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La Passem 2026 : Benjamin Bouyssou : « Cette course en relais, c’est la fête vivante de la langue occitane »


l’essentiel
La passem, course en relais, 2026 s’apprête à partir de Bédous pour 2000 kilomètres de course en relais à travers sept départements et deux régions. L’objectif est clair : le plaisir de se retrouver pour promouvoir l’occitan et son usage. Référent communication de Ligams, Benjamin Bouyssou évoque la vitalité de la langue occitane, la course solidaire La Passem et les initiatives culturelles qui font vivre cette identité partagée entre musique, enseignement et numérique. Voilà tout ce qu’il faut savoir sur la Passem 2026.

La Passem voit large avec 2000 kilomètres parcourus à travers sept départements. Est-ce que c’est une manière d’évaluer un peu l’état de la langue, sa vivacité, sa vitalité ?

Benjamin Bouyssou : Oui. C’est surtout quand on participe à la Passem, quand on est dans les camions, qu’on court, qu’on se rend vraiment compte qu’on n’est pas tout seul à se battre pour cette langue et cette culture. Parfois, on a un peu l’impression d’être isolé, de batailler dans notre coin pour faire vivre tout ça. Cet événement permet de réaliser que c’est partout, que cette langue et cette culture sont présentes partout, qu’il y a des gens qui militent et se battent pour qu’elles continuent à être transmises. Ça fait du bien de se rendre compte qu’on n’est pas seul à militer pour ça. Et cela montre qu’il y a une vraie dynamique et une réelle envie de faire vivre cette culture.

Il y a plein de manières de la faire vivre. Vous évoquez l’enseignement et les calandretas. Quelles sont les autres manières de faire vivre cette culture et cette langue ?

Il y a de tout : des festivals de musique, de danse, des bals, des concerts, des contes. La cuisine en fait aussi partie. La littérature est toujours vivante, avec de nouveaux écrivains et poètes qui continuent à faire vivre la langue, notamment dans un occitan-gascon littéraire. Ce n’est pas juste une langue paysanne comme on l’entend parfois. Avant, il y avait des intellectuels, et toutes les couches de la société vivaient avec cette langue..

Quel est l’usage de l’occitan aujourd’hui ? Est-ce que les gens rêvent encore en occitan ?

Rêver en occitan ? C’est une belle question. Pour rêver dans une langue, il faut l’entendre tous les jours. Quand on vit longtemps à l’étranger, on finit par rêver dans la langue du pays. Mais rêver aujourd’hui en occitan, ça me fait rêver, justement. Peut-être un jour. En tout cas, chacun a sa pratique. Moi, j’ai la chance de côtoyer des gens qui parlent la langue presque tous les jours, donc je l’utilise régulièrement. Beaucoup la parlent mais n’ont pas toujours l’occasion de la pratiquer au quotidien. Elle reste présente dans des expressions, des salutations, des mots du quotidien. On la voit aussi sur les panneaux, les noms de rues, de montagnes. Tout notre environnement en est imprégné. Elle continue à vivre, il faut juste en prendre conscience. Parler la langue du territoire, c’est comprendre l’environnement, les lieux, les noms de famille, les quartiers, les maisons. On comprend mieux où l’on vit.

Le bilinguisme, selon vous, c’est un facteur de richesse ?

Le bilinguisme, c’est une richesse. Penser dans deux langues, c’est penser différemment, et cela ouvre l’esprit. Aujourd’hui, on cherche tous des repères, et cette langue en est un. On n’a pas besoin d’être occitan de naissance pour se l’approprier. Ces langues permettent de mieux se comprendre et de s’ancrer dans un territoire. C’est ce que nous voulons valoriser.

C’est justement une des caractéristiques de l’occitan : il peut être un facteur d’intégration.

Comme pour toute culture, apprendre la langue locale facilite l’intégration. Si on vit trois ans en Angleterre sans apprendre l’anglais, c’est compliqué. Il ne faut pas avoir peur de s’y essayer. Certains pensent que c’est un milieu fermé, mais pas du tout. Les gens sont accueillants. Il existe des cours et des structures partout. On veut faire société avec notre langue, pas exclure. Vivre ensemble avec nos diversités, c’est ça l’esprit occitan.



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