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de-Bigorre – Après un tag raciste, le MRAP porte plainte et appelle à un rassemblement samedi
À la suite de la découverte d’un tag à caractère raciste sur un mur de Bagnères-de-Bigorre le samedi 4 avril, le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) de Tarbes annonce le dépôt d’une plainte et appelle à un rassemblement citoyen samedi 11 avril à 10 h 30 devant la médiathèque.
Le choc a été important pour de nombreux habitants après la découverte, la semaine dernière, d’un tag ouvertement raciste sur les murs de Bagnères-de-Bigorre. Dans son communiqué, le MRAP dénonce une inscription « méprisable » visant plusieurs élus, dont les noms apparaissaient sur le mur. Selon l’association, ces faits s’inscrivent dans un « climat délétère et inquiétant » où les expressions racistes seraient de plus en plus décomplexées.
Une plainte déposée et un signalement aux autorités
En réaction, le MRAP de Tarbes indique avoir déposé plainte. La mairie de Bagnères-de-Bigorre a également engagé une démarche similaire, une initiative saluée par l’association. Par ailleurs, le MRAP précise avoir déposé une plainte pénale et effectué un signalement auprès de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM) concernant des propos tenus sur la chaîne CNews au sujet de l’élu Bally Bagayoko.
Des propos médiatiques dénoncés
Dans son communiqué, le MRAP met en cause des interventions diffusées sur CNews, évoquant notamment des propos tenus par Jean Doridot établissant un parallèle entre un élu de la République et « l’homo sapiens […] de la famille des grands singes ». D’autres prises de parole, dont celles de Michel Onfray, sont également citées, l’association dénonçant des références à une « tribu primitive ».
Le MRAP estime que ces propos « ne sont ni anodins, ni neutres » et s’inscrivent dans une tradition raciste consistant à « animaliser » certaines personnes pour contester leur légitimité dans l’espace public.
Une alerte sur la « banalisation » du racisme
Au-delà de ces faits précis, l’association alerte sur ce qu’elle qualifie de « normalisation inquiétante » de discours racistes. Elle rappelle que « la liberté d’expression ne saurait être invoquée » pour justifier des propos relevant, selon elle, d’une construction raciste. Le MRAP souligne également le cadre légal existant, évoquant notamment la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui réprime les injures publiques à caractère raciste, ainsi que la loi de 1972 qui sanctionne les actes et propos racistes. « En France, le racisme n’est pas une opinion mais un délit », rappelle l’organisation.
Un contexte politique pointé du doigt
Le communiqué mentionne que les élus visés par le tag appartiennent à un même groupe politique. Le MRAP établit un lien avec des idées portées par l’extrême droite, qu’il accuse de « semer la haine » et de ne pas être « l’amie de la diversité ni de la démocratie ». Créé en 1949 par d’anciens résistants, le mouvement rappelle sa position constante : « le racisme mène au fascisme ».
Un appel au rassemblement samedi
Face à ces événements, le MRAP appelle à un rassemblement citoyen ce samedi 11 avril à 10 h 30 devant la médiathèque de Bagnères-de-Bigorre. « Face au racisme, il n’y a pas de neutralité possible : il n’y a que la responsabilité », conclut l’association, qui appelle à une mobilisation pour défendre les valeurs républicaines.
