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TÉMOIGNAGE. L’arnaqueur incarcéré à Tarbes après des mois de cavale : « J’en ai pleuré de joie », confie l’une de ses victimes


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Recherché activement, Frédérick Quinton a été interpellé puis incarcéré à Tarbes. L’homme est accusé d’avoir escroqué des dizaines de femmes. Parmi elles, Stéphanie Loo, qui se réjouit de son arrestation depuis son exploitation des Hautes-Pyrénées.

La cavale est terminée. Depuis sa ferme située à Esbareich, dans les Hautes-Pyrénées, Stéphanie Loo en a eu des larmes de joie. Le mercredi 11 février, dans la soirée, Frédérick Quinton a été interpellé en Charente-Maritime par les gendarmes. C’est plus précisément à Saint-Martial-de-Mirambeau que l’homme accusé d’avoir escroqué plusieurs femmes sur tout le territoire avait trouvé refuge.

L’agricultrice de 51 ans située dans la Barousse, à des centaines de kilomètres de là, fait partie de ses victimes.  » Il est arrivé en mars 2023 sous l’identité de Maël Billard, après que j’ai posté une annonce sur un site de woofing. Il a répondu immédiatement « , se souvient celle qui élève 40 chèvres et 20 brebis dans les vallons des Pyrénées.

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C’est ici, au bout d’un chemin sinueux, que Frédérick Quinton est arrivé un beau matin de printemps, sur une moto et avec un petit sac-à-dos.  » Il vivait dans ma caravane. La journée, il bricolait, il a façonné une mare, ajusté le poulailler, fait de la soudure… » raconte encore la paysanne. Il partage ses repas, côtoie ses enfants, rencontre ses proches. L’escroc est utile et efficace. Mieux : il redonne de l’espoir à Stéphanie Loo, au bout d’un mois de bons et loyaux services.  » À ce moment-là de ma vie, j’avais perdu ma mère, je venais de subir une séparation, j’avais des problèmes de santé et j’avais besoin de remettre à flot l’exploitation. Il m’a encouragé à relancer mon projet de salle de transformation pour le fromage et m’a proposé de commander des matériaux pour commencer les travaux « , explique-t-elle dans son chalet en bois.

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Une plainte pour abus de confiance

Mais les matériaux ne sont jamais arrivés. L’homme se plie en quatre et part louer un camion pour aller les récupérer.  » Je lui donne un peu plus de 1200 euros pour les acheter et payer l’essence « , avoue Stéphanie Loo. Des économies précieusement conservées qu’elle ne reverra jamais.  » Il m’a écrit dans la journée pour me prévenir qu’il avait du mal à récupérer ces matériaux et puis, plus rien « . L’agricultrice est inquiète, elle contacte les hôpitaux de la région. Mais rien. Rien de rien. Le lendemain, elle reçoit un message d’une autre victime qui est aussi inquiète de ne pas avoir de nouvelles. Alors, la Pyrénéenne comprend. Elle dépose plainte pour abus de confiance le 19 avril à la gendarmerie de Loures-Barousse sans se douter que l’homme n’en est pas à son premier méfait.  » Je ne l’ai pas du tout vu venir, personne. C’était comme un ami, je lui ai raconté des choses personnelles, je me suis surprise à me livrer autant à quelqu’un qui était dans ma vie depuis seulement un mois « , détaille-t-elle.

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Un jour, elle tombe par hasard sur sa photo qui circule sur les réseaux sociaux avec sa véritable identité, Frédérick Quinton, et se met en relation avec ses autres victimes pour le traquer.  » Il a sûrement essayé de me séduire mais je n’avais pas la tête à ça. Heureusement, car si en plus j’étais tombée amoureuse, je ne m’en serais pas remise « , confie l’éleveuse encore très affectée. Maintenant que le mis en cause est incarcéré à la maison d’arrêt de Tarbes, Stéphanie Loo est soulagée.  » J’espère qu’ils ne vont pas le lâcher, qu’il arrête de faire du mal aux gens « . Depuis, elle ne reçoit plus de bénévoles à la ferme et n’espère qu’une chose : que l’homme soit puni.

 

Incarcéré à Tarbes

Cet arnaqueur qui visait particulièrement des agricultrices, âgé de 46 ans et originaire du Maine-et-Loire, faisait l’objet d’un mandat d’arrêt depuis le 24 juin 2025. Interpellé à Tarbes, l’homme avait été relâché puis condamné en son absence à deux ans de prison pour deux faits d’escroqueries et d’abus de confiance commis dans le Finistère et en Ille-et-Vilaine. Et pour cause : il aurait continué de sévir. En décembre 2025, dans les Hautes-Alpes, un employeur l’accuse d’avoir abusé de sa confiance pour lui subtiliser un camping-car.  » Le 11 février, l’individu est géolocalisé et interpellé à Jonzac où le camping-car est également découvert. Placé en garde à vue, il a été déféré le 12 février au juge des libertés et de la détention de Saintes « , font savoir les gendarmes de Charente-Maritime.  » Depuis l’été 2025, Frédérick Quinton était inscrit au fichier des personnes recherchées et recherché activement. Une enquête relative à la recherche et à l’interpellation des fugitifs a été spécialement ouverte par le Parquet de Tarbes afin de le localiser au moyen de techniques spéciales d’enquête « , précise la procureure de Tarbes. Samedi 14 février, le mis en cause a été présenté au parquet de Tarbes puis placé en détention à la maison d’arrêt de Tarbes pour purger sa peine.  » Il dispose de voies de recours contre sa condamnation mais n’a pas manifesté de souhait
en ce sens, à ce stade « , note encore Sylvie Martins-Guedes, à la tête du parquet de Tarbes.



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