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le PCF s’inquiète « qui se soucie encore de l’avenir de nos écoles ? »


Une nouvelle fermeture de classe à l’école Jules-Ferry de Bagnères-de-Bigorre est annoncée pour la rentrée 2026. Face à cette décision, la section PCF de Bagnères et du Haut Adour dénonce l’érosion continue des moyens de l’école publique et l’absence de réaction des élus locaux.

La fermeture d’une classe à l’école Jules-Ferry à la rentrée scolaire 2026, annoncée lors du Conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN) du 10 avril, suscite l’inquiétude de la section PCF de Bagnères et du Haut Adour. Dans un communiqué, les communistes s’étonnent du peu de réactions suscitées par cette décision.

« La fermeture d’une classe à Jules Ferry à la rentrée scolaire 2026 annoncée lors du CDEN du 10 avril n’a pas l’air d’émouvoir grand monde. Aucun élu, que ce soit au conseil municipal ou au conseil communautaire, n’a abordé la question ni pour avoir des informations sur le sujet ni pour s’alarmer des fermetures successives qui touchent le territoire de la Haute-Bigorre », affirme le PCF.

Le parti rappelle que plusieurs établissements du territoire ont été touchés ces dernières années : Palomières (2015), Pic du Midi (2016), Campan et Achard-Carnot (2018), Pic du Midi (2022), Lesponne et Orignac-Hitte (2023), Jules-Ferry et Pouzac (2024), Gerde (2025), puis à nouveau Jules-Ferry en 2026. Selon lui, « en 10 ans, ce sont 10 classes qui ont fermé sur la CCHB ».

L’argument démographique a bon dos

La section communiste conteste l’argument de la baisse démographique régulièrement avancé pour justifier ces fermetures. « La baisse démographie brandie comme un argument massue pour éteindre toute discussion par le ministère de l’Éducation nationale et le gouvernement a bon dos. Ce serait éventuellement entendable si durant la période de boom démographique le nombre de postes avait suivi l’augmentation du nombre d’élèves, or la réalité est tout autre », écrit-elle. Le communiqué cite notamment l’exemple des Hautes-Pyrénées, où « 145 postes d’enseignants ont été supprimés entre 2000 et 2026 dont 72 sur la période 2000-2010 alors que les effectifs avaient augmenté de 452 élèves sur cette période ».

Pour le PCF, « l’argument démographique ne sert donc qu’à dissimuler l’offensive idéologique à l’œuvre depuis des années qui vise à réduire méthodiquement les moyens alloués à l’école publique au détriment des conditions d’enseignement de nos enfants et de leurs enseignants ». Ils soulignent que « la France est aujourd’hui parmi les pays européens de l’OCDE celui dont les nombres d’élèves par classe sont les plus hauts : 22 en primaire (contre 19 en moyenne pour les autres pays) et 26 en collège (contre 21 en moyenne dans les autres pays) ».

« Un choix politique »

La fermeture des classes relèverait avant tout d’une décision politique, estime le PCF. « La baisse démographique actuelle pourrait être une véritable opportunité pour rattraper les standards européens par la réduction du nombre d’élèves par classe, l’augmentation des salaires des personnels de l’éducation, l’ouverture de postes de remplaçants à la hauteur des besoins et qui font cruellement défaut aujourd’hui ainsi que le redéploiement des RASED et une revalorisation des métiers de l’AESH aujourd’hui sous-payés et sans statut alors qu’ils remplissent des missions essentielles pour ne laisser aucun enfant sur le bord de la route. »

La section communiste affirme ne pas accepter la fermeture programmée à Jules-Ferry ni les restructurations déjà engagées sur le territoire. « La CCHB, territoire rural et de montagne, ne peut plus se permettre de fermer encore des classes et des écoles, au risque de perdre toute vitalité sociale et économique mais aussi de voir des familles se tourner vers des écoles privées qui ont le vent en poupe en période de recul du service public et de désertification républicaine. » Et lance un appel à la mobilisation : « Nous appelons les élus et la population à ne pas se résigner et se mobiliser pour redonner à l’école publique les moyens d’accomplir ses missions pour accompagner chaque enfant dans sa scolarité et son épanouissement, que ce soit en ville ou dans les villages. »

Une mise en garde sur le transfert de compétence

Le communiqué alerte également sur une éventuelle évolution institutionnelle concernant la gestion des écoles. « Nous souhaitons également alerter sur le danger que représenterait le transfert de la compétence école des communes à la CCHB – demande insistante du Ministère de l’Éducation et promue par certains maires – qui permettrait à un interlocuteur unique (le président de la CCHB) de décider avec le DASEN des restructurations à proposer sur le territoire ce qui entraînerait inévitablement des fermetures d’écoles et de classes, à l’image de ce qui s’est produit dans la CC Adour Madiran à partir du transfert.

Ne laissons pas sacrifier l’éducation de nos enfants sur l’autel de l’austérité et œuvrons à faire grandir l’exigence d’une alternative politique, en rupture avec les politiques libérales actuelles, pour que l’école reste le lieu de l’émancipation de toute la jeunesse et le cœur battant de nos villes et villages. »



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