Actualités Hautes-Pyrénées, Actualités Tarbes

Inondation d’eaux usées, odeurs nauséabondes et déjà 10 000 € de pertes : des opticiens tarbais se sentent abandonnés par la collectivité depuis trois semaines


l’essentiel
Les opticiens Optic 2000 subissent encore les effets des eaux usées qui ont souillé leur atelier voilà trois semaines. Entre odeurs persistantes et matériel détruit, la reprise s’annonce difficile et incertaine pour Jean et Jean-Louis qui se sentent abandonnés par les pouvoirs publics. Tout ce qu’il faut savoir.

Chez Optic 2000, plus besoin de pousser la porte pour pénétrer dans la boutique. Les entrées demeurent ouvertes du matin au soir chez les opticiens du cœur de Tarbes. Et ce, depuis maintenant plus de trois semaines, ce mercredi 6 mai, où les eaux usées ont envahi le sous-sol du commerce, souillant l’atelier, la réserve, mais aussi la cuisine et la salle de repos. Puis rebelote le lendemain.

À lire aussi :
« De la merd… sur les meubles et puis l’odeur… » En centre-ville, la canalisation des eaux usées bouchée, les égouts souillent l’atelier des opticiens

Si les opérations de pompage et de nettoyage ont été menées en urgence, Jérôme et Jean-Claude sont depuis dans l’impasse, comme abandonnés. « Certes, les autorités ont mis à disposition une citerne pour pomper plus rapidement, mais depuis, plus de nouvelles d’aucun élu, ni de la communauté d’agglomération, ni de la mairie. Personne n’est venu nous voir, alors que pendant la campagne, on savait nous trouver et que l’on parle de revitalisation du centre-ville. Là, on risque de devoir fermer un ou plusieurs jours pour procéder à la réparation du sous-sol, tous les meubles vont devoir être changés, on doit tout assainir. C’est usant. On a vraiment besoin d’aide… »

« Des conditions de travail très pénibles »

Depuis trois semaines, le quotidien des opticiens est perturbé par les conséquences de cet incident. Le port du masque est devenu quasi obligatoire. « Quand on arrive le matin, ça pue les égouts et le moisi, raconte Jean-Claude. On est obligé d’ouvrir tout en climatisant pour aérer. On déshumidifie et purifie l’air au maximum. Les moucherons et les mouches prolifèrent. On passe notre temps à nettoyer, ce sont des conditions très pénibles. Au niveau de l’atelier, on a externalisé une partie de l’activité, comme nos machines n’étaient pas disponibles jusqu’à aujourd’hui. Mais ça a entraîné des retards et de la perte d’activité. » Une perte et un préjudice déjà estimés à 10 000 €.

« La crainte que le réseau se bouche à nouveau »

Derrière, les meubles vont aussi devoir être changés, comme une partie du placo. « On veut juste quelque chose de fonctionnel, qui soit surélevé pour éviter tout nouvel incident. Car là, on a dû se débarrasser de tout ce qui était au niveau du sol, du matériel, des décorations, des archives. Une benne est partie. Psychologiquement, c’est difficile et long, même si les messages sympas des clients et même des confrères du centre-ville font du bien. D’autant que si ça ne s’est pas reproduit, on vit dans la crainte qu’un restaurateur ne déverse encore de la graisse dans le réseau et que ça se bouche à nouveau. »

Jean-Claude montre l'état du sol dans l'atelier qui va devoir être changé comme tout le mobilier.
Jean-Claude montre l’état du sol dans l’atelier qui va devoir être changé comme tout le mobilier.
Andy Barréjot

Car les opticiens n’ont pas encore pu équiper leur dispositif d’assainissement d’un double clapet anti-retour. « C’est une obligation légale, mais combien de bâtiments la respectent en centre-ville ? Nous souhaiterions pouvoir être aux normes. Ce n’est pas de notre fait. Mais on en subit les conséquences aujourd’hui. Maintenant, on attend les expertises dans la crainte que tous ces dommages, toutes ces pertes ne soient pas couverts… Déjà, les délais de livraison ont été prolongés, même si on essaie de limiter au maximum la gêne pour notre clientèle. »



Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *