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Drame de l’Arsenal à Tarbes : les parents d’Enzo Péridy opposés à la demande d’aménagement de peine formulée par Jonas Elizalde
La demande d’aménagement de peine de Jonas Elizalde, condamné à 8 ans d’emprisonnement pour la mort d’Enzo Péridy, suscite une vive opposition. Les parents de la victime, Natie et Didier, voient cette démarche comme une épreuve supplémentaire dans leur deuil.
La décision est attendue ce lundi. Jonas Elizalde, condamné à huit ans d’emprisonnement par la cour criminelle des Hautes-Pyrénées après la mort d’Enzo Péridy en mars 2022 à Tarbes, a déposé une demande d’aménagement de peine en novembre dernier. Une démarche à laquelle s’opposent fermement les parents de la victime, Natie et Didier, pour qui cette requête ravive un deuil toujours béant.
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Dans la nuit du 18 mars 2022, à la sortie d’une boîte de nuit du quartier de l’Arsenal, un unique coup de poing avait suffi à faire basculer deux vies. Enzo Péridy, 18 ans, s’était effondré sur le trottoir. Il décédera deux jours plus tard à l’hôpital. Lors de son procès, Jonas Elizalde, alors âgé de 21 ans, avait reconnu un geste « irréversible », commis dans un contexte d’alcoolisation et de colère mal maîtrisée. Il avait été condamné à huit ans de prison ferme.
Deux ans plus tard, l’éventualité d’un aménagement de peine est vécue comme une épreuve supplémentaire par la famille de la victime.
« C’est bien trop tôt »
Dans une lettre adressée à la justice, Natie, la mère d’Enzo, met des mots sur une souffrance intacte. « Un coup de plus porté à un cœur déjà dévasté. Cette libération me plongerait plus profondément dans ce gouffre où je lutte chaque jour pour ne pas sombrer », écrit-elle. Elle évoque « une mère qui hurle en silence » et demande « simplement que la justice respecte la mémoire de mon enfant. »
Pour elle, entendre parler de liberté est insupportable. « Liberté… comment pourrais-je entendre ce mot ? Un mot si simple, qui pour moi sonne comme une gifle », confie-t-elle encore. La mère d’Enzo rappelle que « chaque démarche judiciaire me replonge dans le cauchemar de ce 18 mars 2022 » et que sa blessure « n’a jamais cicatrisé. » Elle se décrit comme « une maman brisée de douleur, privée à jamais de son fils. »
Didier, le père d’Enzo Péridy, partage cette incompréhension. « Je ne comprends pas son intention », dit-il à propos de Jonas Elizalde. « Lors du procès, il nous a dit qu’il exécuterait sa peine. On sait très bien qu’il ne fera pas les huit ans auxquels il a été condamné, mais c’est bien trop tôt. »
Pour la mémoire d’Enzo
Natie estime, elle aussi, que la demande arrive prématurément. « Il aurait dû repousser cette demande. » Dans sa lettre, elle insiste : « Je ne demande pas la vengeance, simplement qu’il se tienne à ce qu’il assumera sa peine jusqu’au bout. » Et d’ajouter ne pas ressentir de haine. « Je veux seulement du respect pour la mémoire d’Enzo, pour la vie qui lui a été volée. Ce serait une injustice insupportable. »
Lors du procès, marqué par des échanges d’une rare intensité, les parents avaient reconnu la souffrance de l’accusé tout en défendant l’honneur de leur fils. Aujourd’hui, ils disent ne pas chercher l’exemplarité, mais le respect de la peine prononcée pour la mémoire d’Enzo.
Selon les parents d’Enzo Péridy, la décision est attendue ce 2 février. Pour Natie et Didier, quelle qu’elle soit, elle s’inscrira dans un combat qu’ils mènent depuis bientôt quatre ans : faire vivre le souvenir de leur fils et éviter que son histoire ne s’efface derrière les procédures.