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Pourquoi la préfecture interdit une opération de nettoyage à la dernière minute de la Coordination rurale 65


Par un arrêté pris le 13 avril 2026, le préfet des Hautes-Pyrénées, Jean Salomon, a interdit une manifestation prévue demain à Séméac. À l’origine de ce rassemblement, la Coordination Rurale 65 souhaitait organiser une opération de nettoyage d’un rond-point. En cause : des irrégularités dans la déclaration et des risques liés à la gestion des déchets collectés.

La mobilisation, intitulée « Nettoyage rond-point de Séméac », a été déclarée le 13 avril 2026 en préfecture, soit seulement 24 heures avant sa tenue prévue demain mardi 14 avril à partir de 9 heures. Portée par la Coordination Rurale 65, l’initiative visait à rassembler environ 50 personnes par point de rendez-vous pour nettoyer le rond-point de Séméac ainsi que la voie d’accès à la gare de péage Tarbes Est sur l’autoroute A64, avenue des Pyrénées. Toutefois, la déclaration ne précisait ni l’horaire de dispersion, ni le nombre total de points de rassemblement, empêchant ainsi d’évaluer précisément l’ampleur de la mobilisation.

Un délai de déclaration non respecté

Parmi les motifs avancés par la préfecture figure le non-respect du cadre légal. Selon le code de la sécurité intérieure, toute manifestation sur la voie publique doit être déclarée au moins trois jours francs avant sa tenue. Dans ce cas précis, la déclaration ayant été déposée la veille, les organisateurs ne se sont pas conformés à cette obligation réglementaire. Cet élément constitue à lui seul un motif d’interdiction.

Des inquiétudes sur la gestion des déchets

Au-delà de la question administrative, les autorités ont également mis en avant un risque de trouble à l’ordre public, notamment en matière environnementale et sanitaire. Le projet prévoyait que les déchets collectés soient déposés « sur un terrain ou une plate-forme à proximité », sans garantie qu’ils soient acheminés vers une installation agréée. Or, la réglementation impose que ce type de déchets soit traité dans des structures habilitées, en l’occurrence celles de la société PSI Environnement. La préfecture souligne que la gestion inappropriée de ces déchets pourrait porter atteinte à la protection de l’environnement et à la santé publique.

Une tentative de dialogue restée sans réponse

Face à ces préoccupations, le préfet avait adressé un courrier aux organisateurs dès le 13 avril afin de leur demander de modifier la seconde partie de la manifestation, notamment concernant le dépôt des déchets. Cette demande s’accompagnait d’une proposition visant à orienter les détritus vers un site conforme à la réglementation. Selon l’arrêté, aucune réponse n’a été apportée par les organisateurs à cette sollicitation.

Une interdiction au nom de l’ordre public

Considérant l’ensemble de ces éléments, le préfet a estimé que la manifestation était susceptible de troubler l’ordre public. En vertu de ses pouvoirs de police administrative, il a donc décidé de l’interdire sur les voies publiques de Séméac et de Tarbes. L’arrêté rappelle que toute infraction sera sanctionnée : les organisateurs encourent jusqu’à six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende, tandis que les participants s’exposent à une contravention de quatrième classe.

Une décision exécutoire immédiatement

La mise en œuvre de cette décision a été confiée à la sous-préfète, directrice de cabinet, au maire de Séméac ainsi qu’au directeur départemental de la police nationale. L’arrêté a été signé à Tarbes le 13 avril 2026 et publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hautes-Pyrénées. 

À la veille de cette mobilisation annoncée du syndicat agricole Coordination rurale 65, le préfet des Hautes-Pyrénées, Jean Salomon, a pris un arrêté autorisant l’usage d’un dispositif de captation d’images par drone. Objectif affiché : garantir la sécurité publique lors de la manifestation prévue ce mardi 14 avril 2026 à Séméac et dans ses environs, notamment à Tarbes. Dans un contexte marqué par des tensions persistantes autour des accords du Mercosur et une vigilance renforcée liée au plan Vigipirate, les autorités entendent anticiper tout risque de débordement.

Selon les éléments communiqués par la préfecture, environ 50 manifestants et un nombre équivalent de tracteurs sont attendus. La Coordination rurale 65 a déclaré vouloir procéder au nettoyage d’un rond-point à Séméac, précédemment bloqué par des dépôts de déchets lors d’actions revendicatives. Ce type d’intervention, dans un climat local qualifié de « fortement tendu », a conduit les services de l’État à renforcer les dispositifs de sécurité. La crainte de troubles à l’ordre public, voire d’actions plus radicales, justifie selon la préfecture le recours à des moyens de surveillance supplémentaires.

Un cadre légal strict pour l’usage du drone

L’arrêté préfectoral s’appuie sur les dispositions du Code de la sécurité intérieure, qui autorisent, sous conditions, la captation et la transmission d’images par des aéronefs dans le cadre de missions de police administrative. Le dispositif retenu reste toutefois encadré : une seule caméra haute définition sera utilisée ; elle sera installée sur un aéronef de type drone ; l’usage est limité à la journée du 14 avril, à partir de 8 heures, jusqu’à la fin des opérations de sécurisation ; le périmètre d’intervention est strictement défini entre Séméac et Tarbes. La préfecture précise que la captation ne comprend pas de son et n’est pas associée à des traitements automatisés de données. Les images collectées devront être strictement nécessaires aux missions de sécurité.

Prévention des risques et appui aux forces au sol

Le recours à un drone est justifié par plusieurs impératifs opérationnels. Il permet notamment : une vision globale et en temps réel de la situation ; une meilleure coordination des forces de l’ordre ; une intervention plus rapide en cas d’incident. Les autorités estiment qu’aucun dispositif moins intrusif ne permettrait d’atteindre le même niveau d’efficacité dans ce contexte précis. L’arrêté s’inscrit également dans le cadre du plan Vigipirate maintenu au niveau « Urgence attentat » depuis le début de l’année 2026. Cette situation impose aux forces de sécurité une vigilance accrue, y compris lors de manifestations locales. Les lieux surveillés ont été identifiés comme pouvant présenter des risques spécifiques, tant en raison de la mobilisation annoncée que du contexte général de sécurité. Au regard des éléments avancés, tensions locales, mobilisation annoncée, risques de troubles et contexte sécuritaire national, la préfecture considère que l’usage d’un drone est « nécessaire et adapté », tout en étant proportionné aux objectifs poursuivis. 

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