Actualités Hautes-Pyrénées
« Vous lui avez frappé la tête plusieurs fois contre le réfrigérateur » : malgré des preuves accablantes, un père de famille refuse d’admettre les graves violences qu’il a commises sur sa fille de 13 ans, à Tarbes
À Tarbes, un père de famille a été jugé pour de graves violences commises sur sa fille de 13 ans. Tout au long de l’audience, l’homme a continué à nier en bloc malgré les preuves évidentes.
Comment justifier de telles violences sur une enfant de 13 ans ? La question a nourri toute l’audience devant le tribunal correctionnel de Tarbes, où un homme de 34 ans a comparu pour des faits survenus fin octobre 2025.
Ce soir-là, peu après 23 heures, une voisine affolée compose le 17. Au téléphone, elle supplie les policiers d’intervenir rapidement. Depuis l’appartement voisin, elle entend des cris de douleur, des coups, et des bruits de fracas qui lui font craindre le pire.
Lorsque les policiers arrivent sur place, la scène qu’ils découvrent est saisissante. Sur le trottoir, la riveraine se tient aux côtés d’une adolescente de 13 ans, visiblement blessée, et de sa petite sœur, qu’elle a prises sous son aile. Très vite, l’aînée raconte aux policiers les violences qu’elle vient de subir de la part de son père.
Un récit glaçant
Interpellé puis placé sous contrôle judiciaire, l’homme a été jugé cette semaine. À la barre, il a continué de nier les faits, suscitant l’agacement de la présidente. « Alors que vous êtes séparé de la mère de vos filles depuis des années, vous venez régulièrement à son domicile sans prévenir », rappelle la magistrate. « Ce soir-là, selon votre aînée, vous êtes arrivé ivre, comme souvent. Un conflit a éclaté. Vous lui avez porté plusieurs coups de poing, frappé la tête contre le réfrigérateur à plusieurs reprises et tenté de l’étrangler. Elle a réussi à fuir et à s’enfermer dans la salle de bains, dont vous avez brisé la porte vitrée à coups de poing. »
Un récit glaçant, confirmé par la petite sœur, que le prévenu a rejeté en bloc. « Elle m’a jeté une chaise à la gueule », a-t-il affirmé, dépeignant sa fille comme une adolescente « problématique » revenue de la fête foraine « en sentant l’alcool. » Une version sèchement balayée par la présidente. « Une enfant qui pose problème à ses parents au retour d’une fête, rien de neuf sous le soleil. Rien ne justifie de porter des coups à son enfant. »
« La justice doit protéger ces enfants »
Et la magistrate de décrire un contexte familial délétère, et des violences régulières commises uniquement sur sa fille aînée. « Cela fait des années que votre fille est déscolarisée. Un placement en foyer a été ordonné. Qu’avez-vous fait pour arranger les choses ? » a-t-elle interrogé. Face aux soupirs et aux dénégations répétées du prévenu, la tension est encore montée d’un cran.
Les nombreux bleus et griffures constatés par un médecin ? « Elle a dû se faire ça à la fête foraine. » La tête frappée contre le frigo ? « J’ai juste essayé de lui mettre une gifle, je l’ai à peine touchée du bout des doigts. »
À lire aussi :
Parents soupçonnés de maltraitance en Lot-et-Garonne : le nourrisson de 2 mois présentait des fractures au fémur et à la clavicule
Des explications jugées irrecevables par Me Valérie Cailleaux, avocate des deux sœurs. « C’est toujours la même chose, la faute revient à sa fille », a-t-elle déploré, rappelant toutefois que la jeune victime décrit aussi « un père capable d’être gentil lorsqu’il ne boit pas. »
Pour la procureure, les faits ne souffrent aucune ambiguïté. « On nous parle d’une dispute, mais il n’y a pas d’égalité entre un père et sa fille. La justice a le devoir de protéger ces enfants face à des violences graves. »
Le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public. Le père a été condamné à neuf mois d’emprisonnement assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans. Il lui est désormais interdit d’entrer en contact avec ses filles et d’exercer son autorité parentale.