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Comment la commune lutte contre la Renouée du Japon


La commune de Séméac innove pour éliminer la Renouée du Japon. Un suivi expérimental d’éradication a été mis en place.

La renouée du Japon est une plante exotique envahissante qui se disperse par le biais de ses rhizomes (tiges souterraines). Elle produit dans sa litière des composés toxiques, qui empêchent tout autre végétaux de pousser. 

Elle se développe rapidement notamment à proximité des cours d’eau et lorsqu’elle est fauchée de façon mécanique. Malgré la grande difficulté à maitriser ce végétal, la commune de Séméac s’engage dans un programme d’élimination de cette plante sur certains secteurs afin de préserver les usages humains (lieu de pâturage pour chevaux et lieux de promenade pour les habitants) aussi bien que la biodiversité locale. 

Suite à l’obtention d’un financement de la part du Fonds vert, fond national pour l’accélération de la transition écologique dans les territoires, et accompagnée par le bureau d’études EcoAltitude (Arrens-Marsous) et par le département des Pyrénées-Atlantiques, la commune va expérimenter plusieurs techniques d’éradication. 

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Pour traiter les zones identifiées, plusieurs techniques seront mises en oeuvre : 

– Grillage au sol pour diminuer la croissance de la renouée 

– Paillage thorenap pour empêcher la photosynthèse et donc empêcher la renouée de pousser 

– Bâche plastique pour contraindre la renouée à épuiser ses réserves 

Le programme a débuté à l’automne 2023 et le suivi des techniques d’expérimentation s’étalera jusqu’en 2027. 

Localisation des sites et contexte écologique

Les trois sites étudiés se situent sur la commune de Séméac. Il s’agit de trois foyers distincts, avec des contextes écologiques et tailles de populations différents.

Le site numéro 1, « Alaric », est situé en bordure de route au bord du canal de l’Alaric. Il s’agit d’un foyer de taille limité (occupation du sol inférieur à 6 m2), à proximité immédiate de l’eau.

Le site numéro 2, « Bois de la Barthe », se situe en bordure de forêt, entre une piste et un canal d’eau peu profonde et stagnante. La aille du foyer est relativement importante (occupation au sol entre 15 et 25 m2), avec un accès direct à l’eau pour la plante, et un risque de propagation au-delà du fossé (cas de quelques tiges aérienne, propagation jusque là limitée par le forêt).

Le site numéro 3, dit « Parcelle expérimentale », se situe sur un terrain communal au sein d’une prairie à tendance humaine, arborée et pâturée par des chevaux. Il s’agit du foyer le plus étendu en superficie (entre 220 et 250 m2). Il s’agit du site retenu pour l’expérimentation de différentes techniques de lutte (7 traitements, plus un témoin).

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La dynamique locale de la Renouée du Japon

Pour les trois sites étudiés, la Renouée se trouve dans un contexte favorable à une colonisation rapide, avec extension de la taille des foyers et possibilité de dispersion favorisant l’émergence de nouveaux foyers. Cette dynamique a notamment été observée sur les sites 2 et 3, avec un impact pour le moment limité.

Dans la cas du foyer numéro 3, la propagation des racines est limitée en profondeur par un horizon compact, mais la superficie pouvant être colonisée est très importante (supérieure à 1000 m2).

Les interventions programmées sur les trois foyers ont pour objectif :

– D’éliminer directement la plante au niveau des foyers Alaric et Barthe, afin d’empêcher son expansion et sa propagation avec différents enjeux : limitation de l’envahissement des berges ou bords de pistes par la plante, limitation de l’impact de la plante sur la biodiversité. Dans le cas du foyer 1, la proximité immédiate du canal de l’Alaric implique une vigilance importante pour limiter le risque de dispersion de fragments de la plante lors des travaux. 

– Tester différentes méthodes de lutte grâce à un dispositif expérimental. Le foyer retenu pour la mise en place de l’expérimentation est le site numéro 3, dont la taille permet la mise en place de 7 modalités de traitement (plus un témoin). L’objectif est d’identifier l’efficacité de chaque méthode de lutte, en tenant compte des paramètres économiques (coût de traitement) et techniques (faisabilité de la mise en place du traitement).

Lutte contre les foyers Alaric et Bois de la Barthe

Dans le cas des foyers de tailles limitées et faciles d’accès, une méthode de lutte basée sur une destruction mécanique associée à une couverture du sol avec paillage Thorenap (R) a été choisie. Les tiges aérienne ont été fauchées, puis le système racinaire fragmenté mécaniquement à l’aide d’une pelle mécanique. Dans le cas du site 1 un tamisage de la terre a été effectué, et l’essentiel des racines et rhizomes retirés afin de limiter une reprise.

Dans le cas du site numéro 2, deux tranchées ont été réalisées de part et d’autre du foyer afin de limiter une expansion du foyer avant la pose du paillage Thorenap (R). Les quelques tiges aériennes et rhizomes situés de l’autre côté du fossé (colonisation récente), ont été retirés à l’aide de la pelle mécanique. 

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Un dispositif expérimental, foyer «Placette expérimentale »

La taille importante de ce foyer permet la mise en place d’un dispositif expérimental visant à tester l’efficacité de 7 méthodes de luttes. La densité de tiges au m2 et la hauteur des plus grandes tiges étaient plus élevés sur la partie anciennement colonisée (à proximité du pin), en comparaison de la zone d’expansion récente. L’ensemble des parties aérienne de la plante ont d’abord été fauchées, avant la mise en place de 8 placettes, d’une taille de 3,5 x 4 m, séparées par des tranchées de 80 cm de profondeur et 60 cm de largeur, creusées à la pelle mécanique.

7 méthodes de lutte sont testées au niveau de cette parcelle expérimentale. 

5 méthodes de recouvrement du sol (mécanique), visant à empêcher ou à limiter la croissance aérienne de la plante : bâche noire ; bâche transparente ; paillage Thorenap (R) ; grillage avec maille de 1 cm ; grillage avec maille de 0,5 cm.

2 méthodes de lutte biologique sont également testées, basées sur un traitement à base d’extraits de plantes. L’objectif de ces traitements est de tester l’impact de substances végétales issues d’espèces allopathiques : extrait de sureau yèble ; extrait d’ailanthe.

Une partie du foyer n’est pas intégrée au sein du dispositif expériemental. Ces zones seront traitées avec le même protocole que celui des sites 1 et 2.

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Un suivi est mis en place

Un suivi sera effectué de manière régulière sur le site expérimental, afin d’évaluer et de quantifier l’efficacité des différentes méthodes testées.

Les passages de contrôles et de mesures seront plus fréquents cet automne et au printemps prochain (phases de pousse active de la renouée). 

Différents paramètre seront alors relevés : 

– présence de repousses

– taille des tiges

– densité

Différents prélèvements seront également effectués, tant au niveau des tissus de la plante, afin de caractériser les sols de la zone d’étude.

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