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« Le crossfit, c’est un peu comme une drogue » : le parc des expositions de Tarbes transformé le temps d’un week-end en grand centre sportif
Le temps d’un week-end, le crossfit a pris possession du Parc des expositions de Tarbes, transformé en centre sportif éphémère. Plus de 700 participants venus de toute la France relèvent des défis physiques intenses. Ce sport, accessible à tous, séduit par sa diversité et son intensité.
Une grande salle obscure où transpirent plusieurs dizaines de personnes qui dégagent une bonne dose d’adrénaline et de testostérone : le Parc des expositions de Tarbes s’est transformé ce week-end en immense centre sportif pour fans de crossfit, savant mélange d’haltérophilie, de gym et de cardio-training.
Dès l’aube, hommes et femmes soulèvent des barres d’haltérophilie ou effectuent des tractions sur une barre à deux mètres du sol.
Chloé et Emmanuelle sont arrivées de Bordeaux la veille pour participer toutes les deux avec une autre amie, à cette compétition tarbaise qui, comme son nom l’indique, se dispute « dans le noir » avec un éclairage lumineux minimaliste. « Nous faisons entre trois et six compétitions par an mais c’est la première fois que nous participons à une manifestation aussi insolite » par équipe de trois.
« Ce n’est jamais monotone »
Ce qu’elles aiment dans ce sport ? « Le dépassement de soi et la variété des mouvements » répond Chloé qui a déjà pratiqué la natation, la gym et la musculation avant de se lancer dans le crossfit. Emmanuelle n’est pas dépaysée puisqu’elle baigne déjà dans le milieu professionnel du coaching sportif.
« Ce n’est jamais monotone.
On monte très haut en intensité et parfois on se fait très mal sur un plan musculaire mais c’est tellement bon. Mais cela reste un sport hyperaccessible à tout le monde. Chaque mouvement peut être adapté en fonction de ses capacités physiques » témoigne la jeune femme, animatrice avec les enfants, mais qui s’est aussi engagée comme pompier volontaire.
Bastien et Marceau viennent d’Agen mais se sont connus à Tarbes lorsqu’ils étaient étudiants. Marceau a attrapé le virus sur les réseaux sociaux et l’a transmis à Bastien, avant de sympathiser avec le troisième compère Andoni de Bayonne dans une salle de crossfit.
« J’ai changé physiquement. J’ai perdu 15 kg »
« Le crossfit, c’est un peu comme une drogue, compare les jeunes hommes qui étaient déjà des sportifs accomplis, chacun dans une discipline différente : le hand pour Bastien, l’aviron pour Marceau et le foot pour Andoni.
On a toujours envie de s’améliorer, de gravir les échelons, comme les niveaux de jeu vidéo. Au fur et à mesure qu’on progresse, on arrive à réaliser des techniques et des mouvements de plus en plus difficiles. On finit par se prendre au jeu et on apprécie de sortir de sa zone de confort.
Ce n’est jamais monotone. Chaque entraînement est différent » explique le trio qui compare cette activité physique à « un couteau suisse » utilisé en complément par de nombreux sportifs, souvent de haut niveau.
Dès huit heures du matin, samedi, dans l’espace d’échauffement, David transpire déjà en soulevant des barres d’haltérophilie, jusqu’à 120 kg. Celui qui a pratiqué le rugby s’est lancé à corps perdu dans le crossfit jusqu’à atteindre un niveau maximal. « J’ai changé physiquement. J’ai perdu 15 kg ». Mais en embrassant sa nouvelle passion, il a appris surtout « le dépassement de soi » : « Ne pas s’écouter soi-même. Toujours se battre contre cette voix intérieure qui vous dit « arrête-toi ». C’est un sport très mental ».