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« Vous engagez l’avenir de la ville sans mandat démocratique » : à deux mois des élections municipales, les oppositions refusent de voter les projets de la municipalité à Tarbes
En pleine campagne électorale, les oppositions du conseil municipal de Tarbes ont voté contre les projets de l’actuelle municipalité, estimant qu’ils pouvaient obérer les choix de la future équipe municipale.
À moins de deux mois des élections municipales (15 et 22 mars), il fallait s’attendre à ce que le conseil municipal de lundi soir soit fortement marqué par la campagne électorale.
À commencer par le débat d’orientations budgétaires (DOB) présenté par le premier adjoint du maire Andrée Doubrère, Gilles Craspay.
Face à une situation financière « sous contrainte d’une forte réduction des ressources mais aussi d’une augmentation des charges », la municipalité entend ne pas augmenter les impôts tout en « maintenant ses dépenses d’investissement autour de 15 M€ ».
Les principaux projets déjà « dans les tuyaux » seront « prolongés », notamment la Villa des arts/Ancien Carmel (5,6 M€), le Palais des sports (11 M€), et le petit Palais des sports (1,5 M€), salle annexe en attendant la construction de son grand voisin, et la poursuite de la vidéoprotection pour 300.000 €.
« Une méthode de verrouillage budgétaire »
Pour Pascal Claverie et son groupe d’opposition « Tarbes, la force d’agir », ce débat d’orientations budgétaires « pose un problème politique majeur ».
« Avez-vous le droit d’engager l’avenir de la ville dans une trajectoire d’investissement de 68 M€, sans mandat démocratique, à quelques semaines d’une élection municipale cruciale ? » s’interroge Pascal Claverie qui dénonce « une méthode de verrouillage budgétaire qui préempte les choix du prochain mandat ».
Pour Hervé Charles (Tarbes Citoyenne Écologique et Solidaire), chef de file de l’opposition de gauche, ces orientations budgétaires « ne permettent pas de répondre aux urgences sociales du moment. Le budget d’investissement se fait au détriment du budget de fonctionnement et notamment des agents municipaux qui sont la variable d’ajustement pour équilibrer le budget ».
Le premier adjoint accuse l’opposition de gauche de « raser gratis »‘
Même si le DOB ne donne pas lieu à un vote des élus, il préfigure d’ores et déjà de leur positionnement pour le futur budget. « Ne pas voter le budget est un véritable problème, quand on sait que la date butoir réglementaire est fixée au 30 avril, rappelle Gilles Craspay. Cela ne confisquera en rien les prérogatives budgétaires de la nouvelle majorité qui pourra prendre une décision modificative ».
Le premier adjoint a réservé ses griffes à l’opposition de gauche qu’il accuse de « raser gratis » et de « nous ramener 25 ans en arrière (sous Raymond Erraçarret), à l’époque où la ville était en faillite » quand « l’encours de la dette était à 90 M€ » quand aujourd’hui il est à 60 M€.
« Ce n’est pas sérieux » a-t-il même répondu à Rebecca Calley qui réclame « l’augmentation du budget du CCAS pour répondre à l’urgence sociale ». « Le budget est en équilibre précaire. Quand on sait que la masse salariale représente plus de la moitié des dépenses de fonctionnement, où est notre marge de manœuvre ? ».
Ce sont surtout les projets du petit Palais des sports et de la Villa des arts qui ont concentré les critiques des oppositions qui ont voté contre les deux délibérations.
Pour le premier, Pierre Lagonelle (« Tarbes pour tous ») « demande même à l’actuelle municipalité de ne rien commencer dans les prochaines semaines et de laisser ce chantier à la nouvelle équipe municipale ». Pour le second, « nous craignons une coquille vide bien onéreuse destinée à étoffer un programme électoral » souligne Laurent Rougé (TCES).
Mais pour l’adjoint à la culture Roger Vincent Calatayud comme pour Gilles Craspay, il s’agit seulement de « mettre en protection le bâtiment » du Carmel, avant d’envisager le projet plus ambitieux et plus large de la Villa des Arts.
Quant au petit Palais des sports, il s’agit d’offrir une salle digne de ce nom aux clubs sportifs, quand dans l’actuelle structure, « il pleut à l’intérieur » a déploré le maire Andrée Doubrère.