Actualités Hautes-Pyrénées, Actualités Tarbes

Repéré par IAM, Faf Larage et Lord Kossity : l’incroyable histoire d’un Tarbais passé de l’ombre à la gloire en devenant le DJ des stars du hip-hop


l’essentiel
Depuis qu’il a mixé au sommet du pic du Midi pour le concert d’IAM, Nicolas est sorti de l’ombre. Après une carrière d’artisan, le Tarbais de 35 ans a été repéré par de grands noms du hip-hop qui s’arrachent ses productions. Aujourd’hui, DJ Nykoss se consacre uniquement à son amour de la musique en mixant pour Faf Larage, Lord Kossity, IAM… Il prépare déjà un album pour retracer ses plus belles rencontres. L’ado qui mixait en cachette est ainsi devenu le secret le mieux gardé des stars du rap… Voilà tout ce qu’il faut savoir sur cette belle histoire.

Son histoire démarre forcément dans les années 1990. À 10 ans, le petit Nicolas reçoit ses premières platines. « J’ai commencé à scratcher très tôt, c’est-à-dire à mixer des vinyles », se souvient celui qui est devenu DJ Nykoss. C’est l’époque des cassettes VHS, de la France black-blanc-beur, de Cut Killer dans le film La Haine. Avant de tourner les boutons sur sa console de DJ, le Bigourdan a d’abord appuyé sur la télécommande de sa télévision. « J’ai découvert un documentaire sur le hip-hop et plus précisément sur la pratique du scratch, c’était une révélation », raconte encore l’artiste. À 14 ans, le Tarbais mixe pour la première fois à la Fête de la musique de Lourdes.

Et puis, il faut bien vivre. Puisque la musique ne paie pas encore, Nicolas gagne sa vie en tant qu’artisan. Mais entre artisan et artiste, il n’y a finalement que deux lettres d’écart… « Je n’étais pas à ma place et j’ai choisi de me consacrer uniquement à la musique il y a deux ans. Pendant toutes ces années, je n’ai pas arrêté de faire des sons. J’ai aménagé un studio d’enregistrement chez moi. Et quand j’ai décidé de sortir enfin de l’ombre et de proposer mes morceaux sur les réseaux sociaux, à ma grande surprise, ça a plutôt bien fonctionné », avoue le musicien. 

Lord Kossity s’affiche sur son écran

Pourtant, dans son département d’origine, le Pyrénéen est encore un parfait inconnu. « Je n’ai jamais joué dans les établissements de nuit, je ne suis pas un DJ généraliste, je suis toujours resté en arrière-plan. Je suis un amoureux de la culture hip-hop avec tout ce qu’elle représente : le break, le beatbox, le graffiti… », confie-t-il. En plus d’être né sous la même étoile, Nicolas a fait les bonnes rencontres. « J’ai repris des morceaux de légendes du rap comme Les Sages Poètes de la Rue, Doc Gynéco, Sniper, la Fonky Family. Les artistes ont entendu mes sons et ont apprécié », raconte-t-il.

Un jour, son téléphone sonne et le nom de Lord Kossity s’affiche à l’écran. « Il m’a repéré sur les réseaux sociaux et m’a proposé de devenir son DJ pour plusieurs dates, dans le sud de la France », poursuit Nicolas. Il anime ensuite, à Poitiers, une soirée organisée par un youtubeur populaire, Nuts Motors. « C’étaient mes premiers cachets et pourtant, la chance était si belle que j’étais prêt à payer, moi, pour assurer ces concerts », se souvient, amusé, celui qui est passé de l’ombre à la lumière.

Un album pour le 19 juin

Le Pic du Midi lui demande d’assurer l’after du concert du groupe IAM, en juillet dernier. « C’est là que j’ai commencé à sympathiser avec Shurik’n et Akhenaton, les membres du groupe. Depuis, on échange régulièrement. Ils ont à cœur de transmettre leur héritage hip-hop, ce sont des légendes qui restent simples, avec qui on peut parler de musique bien sûr, mais aussi d’actualité et de politique », précise le DJ des stars du rap. Son carnet se remplit : Faf Larage, Akhenaton, Sully Sefil, Bruizza (un rappeur new-yorkais…). Fort de toutes ces collaborations, le DJ Mehdi des Pyrénées finalise actuellement l’enregistrement de son premier album pour une sortie prévue le 19 juin.

« J’ai contacté tous les artistes que j’apprécie et certains ont accepté d’écrire un morceau rien que pour mon album. Faf Larage, par exemple, a enregistré une introduction en studio dès le lendemain de mon invitation. Akhenaton fait une dédicace, Sully Sefil un couplet… », explique l’artiste. Fidèle à son amour des années 1990 et du hip-hop, l’album sortira en CD et peut-être en vinyle, ainsi que sur les plateformes d’écoute. Le Tarbais prépare désormais la réalisation du clip à Paris avec un autre Tarbais et un autre Nicolas : Nicolas Cossou de Cosproductions. « Je rêve qu’un jeune écoute mon album et puisse avoir une révélation comme j’ai eue, moi », glisse Nicolas en se revoyant, gamin, à la fenêtre de sa chambre, casquette et platines comme Cut Killer. 





Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *