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La Mongie – La CGT dénonce une intervention « très agressive, voire méprisante » de la police municipale de Bagnères-de-Bigorre ce jeudi
Un incident impliquant la police municipale et des représentants de la CGT a marqué, ce jeudi matin à La Mongie, une action syndicale en direction des travailleurs saisonniers et des salariés du commerce. L’Union départementale CGT des Hautes-Pyrénées a ensuite tenu une conférence de presse pour revenir sur le déroulement des faits et rappeler les objectifs de sa mobilisation.
C’est dès les premières heures de la matinée que la situation s’est tendue à La Mongie ce jeudi 5 février 2026. Alors que l’Union départementale des syndicats CGT des Hautes-Pyrénées menait une action en direction des salariés saisonniers et des travailleurs du commerce, la police municipale de Bagnères-de-Bigorre est intervenue sur le lieu du rassemblement. Selon les représentants syndicaux, le différend portait sur l’installation d’un barnum, jugé « mal placé » par les policiers municipaux, car ne respectant pas strictement le plan validé par la mairie de Bagnères-de-Bigorre. Amar Lagha, secrétaire général de la Fédération CGT du Commerce et des Services, a relaté une intervention qu’il qualifie de « très agressive, voire méprisante ». « Ce n’est pas parce qu’un responsable de la police municipale montre son doigt pour nous dire de dégager qu’on va partir. La CGT n’a peur de personne et personne ne nous intimidera », a déclaré Amar Lagha lors de la conférence de presse organisée quelques heures plus tard.

Il précise que, contrairement à cette intervention, les échanges avec la gendarmerie se sont déroulés « dans un climat très respectueux », les syndicalistes ayant même proposé de partager un café avec les militaires présents.
Une action déclarée et maintenue malgré les tensions
Interrogé sur la nature du reproche formulé par la police municipale, Amar Lagha indique que l’installation du barnum constituait le seul motif avancé. « On nous reprochait un barnum mal placé. Au lieu d’être posé en longueur, il était légèrement en diagonale », explique-t-il. Le responsable syndical souligne que, contrairement à d’autres actions menées dans des centres commerciaux sans autorisation préalable, la CGT avait cette fois sollicité un accord auprès de la mairie. « On avait demandé une autorisation directement à la mairie et nous avions obtenu un accord pour ce rassemblement. L’action était déclarée et organisée dans le respect », insiste-t-il.

Malgré la demande de dispersion formulée par un policier municipal, les syndicalistes ont décidé de rester sur place et de poursuivre leurs échanges avec les salariés et les passants. « Ce sont les salariés qui ont été très contents de notre venue », affirme Amar Lagha. Amar Lagha est revenu sur le contexte ayant, selon lui, conduit à l’intervention de la police municipale. Il a indiqué que celle-ci serait intervenue après la réaction d’un commerçant situé à proximité du lieu de l’action syndicale. « On sait pourquoi c’est arrivé : juste à côté, il y avait un patron qui n’était pas content et qui disait qu’il connaissait du monde », a déclaré le secrétaire général de la Fédération CGT du Commerce et des Services. Toujours selon ses propos, ce commerçant aurait exprimé son mécontentement face à la présence du barnum installé par la CGT, avant l’arrivée de la police municipale.
Une situation qui interroge

Julie Perriguey a tenu à souligner que les difficultés rencontrées à La Mongie ne se retrouvent pas ailleurs. « À Saint-Lary ou à Lourdes, ça se passe très bien. À La Mongie, on a fait les choses en bonne et due forme, le sous-préfet et le préfet étaient au courant, la mairie nous a envoyé l’arrêté », rappelle-t-elle. Pour la secrétaire générale de l’UD CGT 65, l’intervention de la police municipale n’était « ni nécessaire ni justifiée ». « Quand un camarade est attaqué, c’est toute la CGT qui est attaquée. Personne ne délogera la CGT. Nous assumons nos actions », affirme-t-elle, évoquant l’histoire et le rôle du syndicat. Les représentants de la CGT ont enfin indiqué que, si de nouvelles actions devaient être organisées à La Mongie, elles le seraient de nouveau, « encore plus nombreux », tout en réaffirmant leur volonté de mener des mobilisations déclarées et dans le respect du cadre légal.

Elle a ensuite fait le bilan de l’action menée avec Amar Lagha, accompagné d’Amel Ketfi et d’Ahmad Asghri, représentants du comité des travailleurs précaires et privés d’emploi.
Julie Perriguey a rappelé l’importance stratégique de cette mobilisation à La Mongie. « C’était important pour nous de revenir, vu comment nous avions été reçus déjà l’année dernière. Nous avions été très bien accueillis par les travailleuses et travailleurs des remontées mécaniques, par les salariés de commerces et des hôtels et restaurants mais pas par la police municipale », explique-t-elle.
Elle souligne également le soutien apporté par la Fédération CGT du Commerce et des Services, venue tenir sa réunion mensuelle dans le département. « Ils sont surtout venus nous apporter un énorme soutien sur notre déploiement vers les travailleuses et travailleurs saisonniers et ceux des très petites entreprises », ajoute-t-elle.
Précarité, bas salaires et méconnaissance des droits
Au-delà de l’incident avec la police municipale, la conférence de presse a été l’occasion d’aborder plus largement la situation des salariés du commerce, de l’hôtellerie et de la restauration. Amar Lagha a dressé un constat préoccupant sur l’évolution du secteur.
« On voit une casse sociale sans précédent dans le commerce », affirme-t-il, évoquant la transformation de la grande distribution, la disparition de certaines enseignes et le développement de nouveaux modèles comme la location-gérance ou la franchise. Selon lui, ces évolutions « détruisent des milliers d’emplois et précarisent encore les plus précaires ».
Il rappelle que le secteur est majoritairement composé de femmes, souvent employées à temps partiel. « Aujourd’hui, on a des travailleurs qui pensent juste à la survie. La moyenne du manque à vivre est entre 600 et 700 euros par mois », indique-t-il, en s’appuyant sur un questionnaire diffusé auprès de milliers de salariés.
Lors de l’action menée à La Mongie, les militants ont distribué des guides à destination des saisonniers et des salariés des hôtels, cafés et restaurants. « Même s’ils sont précaires, ils ont des droits comme tous les travailleurs », insiste Amar Lagha.

Les saisonniers particulièrement touchés par les réformes
Amel Ketfi, mandatée sur le département pour le travail saisonnier, a rappelé que ces salariés sont directement impactés par les réformes de l’assurance chômage. « C’est la double peine. Beaucoup de saisonniers ne connaissent pas leurs droits, d’où la nécessité d’aller à leur rencontre », explique-t-elle.
Elle précise que la CGT organise régulièrement ce type de déploiements, notamment à Lourdes et dans d’autres stations de ski, où les échanges se déroulent habituellement sans difficulté particulière. « Notre but essentiel, c’était d’aller à la rencontre des saisonniers, et de ce côté-là, nous sommes satisfaits », conclut-elle.