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Hautes-Pyrénées – Thermalisme – Saisine de la Haute Autorité de Santé : une étape décisive pour l’avenir
Le Gouvernement a saisi la Haute Autorité de Santé afin d’engager une évaluation des cures thermales. Une démarche structurante, saluée par les acteurs du secteur, mais qui suscite aussi des interrogations sur la méthode et la concertation. Le député des Hautes-Pyrénées, Denis Fégné, fait le point sur ce dossier.
À la suite d’informations révélées par le média spécialisé Hospimedia, Denis Fégné, député des Hautes-Pyrénées, également président du groupe d’études Thermalisme à l’Assemblée nationale, a confirmé que le cabinet de la ministre de la Santé a saisi la Haute Autorité de Santé (HAS). Cette saisine vise à engager une évaluation complète des cures thermales, alors que leur remboursement fait l’objet de débats récurrents depuis plusieurs années. À plusieurs reprises, notamment lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale ou à travers des projets de décrets, la prise en charge par l’assurance maladie a été remise en question.
Une mobilisation politique et citoyenne d’ampleur
Face à ces menaces, une mobilisation importante s’était organisée l’hiver dernier. Portée notamment par Denis Fégné et de nombreux élus locaux et parlementaires, dont Jean-Marc Boyer, elle avait rassemblé plus de 500 000 signatures. Ce mouvement avait contribué à faire reculer le Gouvernement, qui avait finalement renoncé à un projet de décret susceptible de remettre en cause le remboursement des cures thermales. Dans ce contexte, la saisine de la HAS apparaît comme une évolution majeure. « Le thermalisme mérite mieux que des incertitudes répétées. Il mérite une évaluation claire, objective et reconnue », a souligné le député.
Une évaluation scientifique approfondie
La démarche engagée ouvre un processus d’analyse complet du service médical rendu par les cures thermales. Autorité indépendante, la HAS fonde ses avis sur des critères scientifiques rigoureux, déterminants pour les décisions de reconnaissance et de remboursement des pratiques de santé. Cette évaluation doit permettre : d’établir un état des lieux précis des pratiques thermales ; d’analyser l’ensemble des données scientifiques disponibles ; de prendre en compte la diversité des indications thérapeutiques et des profils de patients ; de mobiliser des experts indépendants et pluridisciplinaires. Aujourd’hui, le thermalisme se trouve dans une situation jugée paradoxale par ses défenseurs : malgré plus de 60 études cliniques, dont 26 publiées dans des revues scientifiques internationales, son efficacité n’a jamais été pleinement reconnue à sa juste valeur.
Un enjeu structurant pour la filière
Pour les acteurs du secteur, cette évaluation constitue une étape essentielle afin de consolider durablement la place du thermalisme dans le système de santé français. Toutefois, Denis Fégné déplore un manque d’information et de concertation en amont avec les professionnels concernés et les parlementaires investis sur ces questions. Selon lui, une démarche d’une telle portée aurait nécessité un échange préalable, compte tenu de ses implications pour l’ensemble de la filière.
Des travaux déjà anticipés à l’Assemblée nationale
En février dernier, le groupe d’études Thermalisme de l’Assemblée nationale avait auditionné la HAS à titre informatif. L’objectif était alors d’anticiper les conséquences d’une telle saisine et de souligner la nécessité d’un travail méthodique, rigoureux et collectif. Cette anticipation témoigne de l’attention portée par les élus à l’évolution du cadre de reconnaissance du thermalisme.
Une confiance affichée dans le processus
Malgré les réserves exprimées sur la méthode, Denis Fégné affirme sa confiance dans l’évaluation en cours. « La médecine thermale a fait ses preuves. Cette évaluation doit permettre sa reconnaissance officielle, sur des bases scientifiques incontestables », a-t-il déclaré. Le député des Hautes-Pyrénées indique rester pleinement mobilisé pour accompagner cette étape, en lien étroit avec l’ensemble des acteurs du thermalisme, dans un dossier qui engage à la fois des enjeux de santé publique, économiques et territoriaux.