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Les parlementaires interpellent l’État face aux incertitudes autour d’Europlasma


À Tarbes, la situation industrielle et sociale des Forges de Tarbes, site stratégique pour la production d’obus de 155 mm, suscite de nouvelles inquiétudes. Les quatre parlementaires des Hautes-Pyrénées ont saisi la ministre des Armées.

Daté du 10 mars 2026, un courrier adressé à Catherine Vautrin par les deux députés et les deux sénatrices des Hautes-Pyrénées attire l’attention du gouvernement sur la situation des Forges de Tarbes. Les signataires, Sylvie Ferrer, Denis Fégné, Maryse Carrère et Viviane Artigalas, évoquent un enjeu « stratégique majeur » dans un contexte international marqué par le retour de la guerre. Le site tarbais, exploité par Europlasma, est en effet présenté comme le seul en France capable de produire les corps d’obus de 155 mm, élément central de la chaîne de fabrication de ces munitions.

Des investissements jugés insuffisants

Dans leur courrier, les parlementaires rappellent avoir alerté dès 2023 sur la nécessité d’investissements pour moderniser l’outil industriel. Selon eux, malgré les engagements pris lors de la reprise du site par Europlasma, « les investissements n’ont semble-t-il été que partiellement engagés ». Cette situation alimente des interrogations sur la capacité de l’entreprise à répondre aux commandes et à assurer la montée en cadence de la production, pourtant essentielle dans le contexte actuel de renforcement des capacités de défense. Les élus soulignent également l’importance des fonds publics mobilisés pour la relance du site, notamment plus de 4 millions d’euros provenant de la Direction générale de l’armement.

Un climat social sous tension

Au-delà des enjeux industriels, les signataires pointent un climat social préoccupant. Ils mentionnent une procédure judiciaire engagée par les Forges de Tarbes et Europlasma contre Josiane Frétier, ancienne déléguée syndicale CGT, pour des faits de diffamation publique. Sans commenter le fond de la procédure, les parlementaires estiment que cette situation, survenant après un précédent similaire, « contribue à nourrir une inquiétude parmi les salariés quant aux conditions d’exercice du dialogue social ».

Une demande de transparence et de suivi renforcé

Face à ces éléments, les élus proposent la mise en place d’un comité de suivi sous l’autorité du préfet des Hautes-Pyrénées, Jean Salomon, associant services de l’État, représentants des salariés, direction de l’entreprise et élus locaux. Ils suggèrent également la nomination d’un commissaire du gouvernement chargé du suivi industriel du site, en lien avec le ministère des Armées et la Direction générale de l’armement, afin de garantir l’utilisation des fonds publics et la réalisation effective des investissements annoncés.

José Navarro dénonce un désengagement du groupe

Dans un communiqué, José Navarro, Secrétaire CGT Finances Publiques 65, indique que les dernières annonces du groupe Europlasma « indiquent clairement » une décision de se séparer de sa branche armement. Selon lui, cette orientation confirme les alertes émises « depuis des mois » par les représentants des salariés. Il regrette également que ces alertes soient restées sans réponse, tant au niveau local, notamment auprès du préfet, qu’au niveau national, citant les ministres de l’Industrie et des Armées. Le responsable syndical souligne par ailleurs que les poursuites engagées contre Josiane Frétier n’ont, à ce jour, pas été levées.

Un dossier désormais entre les mains du gouvernement

Alors que les enjeux de souveraineté industrielle et militaire sont au cœur des politiques publiques, la situation des Forges de Tarbes apparaît comme un test pour la capacité de l’État à accompagner la relance d’un site stratégique. Les parlementaires attendent désormais des réponses du gouvernement sur les mesures envisagées pour garantir la pérennité industrielle du site et la modernisation de son outil de production.

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