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Municipales 2026 à Tarbes : quelles sont les mesures des sept candidats pour la sécurité ?
Trafics visibles, dégradations, cambriolages, violences nocturnes… À Tarbes, la sécurité du quotidien s’est imposée comme l’une des préoccupations majeures des habitants et comme un enjeu clé de la campagne municipale. Les sept candidats qui briguent le poste de premier magistrat de la ville détaillent leurs priorités pour la sécurité.
À Tarbes, la sécurité du quotidien s’impose comme l’un des fils rouges de la campagne municipale. Dans les réunions de quartier, le sujet revient inlassablement sur les lèvres : trafics de drogue visibles, dégradations, cambriolages, violences.
Mais derrière ces témoignages d’habitants excédés, une question pèse sur le débat : assiste-t-on à une réelle hausse de l’insécurité à Tarbes ou à une montée du sentiment d’insécurité ? Les derniers chiffres officiels du ministère de l’Intérieur, produits par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) pour la période 2016-2024, confirment une progression des crimes et délits enregistrés ces dernières années à l’échelle de la commune.
Les atteintes aux biens (vols, cambriolages, dégradations), comme les violences faites aux personnes, figurent parmi les faits en hausse.
Un vécu quotidien
À cette réalité chiffrée se double le vécu quotidien. Autour de la place de Verdun, résidents et commerçants évoquent des transactions de drogue « à la vue de tous », qui alimentent un sentiment d’abandon de l’espace public. Les dégradations (vitrines, mobilier urbain, véhicules) sont régulièrement citées comme une nuisance persistante. Dans les quartiers résidentiels, la crainte des cambriolages et des démarchages abusifs progresse, notamment chez les personnes âgées. Et du côté du quartier festif de l’Arsenal, des violences éclatent régulièrement à la sortie des établissements de nuit, parfois jusqu’à d’irréversibles drames.
Dans le cadre du plan d’actions départemental pour la restauration de la sécurité du quotidien, porté par la préfecture des Hautes-Pyrénées avec les forces de l’ordre, un renforcement des patrouilles pédestres et motorisées a été mis en place afin de prévenir les trafics et lutter contre les rodéos urbains ou autres comportements dangereux signalés.
Face à ces inquiétudes croissantes, nous avons demandé aux sept candidats qui briguent le mandat de premier magistrat de la ville quelles sont leurs principales mesures pour la sécurité à Tarbes.
Eric Peyrègne, « Tarbes, le temps du changement »

« La sécurité est la priorité de notre programme et nous sommes les seuls à l’incarner ! Nous voulons une police de proximité visible, de jour comme de nuit, afin de restaurer un climat de confiance. » Éric Peyrègne prévoit de tripler les effectifs de la police municipale, « tous armés et formés en continu, ainsi que la création d’une brigade canine et d’une brigade mobile d’intervention pour lutter contre les trafics et les troubles à l’ordre public. La lutte contre les rodéos nocturnes et les incivilités sera renforcée. Nous développerons massivement la vidéoprotection et améliorerons l’éclairage public. Deux antennes de police municipale de proximité seront ouvertes (à L’Arsenal et Place de Verdun) pour une présence constante. »
Éric Peyrègne veut mettre en place un arrêté municipal pour interdire la mendicité dans certains lieux « pour répondre aux plaintes de nos commerçants et réduire la paupérisation du centre-ville. » Enfin pour lutter contre les points de deals, il veut créer une brigade anti-stupéfiants.
Pascal Claverie, « Tarbes, la force d’agir »

« J’installe un commissariat commun Police nationale / Police municipale au cœur de l’Arsenal, pilier du Contrat de Sécurité Intégré, financé par l’État. Un poste de police municipale permanent place de Verdun assurera une présence visible et continue, au plus près des commerçants et des habitants.
Les patrouilles à pied de policiers équipés seront renforcées aux horaires les plus sensibles, jusqu’à 5 h du matin, avec une brigade de nuit augmentée de 50 %. La sécurité passe aussi par l’aménagement : parkings sécurisés, éclairage tardif, et vidéoprotection intelligente. Tarbes compte aujourd’hui 87 caméras, quand une commune bien plus petite comme Bordères en déploie déjà 49 : nous rattraperons ce retard avec une stratégie ciblée et efficace.
Arrêtés fermes, pression constante sur les points de deal et coordination avec l’État compléteront ce dispositif. Face aux postures du RN et aux rafistolages de la majorité, j’assume un projet sérieux, structuré et opérationnel, pour protéger les Tarbaises et les Tarbais au quotidien. »
Pierre Lagonelle, « Tarbes pour tous ! »

« Il y a quelques années encore, Tarbes était une ville calme. On connaît une forte dégradation qui pèse sur les esprits. » Selon Pierre Lagonelle, la faute au manque de volonté de la municipalité sortante. « La ville n’a jamais trouvé de solution pour mettre à disposition un terrain pour la construction d’un nouveau commissariat. Maintenant, un certain candidat qui était dans la majorité prétend qu’il a trouvé une solution. Avec moi, le commissariat restera à Tarbes. »
Pierre Lagonelle veut renforcer la présence policière en augmentant les effectifs de police municipale, multiplier les patrouilles en centre-ville, surtout en soirée, et créer un poste de police mobile : Un véhicule équipé pouvant accueillir du public et se déployer dans les secteurs sensibles, comme à l’Arsenal et place de Verdun.
Deuxième proposition : améliorer l’éclairage dans les passages jugés anxiogènes grâce à un système LED intelligent activé au passage des piétons. Autre priorité : lutter contre les incivilités du quotidien avec des caméras mobiles installées sur les zones signalées.
Hervé Charles, « Tarbes Citoyenne Écologique et Solidaire »

« La sécurité ne se limite pas à la nécessaire lutte contre la délinquance. L’insécurité la plus impactante est celle du quotidien : incivilités, mal-logement, pauvreté (26 % des habitants). Sentiment d’abandon face à des services publics affaiblis. »
Première mesure : « plus de présence, moins de caméras ». Hervé Charles veut réorienter la police municipale vers une vraie proximité, avec équipes par quartier et des médiateurs. Il veut geler la vidéosurveillance au profit du dialogue, tout en réclamant plus d’effectifs de police au niveau national.
Deuxième axe : agir contre les incivilités. Dépôts sauvages, nuisances et tensions nocturnes seraient traités avec les commerçants et associations via un comité de la vie nocturne, pour une ville animée mais apaisée.
Troisième mesure : protéger les plus vulnérables. Accueil renforcé au CCAS, hébergement d’urgence, accompagnement des sans-abri et permis de louer pour lutter contre l’habitat indigne complètent cette approche sociale de la sécurité.
Michel Garnier, « Tarbes, Naturellement »

« La sécurité est au cœur des défis de notre société et l’exigence légitime de chacun des habitants de notre ville en la matière est croissante. Elle est une condition essentielle pour vivre dans sa ville sereinement. Chaque Tarbais doit pouvoir se sentir en sécurité partout et tout le temps. Je veux un choc d’autorité et une tolérance zéro. Je veux une présence policière plus forte et plus visible sur le terrain. Une police encore plus proche de nos concitoyens. »
Concrètement, Michel Garnier veut renforcer les effectifs de police municipale avec la création d’une seconde Brigade de nuit dédiée au site de l’Arsenal et la création d’une brigade anti-incivilités. Mais aussi développer la vidéoprotection, et rétablir l’éclairage public la nuit.
Il souhaite la construction d’un nouveau commissariat de police nationale à Tarbes. « J’accompagnerai l’État dans son choix d’implantation et nous organiserons des Assises de la sécurité. Le Maire doit faire preuve de courage et de responsabilité. J’en prends l’engagement. »
François Meunier, « Le camp des travailleurs »

« Les politiciens au service de la bourgeoisie nous parlent sans cesse de sécurité comme s’il s’agissait d’un problème de répression. Mais, pour les travailleurs, la vraie insécurité est d’abord sociale. C’est la peur du chômage ou des fins de mois difficiles.
C’est l’angoisse de ne pas pouvoir se soigner, se loger dignement ou élever correctement ses enfants.
La police et la justice protègent avant tout l’ordre social existant, celui qui garantit les profits des grandes entreprises, pas la sécurité des classes populaires. La sécurité, pour le monde du travail, ce sont des emplois stables, des salaires décents, des services publics renforcés et des logements accessibles.
Tant que la société restera organisée pour une minorité de riches, elle secrétera la délinquance qui pèse avant tout sur les classes populaires.
Seule la lutte collective des travailleurs pourra imposer une autre organisation de la société, débarrassée de l’exploitation, de la misère. »
Kévin Gracia, « Collectif Unitaires »

« La présence humaine est la réponse aux incivilités et à la violence urbaine. C’est pourquoi nous voulons redéployer les agents de la police municipale accompagnés de médiateurs pour apaiser l’espace public, en lien avec la police nationale et renforcer l’effectif de la brigade de nuit. »
Kévin Gracia veut créer une structure d’accueil dédiée ouverte aux Tarbais qui rencontrent des difficultés. « Avec la « Maison de la tranquillité publique », nous permettrons aux Tarbaises et aux Tarbais de bénéficier d’interlocuteurs pour les aider et les orienter 7j/7 et 24h/24. Il s’agit d’offrir un guichet unique, gratuit et confidentiel permettant de signaler et de traiter l’ensemble des problèmes. »
Enfin, il propose la création d’une commission de la vie nocturne, en lien avec la justice, la police, les établissements de nuits et les usagers, « afin d’établir un plan de route pour que, même la nuit, la ville soit apaisée. »