Bayliss. En salle, les pourboires sont considérés comme un remerciement. Deux serveurs expliquent : « C’est comme un cadeau, ça ne devrait pas être taxé sachant qu’on l’est déjà sur tout le reste. C’est comme si l’État venait chez nous à Noël pour nous faire payer un impôt sur tous les cadeaux qu’on a reçus. Les pourboires, pour nous, sont un apport important ». Inscrite dans le projet de budget 2026, l’exonération fiscale des pourboires avait été remise en cause. Portée par le député LR Laurent Wauquiez, la disposition est finalement prolongée jusqu’en 2028.
Ce supplément permet en effet aux serveurs de l’établissement de gagner jusqu’à 200 euros par mois en plus de leur salaire. Un complément non négligeable dans un secteur où on ne compte pas ses heures…
Des dons qui se font plus rares
Les serveurs du Monocle expliquent néanmoins que le bénéfice des pourboires reste moindre ces dernières années : « On reçoit de moins en moins de pourboires, parce que les temps sont durs pour tout le monde. On en a quand même, après c’est aussi très culturel. Certains clients étrangers donnent davantage ». Selon eux, il s’agit d’un don qui relève avant tout d’une question d’habitude. « C’est une valeur qui se perd », nous témoigne le serveur.
Un avis partagé par Sandrine Guillamo, responsable du restaurant « Le Louvre », qu’elle tient ouvert de 8 h à 21 h. « Les gens donnent de moins en moins de pourboires puisqu’ils nous payent avec la carte bleue », Sandrine déclare qu’elle remarque que les clients n’ont plus d’argent liquide, même lorsque l’intention y est. « Parfois je vois qu’ils veulent donner quelque chose, ils cherchent des pièces puis ils se rendent compte qu’ils n’ont plus d’espèces ». Même sans verser de grosses sommes, c’est toujours un petit plus pour l’unique serveur du Louvre, qui cumule autour de 80 euros de pourboires à la fin du mois.
Victor, client du bar restaurant « Chez Marcel », au centre-ville de Tarbes, témoigne : « J’ai l’habitude de laisser des pourboires puisque je travaille moi-même dans la restauration depuis dix ans ». Le connaisseur explique que les dons des clients sont bien plus rares qu’à ses débuts dans le métier. « J’ai même travaillé ici, place de Verdun, à l’époque je prenais 15 à 20 euros minimum de pourboire pour la journée. On pouvait même monter jusqu’à 50 euros. » Une situation qui a bien évolué depuis, liée selon lui au développement croissant des restaurants, à l’amoindrissement de la clientèle et à une hausse généralisée du coût de la vie. Concernant la taxation des pourboires, Victor partage l’avis de nombreux restaurateurs : imposer une taxe mettrait à mal le secteur, qui perdrait en attractivité.