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Pyrénées – 2026, une année charnière pour le traitement des déchets
Réunis le 23 janvier 2026 à l’occasion de la cérémonie des vœux, les élus, partenaires et agents du Syndicat de traitement des déchets des Hautes-Pyrénées (SMTD65) ont dressé le bilan de l’année écoulée et esquissé les priorités à venir. Le président du syndicat, Philippe Baubay, a rappelé les enjeux techniques, financiers et territoriaux qui structurent l’action du SMTD65, dans un contexte de mutation profonde de la filière déchets.
En ouverture de son intervention, Philippe Baubay a adressé ses vœux aux élus, agents et partenaires du SMTD65, plaçant l’année 2026 sous le signe de la santé, de la prospérité et des réussites collectives. Le président est revenu sur une année marquée par « de nombreuses avancées », soulignant le rôle central de la gestion durable des déchets, une problématique qui concerne à la fois les citoyens, les collectivités et les acteurs économiques.
Avant d’entrer dans le détail des projets, Philippe Baubay a tenu à saluer l’engagement des agents du syndicat. Certains d’entre eux accompagnent le SMTD65 depuis plus de quinze ans, d’autres l’ont rejoint plus récemment, mais tous ont contribué, par leur professionnalisme et leurs compétences, au fonctionnement du syndicat sur l’ensemble de ses sites.
Le président a également exprimé un remerciement appuyé à Philippe Duclos, directeur du SMTD65, présenté comme le « maillon essentiel » entre les décisions politiques portées par les élus et leur mise en œuvre opérationnelle sur le terrain. Les collectivités adhérentes – le SMECTOM, la CCPVG et le SYMAT – ont aussi été citées pour leur collaboration étroite, notamment dans les actions visant à améliorer le tri, maîtriser les coûts de traitement, préserver les conditions de travail des agents et respecter l’environnement.
Le centre de tri de Masseube, projet structurant pour 2026
Parmi les dossiers majeurs évoqués figure celui du centre de tri interdépartemental des emballages ménagers. Le site historique de Capvern, en service depuis de nombreuses années, ne répond plus aux besoins actuels, tant en raison de procédés devenus vieillissants que de la hausse continue des tonnages à traiter.
Depuis 2008, le département a néanmoins connu une amélioration significative de son taux de recyclage, contribuant à la préservation des ressources naturelles et à la réduction de l’empreinte carbone. Dans cette continuité, l’année 2026 doit marquer une nouvelle étape avec la mise en service du centre de tri de Masseube, géré par la SPL Tri-O, qui regroupe le SYSTOM des Pyrénées, Trigone et le SMTD65.
Ce nouvel équipement permettra d’intégrer des technologies de tri plus performantes, d’améliorer les conditions de travail des agents et de réduire la part des refus de tri orientés vers la valorisation énergétique ou l’enfouissement. Lancés en juin 2024, les travaux doivent s’achever à la fin du premier trimestre 2026, pour une mise en service annoncée en mai.
Reclassement des agents et capacités de traitement
Philippe Baubay a également annoncé que les agents titulaires du SMTD65, ainsi que certains agents non titulaires de longue date, bénéficieront d’un reclassement au sein de la SPL Tri-O. Ils apporteront leurs compétences et leur savoir-faire au fonctionnement du nouveau centre de tri.
Conçu pour traiter jusqu’à 35 000 tonnes d’emballages par an, le centre de Masseube valorisera dès 2026 environ 10 000 tonnes issues du territoire du SMTD65, un volume qui pourra atteindre 13 500 tonnes en année pleine.
Dans l’attente de cet outil, les centres de valorisation de Capvern, appuyés par celui de Sévignacq-Thèze, exploité par le syndicat Valorbéarn, ont assuré en 2025 le tri de plus de 13 000 tonnes d’emballages. Cette activité a permis la valorisation de plus de 8 000 tonnes de matières secondaires, telles que le papier, le carton, les plastiques ou encore les métaux.
Déchets verts et biodéchets : une filière en développement
La valorisation des déchets verts collectés sur les 24 déchèteries des collectivités adhérentes constitue un autre volet important de l’activité du SMTD65. En 2025, 20 000 tonnes ont été valorisées, dont les trois quarts directement par les services du syndicat, sur les plateformes de compostage de Capvern et Lourdes, ainsi que sur les aires de broyage de Viela, Cauterets, Argelès-Gazost et Vic-en-Bigorre. Ces opérations s’inscrivent dans des collaborations avec plusieurs intercommunalités, dont la communauté de communes Adour Madiran, Saint-Lary et Pouyastruc.
Le président a par ailleurs remercié le partenaire Véolia Agriculture, qui a assuré la valorisation de 6 000 tonnes de biodéchets, dont 800 tonnes de déchets de cuisines et de tables collectés sur le périmètre du SYMAT.
Autres flux de déchets : bois, encombrants et métaux
En 2025, le SMTD65 a également assuré, par l’intermédiaire de ses prestataires, la valorisation de plusieurs autres flux. SUEZ est intervenu pour le bois, PSI et Véolia pour les encombrants, PSI et Béarn Bigorre TP pour les gravats et inertes, et Derichebourg pour les métaux et batteries. Au total, 3 000 tonnes de bois, 8 200 tonnes d’encombrants, 8 600 tonnes de gravats et inertes, ainsi que 1 000 tonnes de métaux et batteries ont été traitées.
Dix ans de valorisation hors département pour les ordures ménagères
Depuis une décennie, les ordures ménagères résiduelles des Hautes-Pyrénées sont valorisées hors du département, principalement dans les unités de valorisation énergétique de Toulouse, Bessières et Lescar, ainsi que sur l’installation de stockage de Liéoux, gérée par le SYSTOM des Pyrénées.
Les efforts conjoints de tri, de valorisation et de prévention ont permis de réduire de 22 % la production d’ordures ménagères résiduelles en dix ans. Toutefois, cette baisse des tonnages n’a pas suffi à contenir la hausse des coûts. Le traitement de 55 000 tonnes en 2016 avait coûté un peu moins de 6 millions d’euros, contre plus de 7 millions d’euros pour les 43 000 tonnes collectées en 2025.

Une hausse des coûts liée aux taxes et aux prestations
Deux facteurs principaux expliquent cette augmentation. D’une part, la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) a fortement progressé, passant de 4 à 25 euros par tonne pour la valorisation énergétique entre 2016 et 2025, et de 20 à 65 euros par tonne pour le stockage. D’autre part, les coûts facturés par les prestataires ont également augmenté, tant pour la valorisation énergétique que pour le stockage.
Face à ce constat, Philippe Baubay a insisté sur la nécessité de maîtriser les coûts d’exploitation des unités de traitement. Une étude comparative menée par la société Inddigo pour l’ADEME montre que, entre 2019 et 2022, l’augmentation des coûts a été deux fois plus importante pour les collectivités ne disposant pas de la maîtrise de leurs outils de traitement.
2026, une année de concrétisation attendue
Après une année 2024 qualifiée de « charnière », marquée par la décision de poursuivre la collaboration avec Trigone et le SYSTOM des Pyrénées en vue de la création d’une unité commune de traitement des déchets résiduels, l’année 2025 a permis de poursuivre ce travail. L’année 2026 devra en être la concrétisation.
Au-delà de la mise en service du centre de tri de Masseube, la principale mission des élus qui siègeront au SMTD65 sera de mettre en œuvre cette future unité de valorisation des ordures ménagères résiduelles, en tenant compte de deux échéances majeures : la fermeture annoncée, au 1er janvier 2032, des unités de valorisation énergétique de Toulouse et Bessières aux déchets des Hautes-Pyrénées, et la fin de l’exploitation, au 1er janvier 2035, de la dernière installation de stockage autorisée sur les territoires concernés.
À cet horizon, près de 600 000 habitants devront faire face à l’absence d’installation autorisée pour traiter environ 120 000 tonnes d’ordures ménagères.
Une gestion collective et solidaire des déchets
Philippe Baubay a rappelé que le SMTD65 repose avant tout sur une gestion collective et solidaire des déchets. Au-delà des équipements, ce sont les équipes, les partenaires et les collectivités locales qui permettent les avancées du syndicat.
Pour 2026 et les années à venir, les priorités restent le développement des infrastructures de traitement, le renforcement de l’éducation à l’environnement et aux gestes de tri, ainsi qu’une gestion transparente et respectueuse de l’environnement. L’ambition affichée est de faire évoluer la perception des déchets, non plus comme une charge, mais comme une ressource, au service d’un territoire plus durable.