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Après avoir vaincu deux cancers et « s’être arraché les biceps » à l’entraînement, Franck, l’un des pompiers les plus forts du monde veut battre un nouveau record de France à Tarbes
Ce week-end, strongmen et adeptes du crossfit repoussent leurs limites au parc des expositions de Tarbes. Entre exploits, blessures, résilience et esprit de communauté, ces athlètes venus de toute la France prouvent que la force est autant mentale que physique. Voici tout ce qu’il faut savoir sur cet événement hors norme.
Son minois d’ange cerclé de sa chevelure bouclée en nattes contraste avec sa corpulence musculeuse. Christelle Mouandjo est championne de France en titre de strongwoman, la catégorie des femmes et des hommes forts de la compétition des Break-Out Throwdown qui rassemble jusqu’à 720 participants de toute la France et même de l’étranger, au parc des expositions de Tarbes.
Elle tire des camions jusqu’à 14 tonnes
Elle tire des camions jusqu’à 14 tonnes, porte des structures métalliques jusqu’à 200 kg, ou soulève à terre des barres de plus de 200 kg.

La jeune femme de 30 ans qui habite à Rouen en Normandie a découvert ce sport « par hasard en accompagnant un ami à une compétition ». Ce qu’elle aime avant tout ? « Le dépassement de soi et soulever des charges de plus en plus lourdes ».
Adepte de la musculation et de la force athlétique, c’est tout naturellement qu’elle s’est convertie à cette discipline. Elle veut battre en brèche l’idée que ce sport est réservé surtout aux hommes.
« Il n’y a pas besoin d’être massif pour pratiquer cette discipline qui fait appel essentiellement à la force. Comme il y a des catégories de poids, même une femme ou un homme de petit gabarit peut participer ».

C’est d’ailleurs le cas de Franck Sevin qui avec ses 147 kg pour 1m80, « ressemble à un adolescent » à côté des « monstres » qui peuvent peser jusqu’à 200 kg pour 2 mètres. Pourtant, celui qu’on prend pour « un nounours », renvoie un physique impressionnant, avec des bras de colosse couverts de tatouage.
Et un mental d’acier comme les poids qu’ils soulèvent. Jusqu’à 322 kg pour le soulever de barre à terre. « Je me suis arraché les deux biceps » en soulevant « des pierres de l’atlas », lors d’un entraînement, raconte Franck qui nous montre ses cicatrices en guise de preuve. Il est venu à Tarbes pour tenter de battre un nouveau record de France.
Un tête-à-tête avec Arnold Schwarzenegger
Après avoir vaincu deux cancers, le sapeur-pompier professionnel de Mont-de-Marsan voulait se prouver qu’il était « encore bon à quelque chose ».
Comme il voulait exaucer son rêve de rencontrer Arnold Schwarzenegger, son idole, il a mis toutes les chances de son côté pour se qualifier en 2023 pour le concours du pompier le plus fort du monde, dans le cadre de l’Arnold Classic, la célèbre compétition annuelle de culturisme.
« Ce n’est pas un sport où l’on cherche à battre les autres, mais plutôt à se défier soi-même. Il y a une très belle solidarité entre nous. On se soutient les uns, les autres » explique Franck qui, à 52 ans, fait partie du Top 20 mondial dans sa catégorie d’âge et a participé à la dernière finale du championnat du monde de strongman au Texas.
Un peu plus loin, changement de catégorie et de corpulence : les femmes et les hommes forts cèdent la place à des gabarits plus fins.
Si les épreuves sont individuelles, chacun fait partie d’une équipe en binôme masculin ou mixte. Les « wods » (succession d’exercices de musculation, d’haltérophilie, de cardio et de gymnastique) se succèdent à un rythme effréné, sur une musique non moins percutante.
« On cherche à se mettre dans la zone rouge »

En couple, Marie-Juliette, infirmière libérale, et Mathieu, gérant de la salle ATP à Tarbes, pratiquent le crossfit, chacun à leur niveau. « C’est un sport où il faut être complet car c’est notre polyvalence qui est avant tout jugée ».
La jeune maman est plus occasionnelle que son compagnon, coach d’une salle multisport, qui frise le professionnalisme, avec près de 15 heures d’entraînement par semaine. « Nous participons à la compétition depuis sa première édition. C’est convivial. Il y a un côté communauté que nous adorons. Et bien sûr, on cherche aussi à se mettre dans la zone rouge ».