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Juillan. Les musiciens de l’école au repas des anciens


Fabrice Sayous, le maire, avait ouvert le temps du déjeuner et les élus le service des plats au menu. L’orchestre Swing Avenue, tonique coutumier de la cérémonie, avait joué les intermèdes. Soudain, une ligne d’enfants en hauts noirs est entrée dignement dans un doux bruissement de vie, un instrument à la main. Surprise et étonnement de l’assemblée : ce défilé venu de nulle part était resté secret. Sauf pour les services logistique et floral : ils avaient laissé un espace pour les chaises. Sauf pour le maire qui a présenté l’orchestre « de » l’école, soutenu par la municipalité et en lien étroit avec le groupe tarbais Boulevard des Airs.

Sabine Védère, directrice, a décrit ce projet musical hors normes. Depuis trois ans, le programme scolaire du CE2 au CM2, intègre la pratique des instruments, tant de la musique classique que traditionnelle. L’association nationale Orchestre à l’École, le Centre départemental musique & danse traditionnelles Hautes-Pyrénées, le conservatoire Henri Duparc de Tarbes réunissent six professeurs (3 de chacun) et leurs instruments pour assurer cet enseignement, en appui des cours d’occitan ouverts dès la maternelle.

Dès l’origine, il était dans les intentions de Sabine Védère de « faire rayonner l’école, de participer aux manifestations du village, de créer des liens entre les âges et d’animer le territoire. Ce premier concert hors de l’école, en grandeur réelle, en vraies conditions de spectacle devant des grands-parents, des inconnus et des Juillanais est ainsi le point de départ d’un projet artistique pour toutes les classes de l’école. »

Les violons, percussions, violoncelles, accordéons diatoniques, clarinettes, flûtes traversières ou à trois trous et tambourins à cordes étaient parfaitement ajustés. Sous la direction de Laurent Bouchadeill et la supervision de trois professeurs, ils ont interprété un morceau traditionnel occitan (La nòvia), un anglais (I saw three ships) et Se canti.

Les bravos de l’assemblée ont été portés si haut que la trentaine de jeunes apprentis musiciens, dont deux professeures de l’école, ont spontanément enchaîné un deuxième Se canti. Il a été enrobé de regards embués d’émotion, de voix adultes murmurées pour ne pas écraser les sons instrumentaux. Le public a été conquis sans réserves. Celui des amoureux de la musique et des dons artistiques. Celui des grands-parents et autres. Celui des qui ne savaient pas. Celui des connaisseurs du Se canti, chant d’amour et de joie racinaire, incontournable dans les réunions familiales et festives d’Occitanie, d’Aquitaine et de partout où les chanteurs qui en viennent se rejoignent.

Sabine Védère toute à cette réussite relevait « la qualité des connaissances acquises, la soif d’attention des enfants, leur capacité à passer du jeu individuel au groupe, leur bienveillance et compréhension mutuelle, leur spontanéité. Ils étaient heureux. Le collectif a brillé. » Oui. C’était vrai pour cette première. D’autres nous sont promises.



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