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« Ça fait du bien » : quatre militaires des Hautes-Pyrénées exposent leurs œuvres, l’art pour se reconstruire après le traumatisme
L’art-thérapie comme outil de résilience pour les militaires qui ont subi des violences physiques et psychiques. Quatre artistes du 35e RAP ont exposé plusieurs œuvres au pic du Jer.
Pour la plupart, ils montrent leurs créations pour la première fois. La suite d’un chemin artistique et personnel pour se reconstruire. Un « parcours long, semé d’embûches », déroule Élodie Rioche, mais qui a amené quatre militaires ou anciens militaires du 35e régiment d’artillerie parachutiste à utiliser l’art pour se reconstruire. Et qui prend enfin vie devant les yeux du public à l’occasion d’une exposition exceptionnelle lors de l’ascension verticale du pic du Jer.

Oskar a été artilleur « pendant vingt-deux ans, ça ne laisse pas de place à faire des tableaux », sourit-il. Mais il quitte finalement l’armée il y a huit ans, après un traumatisme, puis, après son départ, subit un lourd accident. Il découvre l’art-thérapie à l’hôpital militaire Robert-Picqué, le parcours de beaucoup de ceux qui se mettront à l’art ensuite. Lui se tourne vers le collage, avec des papiers et archives d’époque qu’il utilise et qu’il déniche d’un peu partout.

Comme sur un tableau avec des images qui viennent d’ »un Paris Match des années 50 (…) J’essaye de créer des souvenirs, résume-t-il, je retrace le XXe siècle en France. » Ses inspirations ? Le monde militaire bien sûr, comme avec ce collage sur l’Indochine où « en quelques images on raconte les volontaires, les morts, les figures célèbres… »
Mais il fait aussi des pas de côté, comme avec un collage sur le festival de Cannes 1953, « avec l’image originale du festival de Cannes de cette année-là. » Désormais, il a ouvert une entreprise et collabore avec l’association Sold’artiste. Il voit d’ailleurs les bénéfices sur les membres de l’association partout en France : « vous prenez les trente-sept mecs depuis la création de l’association, et maintenant, ce ne sont plus les mêmes. »
« Ça fait du bien »
À quelques centimètres de là, ce sont les tableaux de Carrizo qui attirent aussi l’œil. Un nom d’artiste qui lui vient de son grand-père. Lui vit un congé de longue maladie à la suite d’un accident. Un jour, il découvre une « vidéo d’un peintre » qui explique comment peindre sur une toile, un paysage : « je me suis dit, mais je peux le refaire ! » Alors il s’y met, « va chercher de la peinture à Action, et les gens m’ont dit que c’était trop bien ! » Il laisse ça de côté quelques années, avant de s’y remettre à nouveau il y a trois ans.

Depuis, il peint des tableaux abstraits, des animaux colorés. « Ça fait du bien quand je termine une toile », explique-t-il. Il se laisse guider par ses découvertes pour ensuite recréer. Il a déjà réalisé « six ou sept toiles », mais « il faut prendre son temps », confie-t-il. Ce n’est pas forcément « une passion », mais un beau moyen de s’occuper. Pour l’instant, il ne fait que « recopier » des œuvres et ne se sent pas « vraiment artiste », mais sort tout de même de sa poche une photo d’une peinture qu’il est en train de créer et a lui-même composée.

« Évoluer dans le rapport à l’autre »
Un projet qui a permis à chacun « d’évoluer dans le rapport à l’autre », parfois compliqué, surtout après un traumatisme, explique l’assistante sociale du 35e RAP. Car les traumatismes induits par le métier de militaire peuvent parfois isoler, être lourds à gérer. Beaucoup se tournent vers le sport, mais l’art peut aussi être un vecteur de rencontres, d’échanges et de bien-être. Les quatre artistes, Oskar, Carrizo, Nicolas et Stewart, se sont ainsi retrouvés plusieurs fois pour évoquer le projet, l’exposition du jour, échanger… Ils ont même choisi ensemble le nom de l’exposition « Résilience en couleur ».