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Tel un fantôme surgi du passé, l’ex-conjoint violent refait surface après des années d’interdiction de contact pour menacer la mère de ses deux enfants, partie refaire sa vie en Gironde pour le fuir.


l’essentiel
Déjà condamné pour violences conjugales, un Tarbais de 44 ans comparaissait devant le tribunal correctionnel pour avoir multiplié les appels et les menaces envers son ex-compagne, malgré des années d’interdiction de contact.

Selon ses propres dires à la barre, le prévenu aurait préféré « passer à autre chose. » Mais pour son ex-compagne, les craintes du passé ont soudainement refait surface. Comme un fantôme revenu la hanter, cet homme de 44 ans, domicilié à Tarbes, a de nouveau replongé dans ses travers pour la harceler et la menacer au téléphone malgré des années d’interdiction de contact.

Le quadragénaire, un brin agacé, a comparu cette semaine devant le tribunal correctionnel de Tarbes en état de récidive légale. Placé sous contrôle judiciaire, il a décidé d’assurer lui-même sa défense de façon plus ou moins heureuse. « C’est une gamine à porter plainte tout le temps contre moi. »

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Condamné l’année dernière par la juridiction pour des violences commises sur une autre femme, « une simple amie » selon lui, il faisait depuis l’objet d’un suivi par le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip). C’est alors qu’il a confié aux services sociaux que « sa vie n’avait pas de sens sans la mère de ses deux enfants », qu’il a connue à la sortie de l’adolescence. Dans les semaines qui ont suivi, il a ainsi multiplié les propos suicidaires, au point d’inquiéter les professionnels du Spip lorsqu’il a cessé de se présenter à un rendez-vous. « Un signalement a alors été effectué », a indiqué la présidente du tribunal.

« Elle a pris peur »

Au même moment, la mère de ses enfants a alerté les forces de l’ordre. Elle, qui a refait sa vie en Gironde pour fuir l’emprise de son conjoint violent, a reçu des appels incessants, insultants et menaçants, alors même que l’interdiction de contact prononcée depuis trois ans venait tout juste de prendre fin.

« Elle a pris peur », a résumé la juge. « Elle a fait écouter aux policiers plusieurs messages vocaux contenant insultes et intimidations. Dans certains d’entre eux, vous affirmiez même vous trouver en bas de chez elle », a-t-elle reproché au prévenu. En deux semaines, des dizaines d’échanges ont ainsi été recensés.

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À la barre, l’homme a tenté de justifier son comportement. « Quand je suis sorti de prison l’été dernier, elle m’a contacté et j’ai habité chez elle. Jusqu’à ce qu’elle ne veuille plus me voir. Elle ne voulait pas me rendre mes affaires, c’est ce qui m’a fait péter un câble. »
Des propos jugés inquiétants par la présidente. Et lorsque le prévenu a affirmé « Je voudrais qu’elle m’oublie et qu’il n’y ait plus de problème », la magistrate a sèchement rétorqué : « L’inverse serait bien. »

Protéger la victime

Dans ses réquisitions, le procureur a évoqué « des tombereaux d’insultes » et une situation qui dure « depuis plus de dix ans. Violences conjugales, appels malveillants, menaces de mort : toutes les alertes rouges sont allumées », a-t-il insisté. Et de rappeler que les précédentes mesures (sursis probatoire renforcé, bracelet anti-rapprochement ou suivi judiciaire), se sont toutes avérées vaines.

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Le ministère public a requis 15 mois de prison ferme, avec révocation totale du précédent sursis probatoire, avec mandat de dépôt. Une interdiction de contact avec la victime pendant trois ans, de paraître en Gironde ainsi que la confiscation du téléphone ayant servi à commettre les infractions ont également été demandées.

Le tribunal a finalement condamné le prévenu à douze mois de prison ferme sous bracelet électronique. Les mesures complémentaires pour protéger la victime ont été prononcées.



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