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Juillan. Les premiers canetons de Clotilde Armirail
Installée depuis deux ans à Juillan, Clotilde Armirail s’est associée en EARL avec son père Alain. Elle vient d’y faire construire son propre bâtiment d’élevage de canards prêts-à-gaver. Lundi 30 mars elle accueillait avec émotion ses premiers pensionnaires. Près de 8000 canetons mulards, tout juste sortis de la coquille, nés au couvoir Canadour dans les Landes. Tous sont vaccinés contre la grippe aviaire à l’éclosion, une seconde injection étant réalisée quatre à cinq semaines plus tard.
Ce nouveau bâtiment est l’aboutissement d’un projet mûrement réfléchi. Sa configuration sur mesure n’existait pas et, malgré les contraintes liées au parcellaire, Clotilde a tenu à privilégier le bien-être de ses animaux. Le calcul précis des ventilations, trappes et ouvertures permet de profiter au maximum de l’air extérieur, notamment dans la partie froide, un grand préau clôturé. « Ils seront dedans tout en étant dehors ». Le bâtiment peut accueillir jusqu’à 8400 canards.
À leur arrivée, les canetons restent 15 jours dans la partie chauffée, sous surveillance de la température. Ensuite, les trappes vers l’espace non chauffé sont ouvertes et ils circulent entre les deux zones pendant une à deux semaines avant d’accéder aux parcours, prairies attenantes. Deux parcours de 2,5 hectares sont utilisés en alternance afin de respecter les normes sanitaires. « C’est le ratio entre les parcours et le bâtiment qui détermine le nombre de canards à mettre en place », explique l’éleveuse.
Les canards repartent trois mois plus tard, à 84 jours, rachetés par Canadour pour le gavage. « Je ne fais que la partie élevage ». La rotation a lieu toutes les quinze semaines, incluant trois semaines de vide sanitaire pour nettoyer, désinfecter et laisser reposer bâtiment et parcours.
Un élevage très encadré sur le plan sanitaire, notamment pour la biosécurité et la gestion du fumier. « Le projet de méthanisation, refusé par le conseil municipal, permettrait pourtant de régler les questions de stockage et d’épandage. »
À terme, Clotilde souhaite également développer le circuit court avec environ 1000 canards gras par an vendus directement aux particuliers. L’élevage, le gavage, la transformation et la vente se feront sur le site du chemin Lacarette.
Ce nouveau bâtiment constitue ainsi la première étape de son installation. Un exemple qui rappelle combien les jeunes agriculteurs sont essentiels pour l’avenir de notre alimentation.