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« On a l’impression de perdre de l’argent en travaillant » : l’appel au secours des aides à domicile face à l’explosion du prix du carburant
Les aides à domicile subissent de plein fouet l’explosion du prix du carburant. Chez Aider 65, Monique Peron et Sylvie Ranchy ont adapté leurs tournées. Sans raccourcir leur temps de présence auprès des bénéficiaires.
L’addition est vertigineuse. À chaque fois qu’elles passent à la pompe, elles en ont presque des haut-le-cœur : plus de 60 euros. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, Monique Peron et Sylvie Ranchy accusent le coup. Aides à domicile chez Aider 65 depuis plus de vingt ans, elles pensaient pourtant avoir tout vu. Mais non. » Avant, je faisais le plein tous les quinze jours. Maintenant, je prends moins mais je vais à la pompe toutes les semaines car j’ai peur de manquer et de me retrouver sans essence « , explique Monique Peron, 59 ans. La voiture est son outil de travail, indispensable.
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Sur la carte, le périmètre de sa tournée est très clair : Tarbes. » Mais je fais beaucoup de petit trajets. Je suis à près de 30 km pour aller voir environ 5 patients par jour. C’est le pire, car on consomme beaucoup sur les petites distances en ville « , explique l’aide à domicile. Sylvie Ranchy, elle, rend visite aux bénéficiaires sur Tarbes et Aureilhan. » Le stationnement est également problématique. Il n’y a pas toujours de la place chez nos usagers. On est souvent obligé d’aller se garer plus loin « , surenchérit-elle. Justement, ce jeudi matin, sa collègue Monique a dû faire trois fois le tour du Martinet pour trouver une place de stationnement. » Je râlais toute seule au volant car je voyais les kilomètres défiler et donc, l’argent s’envoler « , glisse-t-elle.
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Des recrutements encore plus compliqués
Sans compter qu’il faut parfois reprendre son véhicule pour transporter les patients dans les supermarchés, chez leur médecin, chez le coiffeur… » Nos usagers sont des personnes âgées, handicapées, dépendantes, souvent isolées qui ont besoin de notre aide. On ne peut pas leur dire non « , reprend Sylvie Rancher, 57 ans. Les employées enchaînent les kilomètres avec leurs véhicules personnels pour assurer les levers, les toilettes, les repas, les couchers, le ménage… Les tournées ont été repensées pour aller au plus direct. » On évite les écarts, les allers-retours inutiles. On a repensé nos trajets quand le carburant a flambé « , précise Monique. Mais hors de question de raccourcir leur temps de présence : une heure minimum, non négociable.
La structure Aider 65 possède 11 voitures (6 thermiques et 5 sans permis) pour 80 aides à domicile. » L’indemnité kilométrique est fixée à 0,38 € par kilomètre. Autant dire qu’en ce moment, c’est clairement insuffisant. On ne s’en sort pas. On a l’impression de perdre de l’argent en travaillant « , confie Monique Peron. Alors, les week-ends, elle a fait des choix. Plus de séjour sur la côte basque, même plus une balade en montagne. » Sur mon temps libre, je ne dépasse plus un secteur de 30 km autour de chez moi pour économiser « , regrette-t-elle.
» Une de nos salariées parcourt jusqu’à 700 km par mois sur le secteur de Vic-en-Bigorre. D’autres affichent 450 km par mois sur leurs compteurs, autour de Bagnères-de-Bigorre. C’est énorme. Pour nous, c’est la double peine car on a déjà énormément de mal à recruter. La situation va aggraver ces difficultés. Pire, on risque de perdre des salariés qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts « , s’inquiète Adéline Pinazzi, responsable de service chez Aider 65. » Nous partageons les préoccupations de nos salariées. Mais aujourd’hui sans évolution des financements publics ou sans modification de la convention collective, nous ne pouvons pas porter seuls cette hausse « , note de son côté Nathalie Ducoms, la directrice de la structure. Les salariées espèrent une embellie, autant sur leurs factures d’essences que sur leurs fiches de paie.