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Pyrénées – Bilan du préfet après la mise en place des voitures radars privatisées
A l’occasion d’un contrôle de gendarmerie à la sortie de l’autoroute A64 à Ibos, le préfet des Hautes-Pyrénées, Jean Salomon, a fait un premier bilan sur le déploiement des voitures radars privées. Il a également évoqué la hausse des contrôles, l’évolution des comportements et les nouveaux risques. La sécurité routière reste un chantier permanent.
Lors de ce contrôle à la sortie de l’A64 à Ibos, les gendarmes des Hautes-Pyrénées demandent à un automobiliste de sa garer. Après avoir contrôlé ses papiers, ils effectuent un test afin de vérifier s’il a consommé des stupéfiants. Le test est positif. Les forces de l’ordre multiplient ce type de contrôles afin de détecter les personnes qui roulent sous l’emprise de stupéfiants. Le préfet Jean Salomon met en avant l’intensification des contrôles : « En tout cas, on réalise de plus en plus de tests. Plus on réalise de tests, plus il y en a de positifs. »

Le lien entre consommation et accidentalité est bien réel. Sur les 13 décès enregistrés en 2025, quatre sont liés à l’alcool ou aux stupéfiants. Concernant les gens qui conduisent sous l’emprise de l’alcool ou de drogues, le préfet évoque des volumes comparables : « Quand on regarde les grandes masses, c’est à peu près équivalent. (…) Si on fait un contrôle alcoolémie, on va faire monter les stats de l’alcool. Si on fait un contrôle spécifique stup, on va faire monter les stats des stup. On trouve ce qu’on cherche. » Un principe demeure néanmoins constant : « Dans les deux cas, on ne conduit pas après avoir bu plus que de raison (…) et les stupéfiants, de toute façon, c’est interdit. »
Les voitures radars privées, une montée en puissance
Déployées récemment, les voitures radars privées font l’objet d’un premier bilan jugé « très positif » par le représentant de l’État. « Elles circulent sur un certain nombre d’axes qu’on leur a indiqués sur lesquels on ne pouvait pas être tout le temps », explique-t-il. Ces itinéraires ont été définis à partir des constats de terrain et des zones identifiées comme accidentogènes. Contrairement aux contrôles classiques, ces dispositifs fonctionnent sans interception : « Les gens reçoivent directement la contravention. Donc il n’y a plus cet effet interception, arrêt au bord de la route. »
Un outil d’analyse et de ciblage des infractions
Au-delà de la verbalisation, ces radars mobiles constituent un outil d’analyse précis pour les forces de l’ordre : « Nous, on a des cartes, on sait exactement à quels endroits les gens ont été contrôlés. (…) Ça fait des petits points et c’est intéressant derrière pour se dire : là, ils ont flashé quelqu’un à très vive allure. » Ces données permettent ensuite d’adapter les contrôles sur le terrain : « Cela permet de dire à la gendarmerie ou à la police : là, il y a peut-être un contrôle à faire (…) on a à peu près le créneau horaire. »
Modifier les comportements par la dissuasion
L’objectif affiché reste avant tout comportemental. Comme pour les radars fixes, il s’agit de créer un réflexe de prudence chez les conducteurs : « On essaie d’avoir une prise de conscience autour de la vitesse. Que les gens se disent : là, je sais qu’il y a un radar, je vais ralentir. » Le préfet évoque notamment les habitudes prises sur certains axes : « Les gens qui ont pris l’habitude de rouler vite et qui se disent depuis qu’il y a la voiture radar, j’ai reçu trois PV, il y a fort à parier qu’ils fassent plus attention à l’avenir. » Avec un objectif clair : « Nous, ce qu’on veut, c’est que les gens respectent les vitesses, ni plus ni moins. »
Nouvelles mobilités : des contrôles renforcés
Parallèlement, les contrôles s’étendent aux transports à mobilité douce, notamment les trottinettes électriques. Les autorités constatent un défaut fréquent d’assurance, pourtant obligatoire. Des opérations de prévention et de contrôle ont été menées, notamment aux abords des établissements scolaires. Des équipements ont également été distribués pour sensibiliser les plus jeunes à la sécurité.
Le téléphone au volant, un risque toujours présent
Autre point de vigilance : l’usage du téléphone. Lors d’un contrôle récent nous avons mis en évidence des infractions fréquentes. « En une heure, on a relevé 27 infractions dont neuf téléphones au volant », souligne le préfet. Certaines situations témoignent d’un manque d’attention préoccupant : « Un jeune à vélo qui regardait son téléphone n’a même pas vu le policier qui lui faisait signe de s’arrêter. » Face à ces constats, les autorités insistent sur la nécessité d’adapter les comportements à l’évolution des usages et des technologies. « L’appel peut attendre », rappelle le préfet, insistant sur la possibilité de s’arrêter en sécurité avant toute utilisation du téléphone.